Petite mise au point sur les perturbateurs endocriniens.

26 Mar

Comme nous l’avons relevé dans de récents articles de notre blogue, l’Union européenne, bien plus attachée à ses bonnes relations avec les lobbys de l’industrie chimique qu’à la santé des citoyens, se refuse à limiter la diffusion et l’usage de ces substances dangereuses que l’on nomme PERTURBATEURS ENDOCRINIENS (Lire « Nous osons le dire, l’Union européenne est une organisation criminelle » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/02/25/bulletin-climatique-du-week-end-2526-fevrier-2017-de-la-republique-francaise/).

Hippocrate refusant les présents d’Artaxerxès

Voici donc, pour tous ceux qui ne seraient pas au fait de la question, une mise au point sur ce que l’on sait et sur ce que l’on redoute de ces substances.

Le concept de perturbateurs endocriniens (PE) encore très obscur il y a quelques dizaines années, est aujourd’hui au centre de multiples préoccupations médicales, réglementaires et citoyennes. L’émergence et le développement de ce champs d’étude n’ont pas toujours suivi des chemins sans heurts… L’exposition de nos organismes et de notre environnement aux perturbateurs endocriniens constitue un défi mondial de santé publique étant donné le rôle central que joue le système endocrinien chez les vertébrés. Il régule en effet des fonctions biologiques critiques telles que le métabolisme, la croissance et le développement, la reproduction, le comportement… Une revue récente a décrit l’évolution de l’état des connaissances dans le domaine et les menaces associées, l’occasion de revenir sur quelques données fondamentales.

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

En 2012, l’éminente Endocrine Society a défini les perturbateurs endocriniens comme étant des « produits chimiques exogènes ou un mélange de substances chimiques pouvant interférer avec n’importe quel aspect d’une action hormonale ». Ainsi, ces produits chimiques peuvent se lier aux récepteurs endocriniens de notre corps pour activer, bloquer ou altérer la synthèse et la dégradation d’une hormone naturelle par de multiples mécanismes aboutissant à une perturbation du signal hormonal physiologique. Dès 1958, Roy Hertz a présagé que certains produits chimiques utilisés pour engraisser le bétail pouvait se retrouver chez l’homme et imiter l’activité hormonale. En 1970, des chercheurs ont commencé à faire le lien entre certains composés chimiques et des cancers rares ou des troubles de la reproduction humaine ou animale. Aujourd’hui on compte environ 1.000 composés chimiques ayant un effet endocrinien, sur les 80.000 composés chimiques de notre environnement, mais… tous ne sont pas encore identifiés.

Quel est impact démontré des perturbateurs endocriniens ?

Des études épidémiologiques ont relié les perturbateurs endocriniens au syndrome métabolique, aux désordres osseux, aux désordres immunitaires et à certains cancers. Chez l’animal, des études ont montré des associations ayant de nombreux autres effets sur la santé, notamment l’asthme, les troubles de l’apprentissage et du comportement, la puberté précoce, l’infertilité, le cancer du sein et de la prostate, la maladie de Parkinson, l’obésité. Une question se pose à l’aune de ces résultats : « Si les produits chimiques ont de tels effets sur la faune, quel pourrait être leur impact chez l’Homme ? ». Une série de tragédies médicales mettant en cause le diéthylstilbestrol (distilbène ou DES), un estrogène synthétique prescrit à des millions de femmes durant leur grossesse pour réduire le risque de fausses couches, a contribué à fournir certains indices… Pour la première fois, les médecins et scientifiques ont pu constater qu’un produit chimique pouvait causer des effets délétères visibles à la naissance (malformations physiques), mais également à plus long terme (malformations génitales, risque augmenté de certains types de cancers). Les PE ont des mécanismes d’action multiples, ils peuvent ainsi imiter l’action d’une hormone, provoquant des réactions inopportunes, bloquer l’action d’une hormone en l’empêchant d’agir sur ses cellules cibles ou perturber la production, le transport, la régulation ou l’élimination d’une hormone ou de son récepteur. Ceci peut conduire par exemple à des effets estrogéniques ou antiandrogéniques, créant parfois des signaux estrogéniques non prédits lorsque chaque action est étudiée seule. Compliquant encore la recherche, certains composés perturbant les signaux cellulaires de la thyroïde pouvent affecter l’action d’autres hormones ou d’autres PE. On comprend alors que cette complexité s’insère difficilement dans le cadre de l’évaluation des risques et de la gestion des risques qui repose largement sur le calcul d’un seuil d’exposition inférieur à celui considéré comme sûr. Ainsi, la recherche toxicologique axée sur les doses élevées, comme pour les expositions professionnelles n’est pas particulièrement pertinente pour les niveaux d’exposition typiques (faibles) aux PE. Enfin, la longue période s’écoulant entre les expositions précoces et le développement de la maladie rend difficile le suivi de la morbidité due à l’exposition aux PE. Les auteurs de cette revue ajoutent que ce schéma est encore compliqué par les « potentielles fenêtres de susceptibilité » de développement sur lesquelles toute perturbation endocrinienne peut avoir des effets importants.

 

Le 26 mars 2017.
Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

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