BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (27 mars 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

27 Mar

I. Pieds nickelés ou apprentis sorciers ?

Cinq ans après l’affaire Merah et bien des morts plus tard, tant en France qu’en Europe, nous sommes en droit de nous interroger sur le sérieux et la compétence de nos services de renseignement dont se rengorgent tant nos responsables politiques. Mais tout ce beau monde ne serait-il pas de la même eau ?

Voici ce que nous écrivions ici même le 28 mars 2012, soit moins d’une semaine après la mort de Mohamed Merah à Toulouse :

«  Le Conseil dans l’Espérance du Roi (CER) s’est volontairement abstenu de toute intervention et de tout commentaire avant le dénouement de la tragédie que la France vient de vivre à Toulouse et à Montauban. Il revient désormais à la justice de notre pays et, bien sûr plus tard à l’histoire, de faire la lumière sur certaines zones d’ombre, voire de responsabilités, dans la maîtrise de cette terrible situation, autant avant que pendant son déroulement. « 

Le 24 octobre 2012, nous ajoutions ceci :

 » (…) il apparaît aujourd’hui avec certitude, après la publication des notes de la Direction centrale du renseignement intérieur et du rapport demandé par le ministre de l’Intérieur sur cette affaire, que les services français ont failli à leur tâche de renseignement et, par voie de conséquence, à celle de la maîtrise du terroriste avant qu’il commette ses crimes. Les notes de la DCRI démontrent que les services, qui savaient tout du profil« inquiétant » de Merah, ont inexplicablement arrêté de le surveiller fin 2011, alors même qu’ils avaient envisagé son recrutement comme informateur…C’est aussi à cette date que Merah va commencer ses préparatifs en vue des assassinats que nous connaissons !

Il y a d’ailleurs une certaine jouissance chez Mohamed Merah, alors cerné par le RAID ce mercredi 21 mars, à pointer les ratés de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), pourtant sur ses traces depuis des mois: « Sur ce coup-là, moi je pense que vous vous êtes complètement loupés, parce que j’ai pu faire trois attaques, j’ai tué plus de sept personnes et en [ai] blessé plusieurs. » On ne saurait mieux dire. » (Lire « L’affaire Merah, une affaire d’Etat » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2012/10/24/affaire-merah-une-affaire-detat/).

Nous savons aujourd’hui que la situation fut (et reste sans doute) pire que nous pouvions l’imaginer. En voici la preuve.

Mohamed Merah était-il un « loup solitaire » ? C’est la thèse qu’avait défendue, au lendemain des attentats de Toulouse et de Montauban, en mars 2012, l’ancien ministre de l’intérieur Claude Guéant.
Contestée par nombre d’observateurs, cette lecture a été en partie invalidée par la justice. Au terme de cinq années d’enquête, les juges d’instruction estiment que le terroriste a cherché, « notamment à l’étranger », à « bénéficier d’un entraînement aux armes » et, « surtout », d’un « aval religieux ».

Pour autant, seuls deux complices du tueur seront renvoyés devant la cour d’assise, le 2 octobre. Le premier, Fettah Malki, un petit délinquant, est jugé pour son soutien logistique : il avait fourni le pistolet-mitrailleur Uzi dont Mohamed Merah se servira lors des tueries ; le second, Abdelkader Merah, soupçonné d’avoir été informé des desseins de son petit frère, est le seul à comparaître pour « complicité d’assassinats ». A l’exception d’Abdelkader Merah, aucun membre de la mouvance djihadiste toulousaine susceptible d’avoir influencé le tueur ne sera présent dans le box des accusés.

A la fin des années 2000, Mohamed Merah, petit bandit sans envergure, fréquente pourtant plusieurs djihadistes notoires : son demi-frère par alliance Sabri Essid, le gourou islamiste Fabien Clain ou encore son ami d’enfance Imad Djebali, tous trois condamnés en 2009 pour avoir animé une filière de combattants à destination de l’Irak. Leur profil met en évidence le biotope idéologique dans lequel le « loup solitaire » a mûri son projet. Signe de la permanence de leurs convictions, ces trois djihadistes ont rejoint les rangs de l’organisation Etat islamique (EI) deux ans après les attentats de Toulouse et de Montauban.

Au début des années 2000, un petit groupe attire, déjà, l’attention des Renseignements généraux (RG). L’appartement de leur mentor spirituel, Fabien Clain, est sonorisé. En 2006, les policiers l’entendent « se monter le bourrichon sur le djihad en Irak » avec son frère Jean-Michel et Sabri Essid, rapporte un ancien des RG dans Djihad, c’est arrivé près de chez vous (Jean-Manuel Escarnot, Robert Laffont, 216 pages, 18 euros).

Ils repèrent également un deuxième cercle de nouveaux venus, parmi lesquels Abdelkader Merah, dit « la Fouine », et plus épisodiquement son jeune frère Mohamed, tout juste âgé de 18 ans. Certains membres de cette cellule se retrouvent à l’occasion dans la ferme d’un émir syrien, Olivier Corel, à Artigat (Ariège), pour y suivre des cours de religion, et participent à des entraînements physiques. Le noyau dur du djihadisme toulousain est en formation sous les yeux des services de renseignement.

En décembre 2006, Sabri Essid (toujours lui) est interpellé en Syrie en compagnie d’un coreligionnaire, Thomas Barnouin, tandis qu’il s’apprête à rejoindre le djihad irakien. Dans les mois qui suivent, la cellule dite « d’Artigat » est démantelée en France et  huit de ses membres sont mollement condamnés en juillet 2009 à des peines comprises entre trois et cinq ans de prison. Un an plus tard, Mohamed Merah effectue ses premiers voyages en terre de djihad. Le tueur solitaire commence à poser les jalons de son projet, médité dans le sillage des anciens d’Artigat. Mais les services de renseignement ont échoué à mesurer sa dangerosité.

Une semaine après l’assaut du RAID – l’unité d’intervention de la police nationale – dans lequel il trouvera la mort, une scène intolérable mais qui n’émeut personne au ministère de l’intérieur va illustrer la collusion idéologique entre le jeune Merah et les anciens d’Artigat. Le 29 mars 2012, le terroriste est inhumé au carré musulman du cimetière de Cornebarrieu (Haute-Garonne). Un petit groupe de jeunes hommes, particulièrement remontés, lance des « Allahou Akbar » au-dessus de sa tombe. Les policiers, qui filment la scène, reconnaissent Imad Djebali et Sabri Essid !

Pourtant, la justice n’entendra jamais Sabri Essid, pas davantage que les autres membres de ce réseau susceptible d’avoir influencé Merah. Seul Olivier Corel, à qui Merah avait rendu visite une dizaine de jours avant de passer à l’acte, sera brièvement auditionné par les policiers, sans être inquiété. « A l’époque, les services n’avaient pas pris conscience de l’importance de la thématique djihadiste, déplore l’avocate des victimes des attentats du 13 Novembre. Les enquêtes Artigat et Merah constituent a posteriori une énorme occasion manquée : on n’a pas pleinement exploité les liens qui structuraient cette boîte noire du terrorisme français. »

L’impunité dont a bénéficié Jean-Michel Clain est emblématique de cet aveuglement. Une note « confidentiel défense » de 2005, récemment déclassifiée, le décrivait déjà comme « un islamiste ultra-radical, au discours extrêmement violent envers les institutions françaises », qui « diffuse les vidéos d’exécutions d’otages en Irak ». A la différence de son frère Fabien, il ne sera pas jugé dans le dossier Artigat. Une autre note, datant de 2009, le tient pourtant pour « un des principaux relais entre les frères de la région bruxelloise (…) et leurs homologues des pôles parisiens et toulousains ». Et, pendant près de dix ans, Jean-Michel Clain réussira à passer entre les mailles du filet, jusqu’à son départ en Syrie.

S’ils n’ont pas été inquiétés dans l’enquête sur les tueries de Toulouse et de Montauban, les anciens membres de la filière irakienne d’Artigat sont de nouveaux considérés comme une menace avec le début de la guerre civile syrienne, qui leur offre une nouvelle terre de djihad. En septembre 2013, la justice ouvre ainsi une nouvelle enquête, baptisée « Artigat 2 », sur ce réseau « susceptible de commettre des attentats sur le territoire national ».

Le 4 septembre 2013 (le ministre de l’intérieur est alors Manuel Valls), la Direction centrale du renseignement intérieur, née de la fusion entre les RG et la DST, photographie sur l’aire de loisirs du parc de Gironis, au Mirail, Sabri Essid, Imad Djebali et Mohamed Megherbi (le beau-frère de Fabien Clain) – tous trois condamnés lors du procès de 2009 – s’entraînant sur des parcours du combattant et à la pratique du paintball. Pour les policiers chargés de leur surveillance, l’histoire se répète : ils avaient photographié les mêmes individus s’adonnant aux mêmes activités dans le même parc en 2006, quelques mois avant le démentèlement de la filière d’Artigat.

Quatre mois plus tard, onze membres de cette cellule reconstituée s’envolent pour la Syrie à la barbe des services de renseignement. Entre janvier et février 2014, Jean-Michel Clain, Imad Djebali, Sabri Essid, Abdelouahed Baghdali, Mohamed Megherbi ou encore Thomas Barnouin disparaissent avec femmes et enfants. Certains s’offrent même le luxe de multiplier les allers-retours entre la France et la Turquie pour préparer l’arrivée des suivants. Sans rencontrer la moindre difficulté.

Quelques mois plus tard, Fabien Clain, pourtant interdit de séjour dans vingt-deux départements depuis sa sortie de prison, multiplie les allers-retours entre Alençon, où il habite, et la région parisienne, où il endoctrine ses nouvelles recrues, trois employés d’un garage du Val-d’Oise. Mais, là, le renseignement intérieur a anticipé son projet de départ : une note déclassifée de juillet 2014 précise qu’il « a formé un petit groupe de deux ou trois individus établis à Alençon, ainsi que deux ou trois frères installés dans la région parisienne et des membres d’une famille basée à Toulouse. L’intéressé attend des instructions de la part de son frère pour choisir un itinéraire jusqu’en Turquie, puis pour gagner la Syrie avec le concours de passeurs affiliés à l’El ».

Début 2015, Fabien Clain se rend une dernière fois à Toulouse, où il s’approvisionne en matériel hi-fi. Comme prévu, il disparaît en février avec femme et enfants. Il est ensuite localisé et surveillé par les services français en Grèce, où il passe près de deux mois dans un appartement « mis à disposition » par des membres de l’EI. Refoulé une première fois à la frontière turque le 24 février, il parvient à rejoindre la Syrie en mai. Là encore, les services ont laissé faire.

Promus responsables de la propagande francophone de l’EI, les frères Clain enregistreront, grâce au matériel hi-fi acheté à Toulouse par Fabien, le message audio de revendication des attentats du 13 novembre 2015.

Les trois élèves recrutés par Fabien Clain dans le garage du Val-d’Oise l’ont suivi en Syrie : deux d’entre eux prêteront leur concours logistique au projet d’attentat visant une église de Villejuif, miraculeusement déjoué en avril 2015 ; quant au troisième, il apparaît dans l’enquête sur les attentats du 13 novembre.

Considéré comme un cadre de l’EMNI, les services de sécurité de l’EI, Sabri Essid est réapparu dans une vidéo de propagande tournée le 11 mars 2015. Sous sa direction, son beau-fils, âgé de 12 ans, exécute un otage au pistolet devant la caméra.

Quant à Imad Djebali, il a été incarcéré en France après être rentré de Syrie en septembre 2014 dans des circonstances rocambolesques en compagnie de deux anciens d’Artigat : Gaël Maurize et Abdelouahed Baghdali, qui se trouve être l’époux de Souad Merah, la sœur du tueur au scooter. A la suite d’une erreur d’aiguillage des autorités turques, les trois hommes avaient atterri à Marseille alors que les agents de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) les attendaient sur le tarmac d’Orly, prolongeant jusqu’à la caricature cette succession de rendez-vous manqués.

Alors, Pieds nickelés ou apprentis sorciers ?

II. La seconde chute de Rome

Samedi 25 mars, les eurolâtres commémoraient à Rome les soixante ans de la signature du traité instituant la Communauté économique européenne, ancêtre de l’Union européenne (UE). Mais ils étaient si peu sûrs d’eux que le centre de la capitale italienne avait été transformé pour la journée en véritable camp retranché (ce dont témoigna le Conseiller aux Armées du CER, présent dans la ville éternelle) ! Etonnant pour un évènement qui devait témoigner de tous les bienfaits engendrés par ce nouvel horizon indépassable de notre temps…

Mais, au fait, de quoi parlons-nous ?

Le traité de Rome est l’aboutissement, le 25 mars 1957, du processus de relance de la construction communautaire après l’échec de la Communauté européenne de défense (CED). Cette approche aboutit à la création d’un grand marché commun consacrant la libéralisation des échanges, mais rejetant (à l’époque) l’intégration supranationale des premières communautés européennes. Le traité modèle encore l’Union européenne actuelle.

Qu’est-ce que le traité de Rome ?
Il s’agit en fait de deux traités qui sont signés le 25 mars 1957 entre six Etats, les « Six » (heureuse époque où les organisateurs de cette union n’avaient pas encore sombré dans la mégalomanie et les fantasmes de l’élargissement) : la France, la République fédérale d’Allemagne, l’Italie et les pays du Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg). Le Royaume-Uni ne s’y est pas associé : il préfère déjà développer un projet concurrent, l’Association européenne de libre-échange (AELE). Les deux traités établissent pour une durée illimitée, l’un, la Communauté européenne de l’énergie atomique (CEEA ou Euratom), l’autre, la Communauté économique européenne (CEE aussi appelée Marché commun).

Le 25 mars 1957 à Rome

Que contiennent-ils ?
Le traité le plus important est le traité CEE, qui organise la mise en place d’une union douanière, à partir du 1er janvier 1959, en plusieurs étapes. Il prévoit la mise en œuvre des quatre libertés de circulation (marchandises, capitaux, main-d’œuvre, ainsi que la liberté d’installation pour les entreprises, les travailleurs indépendants et les services). Il fixe les règles pour que la concurrence entre les Etats se fasse de façon loyale et interdit le dumping, les cartels et certains monopoles.

Le traité envisage l’adoption de politiques communes (politique commerciale, agricole, des transports). Il n’est en revanche pas encore question de politiques économique ou monétaire communes. C’est beaucoup plus tard, en 1991/1992, que la question est abordée avec le traité de Maastricht, qui conduira en 1999 à l’euro, la monnaie unique.
Euratom doit développer l’industrie nucléaire, notamment en réalisant des installations nucléaires et en encourageant la recherche. Elle doit assurer la libre circulation des chercheurs, des capitaux et des matériels.

Quelles institutions créent-ils ?
Des institutions sont créées, qui existent toujours de nos jours, même si elles ont un peu évolué. La Commission, institution indépendante des gouvernements, dispose d’un monopole de l’initiative des lois européennes mais, à la différence de la haute autorité de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), elle n’a pas de pouvoirs de décision propres, sauf en matière de concurrence.
C’est le Conseil, composé de représentants des Etats, qui possède la réalité du pouvoir de décision. Il est appelé à adopter à l’unanimité les textes européens, règlements et directives. Depuis, une partie des textes sont adoptés à la majorité qualifiée. Une assemblée des communautés européennes composée de 142 membres désignés par les parlements nationaux est instituée.

Elle n’avait qu’un simple pouvoir d’avis dans le domaine législatif. Depuis, elle est devenue le Parlement européen, dont les députés sont élus depuis 1979 au suffrage universel. Elle a maintenant dans certains domaines un pouvoir de codécision. Une Cour de justice doit assurer le respect du droit communautaire dans l’application et l’interprétation des traités.

Comment en est-on arrivé aux traités de Rome ?
Le traité de Rome qui donne naissance à la CEE est directement issu de l’échec des négociations pour relancer l’Europe politique au début des années 1950 et le souhait de réaliser une union des peuples. C’est une « idée révolutionnaire », souligne alors Robert Schuman, ministre des affaires étrangères français. Effectivement mais une idée qui va être progressivement vidée de son sens et dévoyée par les mondialistes de tout poil.

Ce sera en matière économique le projet de CECA de 1950, signé à Paris le 18 avril 1951 et entré en vigueur le 23 juillet 1952, qui met en commun la production d’acier et de charbon de certains pays européens, le charbon et l’acier étant considérés comme les facteurs de la guerre passée. Robert Schuman explique bien son ambition dans une déclaration, le 9 mai 1950, date qui deviendra la fête de l’Europe : « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble, elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait. » C’était le principe gaullien de  » l’Europe des nations « .

Mais d’autres projets ont une dimension plus politique et fédérale. Le projet de Communauté européenne de défense (CED), qui prévoyait une armée européenne sous commandement américain et une dimension politique forte avec un projet de communauté européenne politique (article 38 de la CED), échoue avec le rejet français lors d’un vote, le 30 août 1954, par les députés (319 voix contre 264). C’est l’échec d’une vision supranationale de la communauté européenne.

Après le rejet de la CED, la construction européenne semblait dans l’impasse. Les partisans de l’Europe, au premier rang desquels le Français Jean Monnet, président de la haute autorité de la CECA mais surtout agent d’influence des Etats-Unis, pensent alors qu’il faut avancer sur un terrain moins sensible que le politique et se concentrer sur le domaine économique et le libre échange. Soutenu par le Belge Paul-Henri Spaak, Jean Monnet est favorable à une intégration sectorielle de l’Europe sur le modèle de la CECA en l’élargissant à d’autres énergies, avec la création d’une organisation pour l’énergie atomique à usage civil, et aux transports. Et c’est là que tout a commencé à basculer…

Carte des élargissements successifs de l’UE

Quelles conséquences les années suivantes ?
L’Union douanière fut réalisée plus vite que prévu, le 1er juillet 1968. Les autres objectifs — libre circulation des personnes, des services et des capitaux — progresseront plus lentement.
Le traité permit aussi le développement de la politique agricole commune (PAC), entrée en vigueur en 1962. Dans un contexte de pénurie agricole, l’objectif était d’assurer la sécurité des approvisionnements alimentaires et de garantir le niveau de vie des agriculteurs. La CEE, grâce au tarif extérieur commun (TEC), protège par des droits de douane les productions européennes et évite que les prix étrangers plus bas n’éliminent les productions européennes plus chères. Hélas, ce fut un échec.

Quels sont les effets économiques ?
Dans les premières décennies, l’établissement du Marché commun est allé de pair avec une forte croissance et une convergence économique et sociale, à la fois à l’intérieur des Etats et entre les pays. Tout était donc plus facile. La CEE institua un marché de 200 millions d’habitants. Le commerce entre les Six sextupla de 1958 à 1970. « La libéralisation des échanges dans le Marché commun fut accompagnée d’une réduction marquée des disparités de revenus entre ses membres, dont chacun passa à une vitesse supérieure », souligne François Crouzet, professeur à l’université Paris IV-Sorbonne et historien de l’économie européenne.

Quant à la PAC, elle a atteint ses objectifs initiaux. Elle a permis d’accroître de manière importante la production agricole européenne, d’accroître les rendements tout en garantissant la préférence communautaire. Mais cette hausse de la production est intervenue au prix d’une diminution drastique de la population agricole (passée de 15 millions en 1950 à 4 millions dans les six pays d’Europe occidentale) avec les drames humains que l’on aurait dû anticiper.

Qu’en est-il actuellement ?
L’Union européenne échappe aux souhaits de ses concepteurs et elle est en passe d’exploser. La situation économique et sociale est tranchée. Certains pays s’en sortent mieux que d’autres, comme les pays d’Europe du Nord, dont l’Allemagne, qui connaît croissance et plein emploi. Les autres sont en proie à des difficultés économiques et sociales (dette et déficits élevés, chômage de masse, croissance faible), témoignant de la vision utopique des concepteurs de 1957. Ce qui explique que l’Europe est de moins en moins populaire malgré la propagande imposée par ses instances dirigeantes et leurs complices médiatiques (les éditoriaux quotidiens de Bernard Guetta, sur France Inter sont dans ce domaine particulièrement édifiants). Surtout depuis la folle instauration d’une monnaie unique, l’euro, qui a précipité des millions d’Européen dans la misère.

Soixantième anniversaire à Rome, dans la joie et la bonne humeur !

Dès lors, on comprend que l’enthousiasme n’ait pas été au rendez-vous, samedi à Rome, et que les chefs d’Etats et de gouvernements réunis aient cru nécessaire de souffler leurs soixante bougies dans un camp retranché.

III. Rien ne va plus chez Christiane Taubira

Depuis plusieurs jours, la Guyane est le théâtre d’une série de mouvements sociaux de plus en plus violents. Le gouvernement a décidé d’intervenir, vendredi 24 mars, avec l’envoi d’une « mission interministérielle de haut niveau » (sic), dont l’objectif est de « nouer un dialogue constructif et apaisé » ! La mobilisation, soutenue par des collectifs de citoyens, dénonce globalement les problèmes du territoire en matière de santé, d’éducation, d’économie,  d’accès au foncier ou de logement mais aussi et surtout…de SECURITE.

Manifestation à Cayenne

Conduite par Jean-François Cordet, conseiller maître à la Cour des comptes et ancien préfet de Guyane, la mission s’est rendue samedi dans ce département et région d’outre-mer. La délégation est composée de plusieurs hauts fonctionnaires issus de différents ministères.

Les mouvements sociaux en Guyane ont notamment conduit Arianespace à ajourner le lancement d’une fusée et le rectorat à fermer les établissements scolaires jusqu’à nouvel ordre. Deux vols Paris-Cayenne, l’un de la compagnie Air France, l’autre opéré par Air Caraïbes, ont par ailleurs été annulés, vendredi, en raison du mouvement social, a annoncé la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). « Les blocages routiers rendent difficile l’accès à l’aéroport pour les passagers, les équipages et les services de secours qui travaillent sur la plateforme de Cayenne, et les pompiers ne sont pas en nombre suffisant », a détaillé un porte-parole de la DGAC.

Le département d’Etat américain a estimé dans une note d’alerte que ses « ressortissants devaient éviter de se rendre en Guyane française pour l’instant » en raison de « larges manifestations de part et d’autre » du territoire ultramarin et « le long des routes qui mènent aux pays voisins du Suriname et du Brésil ».

La ministre des outre-mer, Ericka Bareigts (toujours en pointe dans la défense des opprimés allogènes), avait appelé, jeudi, à la levée des barrages mais s’est bien gardée de se rendre à Cayenne pour se confronter à la colère des habitants…Elle préféra inviter à Paris les responsables syndicaux.

Mais sur place, les participants aux mouvements sociaux avaient « fait part de leur refus d’une négociation à Paris » et exigé la venue de la ministre. Quant aux députés et aux sénateurs locaux, ils avaient jugé « inconcevable de demander aux manifestants de (…) lever les blocages pour venir s’entretenir avec les cabinets ministériels dans les bureaux parisiens ».

Manifestation à Cayenne

En vérité, plus encore que le contexte économique, ce qui exaspère les habitants de la Guyanne c’est la situation sécuritaire. La violence y est la plus forte de tous les départements français (pire encore qu’en Guadeloupe), alimentée par les trafics de toutes sortes comme par le laxisme des juges rouges de l’ex-ministre de la justice. En 2016, pour ne parler que de cela, on a relevé 48 règlements de compte liés aux trafics soit davantage qu’à Marseille qui est pourtant une référence dans ce domaine ! Ajoutez-y que plus de la moitié des élèves de nos écoles, en Guyane…ne parlent pas le Français car ils sont issus de l’immigration…

Mais surtout n’allez pas croire qu’il y ait la moindre relation entre la violence et le contexte ethno-culturel…

 

Le 27 mars 2017.

Jean-Yves Pons, CJA.

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