BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (11 avril 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

11 Avr

Le Bulletin climatique de la République française prend ses quartiers de Semaine Sainte ! Il va donc être un peu allégé pendant quelques jours avant de devoir, hélas, retrouver les combines et autres coups bas de la prochaine élection présidentielle.

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I. Ces gens sont des pitres

Nous évoquions, hier lundi 10 avril, les manoeuvres de désinformation et de manipulation des esprits de l’oligarchie au pouvoir face à la probabilité de l’abandon de l’euro au profit de notre monnaie nationale, le franc, dans le cas où Marine Le Pen serait élue présidente de la République en mai prochain.

Et voici que, dans la même perspective, les mêmes acteurs du pouvoir en place, tremblant sans doute pour leur propre immunité, expriment leurs craintes quant à la maîtrise des services de renseignements par le nouveau pouvoir possiblement issu des urnes. Auraient-ils des choses à cacher ? D’autant que des études du Centre de recherches de Sciences Po sur le vote des policiers et des militaires, publiées en  2016, ont indiqué que 53  % d’entre eux ont opté pour Mme Le Pen aux élections régionales de 2015 et que plus de 50  % de ces deux catégories professionnelles, très présentes dans le renseignement, soutenaient le FN pour l’élection présidentielle de 2017…

Les responsables actuels prétendent donc qu’une victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle, le 7  mai, risquerait d’entraîner un dévoiement des considérables outils de surveillance dont disposent les services de renseignements. D’où leurs questions : les garde-fous institutionnels sont-ils suffisants, les responsables des services s’y opposeraient-ils ?

Le sujet occupe aujourd’hui avec insistance les discussions dans les couloirs des palais nationaux ainsi que l’a révélé, le 22  mars, un colloque sur le contrôle du renseignement organisé par la délégation parlementaire au renseignement (DPR) et la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR).

 » On voit bien comment cela évolue aux Etats-Unis avec Donald Trump, il y a une phase d’apprentissage de l’exercice de l’Etat « , expliquait un responsable de service, sous couvert d’anonymat.  » Si Marine Le Pen tentait de brutaliser les institutions, tant qu’on n’a pas de fonction de porte-voix, il faudrait défendre l’Etat de l’intérieur « , assumait un autre.  » Il ne faut pas jouer à se faire peur en faisant de la politique fiction, le Conseil constitutionnel et le Conseil d’Etat sont les gardiens du droit « , rassurait un troisième.

Néanmoins, dans son rapport annuel, publié le 4  avril, la DPR a tout de même cru nécessaire d’inscrire les enjeux liés au renseignement dans l’actualité politique :  » La délégation considère que, si la politique de renseignement ne doit pas être tenue à l’écart du débat, elle doit être traitée avec une éthique de responsabilité et être préservée des effets de communication et des enjeux de pouvoirs ou de personnes.  » Ouille, ouille, ouille ! Si jamais le Front national arrivait au pouvoir…Vous imaginez la panique dans un certain nombre d’officines des gouvernements précédents ou encore au sein des réseaux politico-médiatiques d’autant !

D’ailleurs, certains avouent sous le manteau que cette volonté de préserver le monde du renseignement de toute turbulence se double d’un souhait de prévenir d’éventuels usage jugés dangereux des moyens dont dispose l’Etat. Vous comprendrez aisément ce que cela signifie : la victoire du Front national serait en effet la mainmise du parti de droite sur la puissante machine de renseignement dont s’est dotée la France (même si l’on y enregistre encore bien des ratés) pour tenter de juguler les menaces, notamment terroristes. Un outil qui n’a plus rien à voir avec le renseignement classique. La révolution numérique l’a transformé en lui conférant une capacité de collecte et d’intrusion massive sur l’ensemble des données de communications. Mais c’est curieux comme ce que l’on considère comme normal avec certaines majorités ne l’est plus avec d’autres !

Lors du débat parlementaire sur la loi sur le renseignement, au printemps 2015, l’ex-ministre de la défense, Hervé Morin, alors député (Nouveau Centre, Eure), avait aussi exprimé cette inquiétude.  » Ce que je ne veux pas, disait-il, c’est qu’en France, un jour, en  2017 ou en  2022, un régime arbitraire utilise ces outils de surveillance sans aucun contrôle. Le pouvoir est toujours associé à un phénomène de cour servile, et je douterai toujours de la capacité d’un directeur d’administration centrale à résister à la pression d’un chef de l’Etat. « 

Sans même préjuger de ce qu’elle ferait des outils de renseignement, Marine Le Pen bénéficierait de pouvoirs administratifs sans cesse plus étendus. En réponse aux attentats, un grand nombre de mesures privatives de libertés et intrusives, dont les interdictions de sortie de territoire, les perquisitions, les assignations à résidence et même les interceptions de communications ont été inscrites dans la loi depuis 2015 en prenant acte de la disparition, dans le même temps, d’un des principes fondamentaux de l’Etat de droit, le respect du contradictoire.

 » La balance entre le droit du requérant et celui de l’Etat se fait désormais hors du contradictoire, a expliqué, le 22  mars, l’avocat et universitaire Bertrand Warusfel, lors du colloque. Les preuves secrètes et l’accès aux preuves secrètes sont interdits aux personnes poursuivies et à leurs défenseurs. « 

Présent également à cet événement, un haut représentant du Conseil d’Etat a évoqué la notion de  » droit alternatif  » qui, de fait, a imposé durablement le concept de société ultrapréventive, qui autorise l’Etat à brider les libertés sur des soupçons et non plus sur des faits. Face à ces craintes, Franck Terrier, magistrat attaché à la CNCTR, a insisté sur l’importance centrale jouée  » par la règle de proportionnalité dans toute mise en œuvre de technique de renseignement « .

Lors de ce colloque, les chefs du renseignement ont défendu leur sens de l’Etat. Bernard Bajolet, directeur général de la sécurité extérieure, a rappelé que  » le premier niveau de contrôle de la politique du renseignement, c’est d’abord le contrôle hiérarchique «  et qu’il fallait maintenir, avec le chef de l’Etat,  » un lien de confiance mais aussi une certaine distance « . Et d’ajouter qu’il n’était pas, pour sa part,  » l’espion du président «  et que  » confiance ne voulait pas dire servilité « .

Le paradoxe de ces craintes post-électorales est qu’elles interviennent au moment où la France s’est enfin dotée d’un cadre juridique et légal en matière de renseignement. Patrick Calvar, son homologue, à la tête de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), s’est ainsi félicité de l’intervention du législateur dans le monde du renseignement, désormais encadré dans une loi, celle du 24  juillet 2015.  » C’est un moment-clé, très important, elle a donné une légitimité aux agents et défini les missions de chacun. « 

Mais ces deux responsables de services seront à la retraite fin mai. Leurs successeurs seront, si elle est élue, désignés par Marine Le Pen.

Ou par Jean-Luc Mélanchon. A moins que ce soit par François Fillon ou Emmanuel Macron…Mais, dans ces cas et sans doute par hasard, on ne sent percer aucune inquiétude.

 

II. Nous évoquons souvent les maternités de Mayotte

Qui fournissent notre pays en nouvelles  » Chances pour la France  » et autant de bombes à retardement qui n’ont d’autre projet que de le détruire (Lire « Mayotte, une honte d’Etat » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/12/13/bulletin-climatique-quotidien-13-decembre-2016-de-la-republique-francaise/). Mais peu de Français savent encore combien la Guyane, qui n’est pas une île malgré ce qu’en pense Emmanuel Macron, en fournit aussi.

30 000 habitants en  1960, 250 000 aujourd’hui… Menacée d’embolie par l’afflux des populations riveraines, elle n’a plus assez d’écoles, d’hôpitaux, de commissariats pour éduquer, soigner, sécuriser. Les centaines de millions, les milliards valsent dans les négociations en cours pour quantifier les insondables besoins du pays de Christiane Taubira.

Le produit intérieur brut par habitant de la Guyane est certes deux fois inférieur à celui de la métropole, mais il est deux fois supérieur à celui du Suriname (ex-Guyane néerlandaise) ou du Brésil, sur l’autre rive du Maroni ou l’Oyapock. Et vingt fois supérieur à celui d’Haïti, qui croit voir briller les lumières de cet eldorado.

Alors, des dizaines de milliers de candidats viennent chaque année tenter leur chance et enfler la démographie locale. Combien sont-ils, ces Brésiliens en quête d’un avenir et d’un peu d’or ? Combien sont-ils, ces Surinamiens dont le pays ne parvient pas à guérir des ravages d’une guerre civile ? Combien sont-ils, ces Haïtiens qui arrivent toujours plus nombreux, après chaque tremblement de terre ou cyclone ? On évalue mal le nombre des clandestins impliqués dans cette invasion. Un seul chiffre est vérifiable : 10 000 demandeurs d’asile sont officiellement enregistrés, ce qui fait 25 000 personnes en comptant femmes et enfants. Soit 10  % de la population totale. En réalité, c’est comme à Mayotte, ils sont bien plus nombreux.

A Saint-Laurent, des bateaux traversent nuit et jour le Maroni, venant d’Albina, la ville surinamienne. Un commerce illégal s’est établi au vu et au su de tous entre les deux bords, au milieu de conteneurs éventrés. Régulièrement, des ambulances arrivent et viennent récupérer dans les pirogues des femmes enceintes pour les conduire à la maternité. Il naîtra bientôt, s’ils ne sont encore des petits Français à part entière, du moins des gamins avec un acte de naissance qui leur permettra de le devenir plus tard, promesse d’avenir contenue dans ce simple papier. Sur une place adjacente, des taxis collectifs attendent les clandestins pour les conduire vers Cayenne ou Kourou. Les barrages de police sur le trajet ne suffisent pas à dissuader les candidats.

Quant aux gendarmes de Maripasoula, petite ville au milieu de la forêt vierge. Ils ne cachent pas leur lassitude. Ils sont fatigués de ramener sur l’autre rive de pleines pirogues de clandestins qu’ils recroisent le lendemain dans les rues. Ils ne leur en veulent même pas, à ces chevaux de retour.  » Ils n’ont pas le choix « , admet un gradé. Les pandores poursuivent ainsi leurs «  reconduites à la frontière « , en attendant le moment de la quille. Cela fait du chiffre, à défaut de faire du bien.

40  % des 220 000  habitants de Mayotte sont d’origine étrangère, venus pour la plupart de l’île comorienne d’Anjouan. Le 101e département français procède chaque année à 22 000 reconduites à la frontière, ce qui est plus que le chiffre de la France métropolitaine.

Mais en Guyane comme à Mayotte, les sociétés locales sont au bord de l’implosion, minées par l’invasion, la délinquance et le travail au noir, dont on ne peut évidemment dédouaner les nouveaux arrivants au point que la situation pousse à la création de groupes d’autodéfense dont les élus locaux garantissent l’immunité plus sûrement qu’une cagoule.

Cette situation catastrophique amène à s’interroger sur les solutions faciles prônées par la plupart des candidats en campagne : des promesses. Mais elle est aussi un camouflet à tous ceux qui pensent que notre pays doit et peut accueillir toute la misère du monde.

Il y a tant à apprendre de la Guyane…

 

III. Quant à  » feu  » le camp de Grande-Synthe…

Il n’existe quasiment plus, incendié hier par les prétendus   » réfugiés  » de Damien Carême, le maire de la ville ! Un symbole terrible en cette semaine de la Passion.

Le camp de Grande-Synthe dans les flammes

Mais tout était écrit ici : « Il avait promis la lune, c’est une calamité qui s’installe » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/02/20/bulletin-climatique-quotidien-20-fevrier-2017-de-la-republique-francaise/). Et aujourd’hui ce sont des millions d’euros, arrachés à Bernard Cazeneuve par le maire de cette banlieue de Dunkerque, qui sont partis en fumée dans une série de rixes entre bandits kurdes et racailles afghanes…

Nous n’osions en espérer autant.

 

Le 11 avril 2017.

Jean-Yves Pons, CJA.

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3 Réponses to “BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (11 avril 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.”

  1. Gurgand avril 11, 2017 à 1:36 #

    A propos du camp de Grande-Synthe, il est consternant que toutes ces fantaisies qui n’expriment que l’idéologie cosmopolite des uns et la lâcheté des autres coûtent finalement si cher au contribuable français.

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  1. Du suicide français à la mort de la République et à la résurrection inéluctable *** du Royaume de France « CRIL17 - avril 11, 2017

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    […] Plus récemment nous avons montré la malhonnêteté d’un certain nombre d’acteurs politiques liés aux services de renseignement faisant craindre que l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen et du Front national fasse courir des risques aux libertés individuelles…(Lire « Ces gens sont des pitres » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/04/11/bulletin-climatique-quotidien-11-avril-20…). […]

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