BULLETIN CLIMATIQUE DU WEEK-END (29/30 avril 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

29 Avr

I. Chaleurrr…Bonheurrr

L’ancienne ministre Lucette Michaux-Chevry (Les Républicains) a été placée en garde à vue mercredi 26 avril au matin en Guadeloupe. Elle en a profité…pour faire un malaise dans le bureau du juge, rapporte Radio Caraïbes International (RCI). Entendue dans le cadre d’une enquête sur des détournements de fonds présumés, elle a dû être évacuée par les sapeurs-pompiers vers le centre hospitalier de Basse-Terre sans avoir pu être informée de la décision finale du magistrat.

Mme Michaux-Chevry, qui préside la communauté d’agglomération Grand Sud Caraïbe (ex-CASBT), était entendue « depuis 8 heures du matin », dans le cadre « d’une commission rogatoire du juge d’instruction de Basse-Terre » concernant une enquête débutée en 2016 et qui avait abouti à trois mises en examen en janvier 2017, a détaillé Samuel Finielz, procureur de la République de Basse-Terre.

L’ancienne ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères – Alain Juppé – (de 1993 à 1995) était en garde à vue aux Abymes, dans les locaux de la police judiciaire, soupçonnée de « détournement de fonds publics, association de malfaiteurs, escroquerie en bande organisée, prise illégale d’intérêts, faux et usage de faux de documents administratifs ».

C’est elle, aussi vraie que nature

Selon une source proche du dossier, confirmant une autre information de RCI, « des perquisitions » ont été menées dans les locaux de la communauté d’agglomération, à Basse-Terre, mardi, « tout comme d’autres opérations de police judiciaire » ces derniers temps. Selon RCI, « une femme, chef d’entreprise proche de Lucette Michaux-Chevry », aurait été placée en garde à vue, mardi.

Dans cette affaire, les investigations effectuées dans le cadre d’une enquête démarrée début 2016, sur la période 2010-février 2017, ont mis en évidence « que certaines entreprises bénéficiaires de marchés publics » de la CASBT « finançaient les besoins personnels de certains fonctionnaires territoriaux et élus », « directement » ou au « travers des associations ou des comptes ouverts dans des commerces », précisait le parquet dans un communiqué, en février.

« Des associations facturaient des prestations fictives à la communauté d’agglomération », « payées grâce à l’intervention de certains fonctionnaires territoriaux ». « Les fonds ainsi versés faisaient systématiquement l’objet de retraits en espèces », expliquait-il encore.

Le 10 février, trois hommes avaient été mis en examen pour « recel d’abus de biens sociaux, trafic d’influence passif soit par personne chargée d’un mandat électif, soit par personne chargée d’une mission de service public, escroquerie en bande organisée, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics ».

Fred Madinékouty, directeur général des services, avait été incarcéré et libéré sous contrôle judiciaire. René-Claude Monrose, troisième adjoint de Marie-Luce Penchard (LR), fille de Mme Michaux-Chevry, à la mairie de Basse-Terre, et Georges Chasselas, DGS adjoint de la CASBT, avaient été laissés libres sous contrôle judiciaire.

Où l’on découvre que la violence, si caractéristique de la société guadeloupéenne *, n’est pas le seul travers de cette île. 

* Lire « Elle en a de la chance, la France…« :

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/04/01/bulletin-climatique-quotidien-1er-avril-2015de-la-republique-francaise/

II. Quand Méphisto se mêle de déradicalisation

De Patrick Amoyel alias Méphistophélès,  » Le psy du djihad « , nous parlions déjà en septembre 2016 dans notre Bulletin climatique (Lire « La meilleure déradicalisation c’est…l’expulsion » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/09/16/bulletin-climatique-quotidien-16-septembre-2016-de-la-republique-francaise/). Sans savoir encore que cette coqueluche des médias autant que des dirigeants politiques usurpait ses fonctions officielles de déradicalisateur patenté tandis qu’il abusait de certaines jeunes patientes fragiles dans son cabinet de faux-psychanalyste !
Patrick Amoyel, fondateur de l’association Entr’Autres à Nice qui travaille sur les ressorts de la radicalisation islamiste (et qui nous livre ce genre de réflexion hallucinante :  » Vous êtes au courant que le christianisme n’existe plus ? « ) a été mis en examen et écroué jeudi 27 avril pour « viols sur mineur par personne ayant autorité » et « exercice illégal de la médecine« , a appris France Bleu Azur de source judiciaire.

 

Patrick Amoyel est accusé de viols pour des faits commis entre 2011 et 2013 sur une jeune femme agée de 16 ans en 2011. Elle a porté plainte fin 2016. Les faits se seraient déroulés dans son cabinet de psychanalyse, à Nice. Se présentant à la fois comme psychothérapeute, chiropracteur ou psychologue, il n’avait en fait aucun des diplômes nécessaires pour exercer. D’autres témoignages à charge commencent à être enregistrés par les enquêteurs.

Mais l’association Entr’autres, soutenue par les pouvoirs publics, continue d’intervenir auprès de jeunes radicalisés depuis que Patrick Amoyel est devenu une figure de la lutte contre la radicalisation islamiste, organisant des colloques et supervisant la formation des agents publics sur cette question.

Selon les estimations, entre 30 et 80 jeunes niçois de papier auraient gagné les zones irako-syriennes. Les sources les plus pessimistes placent, elles, le curseur à près de 200.

Directeur des recherches freudiennes à l’université Nice Sophia-Antipolis, Patrick Amoyel propose une approche du phénomène jihadiste par le biais psychanalytique. Un regard complexe et décalé, qui a longtemps séduit, avant de susciter aujourd’hui de nombreuses réserves.

Dans l’univers de la lutte contre la radicalisation, dont nous avons souvent dit qu’elle est devenue une course à l’appel d’offres et aux trafics*, Amoyel paye aussi son absence de production écrite. «Je n’ai jamais rien lu de cet homme», persifle, échaudée, une farouche opposante à sa méthode. Le Niçois était tout de même dans le jury de thèse de l’une de ses consœurs, Amélie Boukhobza, œuvrant à ses côtés à Entr’autres.

«Cette unité, composée de gens valables et sérieux, anime des colloques de qualité, appuie un universitaire français. Mais, à mon sens, cela ne suffit pas à consacrer la pertinence d’Amoyel sur le djihadisme. Comme de nombreux psys, il considère les jeunes radicalisés comme des criminels dopés à la haine de la République en raison d’un passé colonial mal digéré. En sus, il place l’antisémitisme comme le principal moteur du djihadisme, qui en comporte pourtant, nous le savons désormais, beaucoup d’autres.»

Cible des critiques les plus acerbes, son concept de «daechien» – autrement dit les adeptes de Daech, l’acronyme arabe de l’Etat islamique (EI). Ce qualificatif, séduisant de prime abord, est jugé assez «fourre-tout» par un intervenant ayant l’oreille du ministère de l’Intérieur : «On ne sait pas exactement ce que ça recouvre, en réalité, d’être « daechien ». Dans la bouche d’Amoyel, cela semble aller de la sympathie pour le califat, aux chantres de la taqiya (principe de dissimulation de ses convictions politico-religieuses, ndcer), le tout sur fond de réislamisation de la France par les courants salafistes ou des Frères musulmans. Si on peut comprendre l’idée plutôt intéressante consistant à définir ce qu’est un djihadiste, ce néologisme mélange en fait des situations très différentes.»

Malgré les controverses, Patrick Amoyel dispose toujours de la confiance des pouvoirs publics. Récemment, sa structure a remporté le plus important appel d’offres de formation des personnels de l’Etat en matière de lutte contre la radicalisation. A son équipe revient donc désormais la charge de former les agents, qui, demain, mettront en musique une politique de plus long terme. Va-t-il les convertir à d’autres activités plus ludiques en chambre ? Sans doute pas si Marine Le Pen est élue. Mais si c’est Emmanuel Macron…

Patrick Amoyel

Il est vrai que Patrick Amoyel a également très bonne presse auprès de Gilles Clavreul, délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (Dilcra). Ce dernier l’a en effet installé, le 9 février, dans un conseil scientifique destiné à «développer des programmes de formation pour les acteurs tant publics que privés confrontés à la problématique du racisme, de l’antisémitisme et des discriminations.» Une casquette supplémentaire, qui apporte de l’eau au moulin de ceux qui qualifient Patrick Amoyel «d’ambitieux inassouvi».

Décidément, ce régime est encore plus pourri qu’on le pensait.

* Lire « Le commerce juteux de la déradicalisation bidon« :

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/03/14/bulletin-climatique-quotidien-14-mars-2017-de-la-republique-francaise/

III. Législatives : beaucoup ont du souci à se faire

Si l’on se réfère aux résultats du premier tour de l’élection présidentielle, plusieurs figures réputées importantes de la vie politique française ont quelque souci à se faire pour leur réélection aux législatives, ou pour leur succession quand elles ont fait le choix de ne pas se représenter.

Evidemment, compte tenu de leurs scores nationaux, Emmanuel Macron et Marine Le Pen se taillent la part du lion dans ces circonscriptions, mais Jean-Luc Mélenchon réussit également une belle percée. L’examen détaillé de cette centaine de circonscriptions détenues ou briguées par des personnalités de renom, membres du gouvernement ou députés sortants, réserve quelques surprises.

Dès lors que le candidat du PS n’est arrivé en tête dans aucune circonscription, toutes celles où avait été élu en  2012 un membre du gouvernement observent une bascule. Souvent, c’est le candidat d’En marche ! qui arrive en tête. C’est le cas, pour commencer, de celle du premier ministre, Bernard Cazeneuve (Manche, 4e), ou de l’ancien chef du gouvernement Jean-Marc Ayrault (Loire-Atlantique, 3e). Tous deux ont annoncé qu’ils ne se représenteraient pas aux prochaines élections législatives. C’est plus sûr pour éviter une déroute !

M. Macron arrive également en tête dans les circonscriptions du vallsiste Jean-Marie Le Guen (Paris, 9e), avec un score confortable de 34,33  %, d’Alain Vidalies (Landes, 1re), Thierry Mandon (Essonne, 9e), ces deux derniers ayant aussi décidé de ne pas briguer un nouveau mandat législatif, de Marisol Touraine (Indre-et-Loire, 3e), Jean-Jacques Urvoas (Finistère, 1re), Martine Pinville (Charente, 1re) ou Ericka Bareigts (La Réunion, 1re). Ainsi que dans celle de l’écologiste Barbara Pompili (Somme, 2e), qui lui a apporté son soutien.

Pour les trois  » novices  » du gouvernement qui vont tenter de se faire élire à l’Assemblée nationale en juin, la tâche s’annonce compliquée. Interrogation en ce qui concerne Juliette Méadel, investie par le PS dans la 10e  circonscription de Seine-et-Marne, mais qui a apporté tardivement son soutien au candidat d’En marche !, qui y arrive en tête avec 26,88  %. Najat Belkacem, elle, n’a pas ménagé son soutien à Benoît Hamon mais, dans la 6e  du Rhône, où elle est candidate, M.  Macron fait 27,73  %. Quel bonheur si cette faussoyeuse de l’enseignement pouvait disparaître corps et bien…D’autant que l’affaire se complique encore pour Myriam El Khomri, qui voit dans la 18e  circonscription de Paris le candidat d’En marche ! arriver largement en tête avec 37,12  % des suffrages.

Deux membres du gouvernement voient leur circonscription placer Jean-Luc Mélenchon en tête au premier tour : Christian Eckert (Meurthe-et-Moselle, 3e) et Annick Girardin (Saint-Pierre-et-Miquelon).

Mais plusieurs ministres, cependant, ont dû découvrir les résultats de leur circonscription avec une autre inquiétude en observant que Marine Le Pen y était arrivée en tête. C’est le cas, en particulier, de Michel Sapin, dans la 1re de l’Indre dont il a longtemps été l’élu, ou de Matthias Fekl (Lot-et-Garonne, 2e), ainsi que de Christophe Sirugue (Saône-et-Loire, 5e), Ségolène Neuville (Pyrénées-Orientales, 3e), Pascale Boistard (Somme, 1re), Clotilde Valter (Calvados, 3e) ou Estelle Grelier (Seine-Maritime, 9e). Quant à Stéphane Le Foll, le très  » hollandais  » ministre de l’agriculture et porte-parole du gouvernement, dans la 4e  circonscription de la Sarthe, François Fillon arrive largement en tête avec 29,08  %.

Candidats à la présidentielle, ils ne sont pas nécessairement maîtres sur leurs terres. Pour un Fillon qui caracole en tête dans sa 2e  circonscription de Paris, avec 37,34  % des voix, ou une Marine Le Pen dans la 11e du Pas-de-Calais, avec 41,17  %, Nicolas Dupont-Aignan (Essonne, 8e), Benoît Hamon (Yvelines, 11e) ou Jean Lassalle (Pyrénées-Atlantiques, 4e) font certes des scores largement supérieurs à leur moyenne nationale mais insuffisants pour leur assurer une réélection confortable.

Quelques grosses pointures du PS, comme le premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis (Paris, 16e), le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone (Seine-Saint-Denis, 9e), l’ex-premier ministre Manuel Valls (Essonne, 1re), l’éphémère ministre de l’intérieur Bruno Le Roux (Seine-Saint-Denis, 1re), le  » Monsieur élections  » du parti, Christophe Borgel (Haute-Garonne, 9e) ou l’ancienne ministre Elisabeth Guigou (Seine-Saint-Denis, 6e) voient M.  Mélenchon rafler la mise dans leurs circonscriptions.

D’autres, en revanche, ont du souci à se faire au vu des scores obtenus par Mme  Le Pen. La candidate du FN arrive ainsi en tête chez les frondeurs Aurélie Filippetti (Moselle, 1re) ou Christian Paul (Nièvre, 2e), ainsi que dans la circonscription de la rapporteure de la commission des finances, Valérie Rabault (Tarn-et-Garonne, 1re), sa collègue Karine Berger (Hautes-Alpes, 1re) ou chez René Dosière (Aisne, 1re), connu pour ses travaux sur l’utilisation des finances publiques.

Cette poussée du Front national n’épargne pas quelques figures du parti Les Républicains, en mauvaise posture dans leurs circonscriptions. C’est le cas de Luc Chatel (Haute-Marne, 1re), Jean-François Copé (Seine-et-Marne, 6e), qui ne se représente pas, Christian Jacob (Seine-et-Marne, 4e), Bruno Le Maire (Eure, 1re), Franck Riester (Seine-et-Marne, 5e), ou même Laurent Wauquiez (Haute-loire, 1re).

Après les rebondissements de la présidentielle, les législatives ont toutes chances de réserver leur lot de surprises. Sera-ce le début d’une utile recomposition politique de notre pays ?

 

IV. Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

Et après avoir mal commencé ce Bulletin, essayons de le bien finir avec ces armoiries de la Guadeloupe dessinées par notre ami Laurent Granier (http://www.laurentgranier.com), qui nous montre que l’héraldique peut toujours réconcilier avec la beauté et le sens :

De sable à la gerbe de cannes à sucre de sinople posée en bande, surchargée d’un soleil brochant d’or; au chef d’azur à trois fleurs de lys d’or.

Gouache, encre et aquarelle sur papier chiffon à la forme « Arches », 300g/m2, grain fin.
Format papier : 23 x 31 cm
Format composition : 17,98 x 21,68 cm

Le 29 avril 2017.

Jean-Yves Pons, CJA.

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