BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (28 avril 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

28 Avr

 I. Avec des amis comme Attali…

Emmanuel Macron n’a pas besoin d’ennemis

Chacun se souvient des propos du grand penseur qu’est Jacques Attali, vieux compagnon de route de la gauche et du fric réunis, à propos de l’euthanasie des personnes âgées (Lire « Nous vous l’avions annoncé, Attali le fait » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2013/02/11/nous-vous-lavions-annonce-attali-le-fait/).

Depuis, après quelques hésitations toujours intéressées financièrement, celui qui conseilla avec tant d’efficacité François Mitterrand, Nicolas Sarkozy et bien sûr François Hollande, a jeté son dévolu sur…Emmanuel Macron. Ouf ! Nous sommes sauvés.

Mais, les proches du candidat, eux, le supplient de se taire. « Je ne voudrais pas que cette campagne se réduise à des anecdotes« , a déclaré l’économiste sur LCI, mercredi 26 avril, en évoquant le sort des salariés de Whirlpool d’Amiens, dont l’usine sera délocalisée en Pologne. « C’est en effet une anecdote dans un contexte plus large, si on ne le présente pas dans un contexte plus large », a-t-il poursuivi, après une relance de la journaliste en plateau.

Cette sortie médiatique n’a pas plu au secrétaire général d’En marche !, Richard Ferrand, alors qu’Emmanuel Macron effectuait un déplacement chahuté dans l’usine de lave-linges. « Qu’il se taise !« , a-t-il intimé à l’économiste, dans un tweet visiblement rédigé avec une pointe d’agacement.

Jacques Attali a connu Emmanuel Macron en 2007, quand ce dernier était rapporteur général adjoint de la commission sur la libération de la croissance. Au soir du premier tour, l’économiste était présent à la Rotonde, le restaurant choisi par le candidat pour fêter sa qualification. Certains, toutefois, n’ont pas oublié les propos de l’économiste, il y a un an, dans un entretien à Challenges. Jacques Attali avait alors déclaré qu’Emmanuel Macron n’incarnait que le« vide de la politique française ».

Les propos de Jacques Attali ont d’autant plus jeté le trouble qu’Emmanuel Macron a passé une journée mouvementée à Amiens. Alors qu’il rencontrait une intersyndicale à la chambre de commerce, Marine Le Pen lui a grillé la politesse, en se rendant à l’usine. Puis lors de sa visite, le fondateur d’En marche ! a été fortement chahuté et même sifflé.

Le porte-parole du candidat, Benjamin Griveaux, s’en est pris directement à Jacques Attali, estimant que l’économiste n’avait « sans doute » pas sa place à la Rotonde et « qu’il appartenait au monde d’avant », selon des propos cités par franceinfo. Il n’a joué aucun rôle dans la campagne et n’en aura aucun demain. »

Le géant américain de l’électroménager a annoncé en janvier la fermeture en 2018 de son usine d’Amiens, où 290 salariés fabriquent des sèche-linge, pour transférer la production à Lódz, en Pologne. Les emplois de 60 salariés d’un sous-traitant (Prima) et ceux d’environ 250 intérimaires sont aussi menacés.

De Minc à Attali en passant par quelques autres chevaux de retour, Emmanuel Macron a du souci à se faire.

II.  » C’est pas beau de cafter ! « 

Nous savions déjà comment le think tank socialiste Terra Nova, militant de la première heure de la pêche aux voix au sein des minorités issues de l’immigration, avait colonisé le brain trust d’Emmanuel Macron (Henry Hermand, un des administrateurs de Terra Nova, et son directeur général, Thierry Pech, sont de très proches collaborateurs du candidat d’ En Marche !).

Mais voici que l’un des penseurs et historien de la gauche, André Burguière, lui aussi soutien d’Emmanuel Macron, publie son dernier ouvrage intitulé  » La gauche va-t-elle disparaître ?  »

Il y rappelle que la gauche n’existe pleinement que lorsqu’elle porte une volonté de transformation du réel et qu’elle se perd quand elle accepte le monde tel qu’il est. Les vieilles lunes utopistes…

Mais quand il se hasarde sur le terrain identitaire, celui des racines, il nous révèle ce que la gauche s’efforce de nous cacher : sa volonté farouche d’organiser le  » Grand Remplacement « .

C’est ainsi qu’à bientôt 80 ans,Burguière  » crache le morceau « . Les électeurs finiront par préférer l’original à la copie :  » On entre dans la marmite souverainiste avec le romantisme populiste d’un Mélenchon ; on en sort ficelé dans l’uniforme du Front national « , croit pouvoir affirmer l’historien, qui plaide pour une gauche ouverte au monde et bâtissant, au sein des frontières nationales, des  » alliances «  avec les populations d’origine immigrée, à commencer par les  » trois millions de musulmans français* qui constituent, pour la plupart d’entre eux, les nouvelles troupes de la classe ouvrière « .

Bien sûr, ces propos ne seront pas du goût de tout le monde. Alors que s’annonce le second tour de la présidentielle, un tel livre ne va-t-il pas morceler un peu plus une gauche déjà disloquée ? Tant mieux, répondront ceux qui ont retenu la leçon de Mascolo : s’il est dans la nature de la gauche d’être divisée, alors elle n’est jamais aussi forte que lorsqu’elle est déchirée. Ou comment la gauche fait le pari de se refaire une santé sur le dos des Français et grâce aux hordes migrantes qui déferlent sur notre continent.

Voilà pourquoi Jean-Luc Mélanchon ne veut pas tomber dans le piège qui lui est tendu.

* Qui sont en réalité plus du double.

III. Et comme si tout cela ne suffisait pas…

A quelques jours du second tour de la présidentielle, le théologien de gauche Christian Delahaye a livré au Monde une tribune intitulée sobrement  « Honte aux évêques qui n’appellent pas à voter contre Marine Le Pen.« 

Une surprise ? Bien sûr que non tant nous en avons connu de ces gens-là, de Témoignage chrétien à la théologie de la libération, plus communistes que les communistes et dont Maurice Clavel a pu dire qu’  » Ils sont tellement occupés à embrasser les marches du temple qu’ils ne se rendent pas compte qu’il est en ruine ».

En voici le texte. Il est édifiant.

«  TRIBUNE. « Chrétiens, nous ne supportons pas les mensonges du candidat de l’exclusion, du mépris et de la haine, notamment quand il détourne l’Evangile à son profit. Le projet de société qu’il [le candidat FN] propose n’a rien à voir avec le message d’amour et d’espérance du Christ. » Ainsi la Conférence des évêques de France (CEF) a-t-elle alerté contre le vote FN au deuxième tour de la présidentielle… en 2002.

Quinze ans plus tard, changement de pied épiscopal : la même Conférence des évêques de France, dans un communiqué publié au soir du premier tour, « n’appelle pas à voter pour l’un ou l’autre candidat ». La dénonciation de la candidature « de l’exclusion, du mépris et de la haine » n’est plus à l’ordre du jour des dirigeants catholiques, lesquels persistent cependant à faire « la leçon aux responsables politiques », comme Le Monde le titrait le 14 octobre 2016, à l’occasion de la publication d’un texte général des évêques sur la vie politique.

Une leçon aux journalistes

Autrement dit, ne pas prendre position en faveur de tel ou tel candidat après le premier tour permettrait, selon les évêques, d’éviter bizarrement que « notre démocratie ne se transforme en société de violence ». Ils font la leçon aux journalistes, pour un « rôle ajusté des médias, qui n’amène pas à l’hystérisation ». Une hystérisation qui couvait très certainement lorsque la CEF dénonçait en 2002 le candidat « des mensonges, de l’exclusion, du mépris et de la haine ».

Ainsi se confirme l’effondrement de la digue catholique anti-FN que des grandes voix – les cardinaux Lustiger et Decourtray en tête – avaient contribué à bâtir avec, ici et là, des évêques qui n’hésitent plus à recevoir en public des élus frontistes (Mgr D. Rey, ou Mgr J.-P. Cattenoz).

Même si quelques jeunes tentent de faire de la résistance (prise de position de la Jeunesse ouvrière chrétienne de France [JOC] le 24 mars), cet effondrement fait s’ouvrir de larges brèches à la droitisation catholique, avec les appels au ni-ni lancé par Sens commun – organe politique de La Manif pour tous – et Jean-Frédéric Poisson (Parti chrétien démocrate), et même les brèches de l’extrême droitisation, avec Christine Boutin, qui prône « le vote révolution en faveur de Marine Le Pen », et La Manif pour tous qui appelle à « s’opposer à Macron », ce qui revient à voter Le Pen sans le formuler explicitement.

Choix remarquable

Les évêques ont donc confirmé leur renoncement à combattre le Front national en laissant nombre de leurs ouailles libres de voter et de faire voter Le Pen. Leur choix est d’autant plus remarquable qu’ils sont les seuls responsables confessionnels français à ne pas appeler à voter contre la candidate FN.

Dès avant le premier tour, le Conseil national de l’Eglise protestante unie de France alertait « contre la catastrophe en train de se nouer avec le discours national et xénophobe de l’extrême droite » ; depuis dimanche 23 avril, toutes les confessions sont à l’unisson de cette alerte religieuse anti-FN : le CFCM (Conseil français du culte musulman), qui dénonce « les démarches d’exclusion » et appelle à un vote Macron « large », la Grande Mosquée de Paris et la Fédération nationale musulmane, qui appellent à voter « massivement » Macron, le grand rabbin de France, qui appelle « tous ceux qui croient et espèrent en la France à voter Macron, qui porte l’espérance de fraternité », le CRIF, l’UEJE et toutes les organisations juives de France, qui appellent à « faire barrage au FN ».

Les évêques sont seuls à faire honte aux fondamentaux de l’Evangile, l’accueil de l’étranger et la fraternité. Dans une société plurireligieuse où le catholicisme reste de loin la première tradition*, si Marine Le Pen accède à l’Elysée, elle pourra leur dire un grand merci. Cathos gratias ! « 

* NDCER : le catholicisme n’est pas  » une tradition « , même la première. Etre catholique c’est répondre à l’appel du Christ. C’est la Vie et l’Espérance.

Christian Delahaye (Chargé d’enseignement au Theologicum, faculté de théologie de l’ICP, professeur au centre d’études théologiques de Caen) est l’auteur de « Scandales. Les défis de l’Eglise catholique », éditions Empreinte temps présent, 250 pages, 16,90 euros.

Le 28 avril 2017.

Jean-Yves Pons, CJA.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :