BULLETIN CLIMATIQUE QUOTIDIEN (1er mai 2017)…DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE.

1 Mai

 

I. Brexit : l’UE joue des biscotos

A son arrivée à Bruxelles pour un sommet européen consacré aux préparatifs des discussions à venir avec Londres, samedi 29 avril, François Hollande a prévenu Londres que le Brexit « aurait forcément un coût pour le Royaume Uni ». « Il est clair que l’Europe saura défendre ses intérêts », a averti le président français avant ce premier sommet de l’Union sans la Grande-Bretagne, qui se tient exactement un mois après la notification officielle du Brexit.

S’adressant aux autres pays de l’UE, il a également estimé que le second tour de l’élection présidentielle en France le 7 mai serait « un choix européen », soulignant que les Français avaient « tout à gagner à rester dans l’Union européenne ».

Plus tôt, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a plaidé pour la nécessaire unité des Vingt-Sept dans les négociations à venir. « Nous devons rester unis en tant qu’UE à vingt-sept. Ce n’est qu’ainsi que nous serons capables de conclure les négociations, ce qui signifie que notre unité est aussi dans l’intérêt du Royaume-Uni », a-t-il déclaré. A ce titre, la Commission a préparé une liste « précise et détaillée » des droits que l’UE veut protéger, a précisé M. Tusk.

Dans un entretien accordé vendredi au groupe Funke Media Group, le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, surnommé «  le Dogue allemand « , rappelle que le Royaume-Uni ne tirera aucun avantage de son divorce avec l’Union européenne (UE) une fois que les négociations sur le Brexit auront été achevées.

Wolfgang Schäuble

« There is no free lunch. Les Britanniques doivent le savoir », a résumé M. Schäuble, utilisant une expression anglaise signifiant qu’« il n’y a rien de gratuit ».

« Nous ne voulons pas affaiblir le Royaume-Uni. Mais nous ne voulons pas davantage que le reste de l’Europe soit affaibli. Le Royaume-Uni, après la sortie [de l’UE], ne devrait pas obtenir des avantages que d’autres pays n’auraient pas. »

Sur le même principe que la mise sous tutelle de la Grèce par les Gauleiters de l’UE car le ton est récemment monté entre Berlin et Londres. Le ministre allemand ne fait ainsi que prolonger les propos tenus jeudi par la chancelière Angela Merkel, qui avait conseillé aux Britanniques de ne pas « se faire d’illusions »La première ministre britannique, Theresa May, lui avait répondu quelques heures plus tard en estimant que ses déclarations soulignaient à quel point les négociations à venir seraient difficiles. Depuis Londres, la Première ministre britannique en est venue à accuser le reste de l’UE de « s’unir contre » le Royaume-Uni.

Les « orientations de négociations » qui ont été adoptées samedi par les 27 chefs d’Etat et de gouvernement ont vocation à mettre noir sur blanc les grands principes qui guideront l’action des négociateurs de l’UE, dont le Français Michel Barnier a pris la tête.

Conformément aux recommandations exposées à la fin mars par le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, le texte soumis à l’approbation des Vingt-Sept scinde la négociation en deux phases, avec l’objectif d’organiser d’abord la sortie du Royaume-Uni en mars 2019 et de bâtir ensuite une nouvelle relation entre l’UE et ce pays.

« Avant de parler de notre futur, nous devons régler les questions du passé », a prévenu M. Tusk, dans sa lettre d’invitation aux 27 dirigeants pour le sommet de samedi. Selon M. Tusk, ce n’est pas seulement une « question de tactique » : « Etant donné le temps limité [deux ans selon l’article 50 qui régit le départ d’un Etat membre], c’est la seule approche possible. »

La première phase, qui commencera après les élections législatives britanniques du 8 juin, doit, selon les Européens, porter sur les trois priorités devant figurer dans l’accord de retrait : les droits des citoyens (principalement des 3 millions de ressortissants européens qui vivent ou travaillent au Royaume-Uni mais aussi du million de Britanniques établis dans le reste de l’UE), le solde des comptes, sujet probablement le plus politiquement sensible, enfin il faudra trancher « la question irlandaise » à savoir la frontière physique entre l’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord sans remettre en cause les accords de paix chèrement acquis après trente ans de « troubles » et plus de 3 000 morts. Bref…la quadrature du cercle.

Les 27 devraient aussi commencer à se pencher sur la question des deux agences européennes actuellement basées à Londres, l’Autorité bancaire européenne (EBA) et l’Agence européenne des médicaments (EMA), qui seront transférées pour rester sur le territoire de l’UE.

Dès la semaine prochaine, la Commission européenne devrait publier sa proposition de « directives » de négociations, plus détaillées, qui se baseront sur ces orientations. Leur adoption par les 27 est prévue le 22 mai.

Si tout va bien ! C’est à dire si le  » Frexit  » n’est pas encore enclenché.

II. Hongrie : l’UE roule des mécaniques

Viktor Orban était venu à Bruxelles pour  » défendre – son – pays « , la Hongrie. Il l’a fait sur tous les tons et est reparti apparemment satisfait et  » fier « , alors qu’il avait essuyé un flot de critiques, souvent virulentes, à peine compensées par le soutien que lui ont manifesté les élus de droite et celui, plus mitigé, du groupe conservateur du Parti populaire européen (PPE), auquel il appartient.

Le premier ministre hongrois, participait, mercredi 26  avril, à une séance plénière du Parlement européen. Un peu plus tôt, la Commission européenne avait annoncé l’ouverture d’une  » procédure d’infraction  » contre son pays au sujet de la nouvelle loi sur l’enseignement supérieur qu’il a adoptée. Il s’agit d’une première étape qui peut conduire la Hongrie devant la Cour de justice de l’Union européenne.

Censée mettre fin à  » des privilèges  » et s’appliquer à tous les instituts étrangers d’enseignement, elle vise en fait directement l’Université d’Europe centrale (CEU), créée en  1991 à Budapest par le milliardaire américain George Soros, d’origine hongroise mais ennemi notoire des nations et des peuples européens qu’il veut remplacer par le surplus de population musulmane dans le monde.

Celui-ci devait être reçu, jeudi 27  avril, par le président de la Commission, Jean-Claude Juncker toujours prêt à trahir les racines de l’Europe. A la fureur de M. Orban, qui accuse le financier, devenu son ennemi, d’avoir  » détruit la vie de millions d’Européens «  en spéculant sur leur appauvrissement, et de soutenir les rivaux du Fidesz, le parti au pouvoir.  » Il est étonnant qu’on reçoive une telle personne « , a-t-il déclaré.

Au sujet de la procédure ouverte contre son pays, l’homme qui se présente comme le dirigeant de la  » droite des droites  » évoque  » des préjugés « , et juge  » absurde  » l’idée d’une menace pesant sur une université très renommée.

Il se dit toutefois  » prêt à discuter  » avec le collège européen, qu’il juge  » raisonnable « . Il lui répondra de manière circonstanciée dans un mois, se montrant en apparence plus conciliant que le gouvernement polonais également dans le collimateur de Bruxelles.

La Commission européenne a un peu accentué la pression sur Budapest mais reste prudente. Le premier vice-président, Frans Timmermans, estime que le droit communautaire est violé et la liberté académique menacée. Il déplore aussi la consultation des Hongrois, appelée  » Arrêtons Bruxelles « , qui devrait conforter Viktor Orban dans son combat contre les institutions européennes. Les récents textes sur l’asile ou sur le contrôle des ONG sont d’autres sujets qui irritent la Commission et qui pourraient entraîner des sanctions. A ce stade, l’instance se limite toutefois à  une lettre de mise en demeure, en vue d’obtenir des explications détaillées.

 » Nous ne donnons pas d’ordres à nos partenaires, mais nous ne voulons pas qu’ils nous obligent à prendre des décisions dont nous ne voulons pas « , a expliqué -Viktor Orban au cours d’une conférence de presse qui a suivi le débat. D’autant qu’il entend, dit-il,  » réformer l’Europe, corriger ses erreurs pour retrouver la confiance des peuples « . Il ne cédera donc en aucune manière sur la question des réfugiés et des migrants vers laquelle, dit-il,  » tout converge « .

Mercredi, les groupes socialiste et libéral au Parlement européen ont réclamé des sanctions vigoureuses. Le premier demande l’application de l’article  7 du traité de l’UE, qui peut priver un Etat de certains de ses droits. Le second, par la voix de son président, Guy Verhofstadt, reproche au dirigeant hongrois de vouloir l’argent de l’Europe tout en rejetant ses valeurs. Et se demande, dès lors, s’il ne devrait pas quitter l’UE.  » Jusqu’où irez-vous, la fois prochaine ? Brûlerez-vous des livres ? « , a  lancé M. Verhofstadt au premier ministre, le traitant même de  » paranoïaque « .

Les sociaux-démocrates voudraient que le Hongrois soit exclu ou à tout le moins suspendu du PPE. Le débat y a été vif quand M. Orban avait fait adopter sa loi sur les universités étrangères, début avril.

Mais après le lancement de la procédure d’infraction, et l’engagement qu’aurait pris M. Orban de respecter les recommandations de la Commission si elle conclut à  une violation du droit européen, la pression sur le premier ministre semble retombée au PPE. Samedi 29  avril, les membres du groupe conservateur au Parlement devaient avoir une réunion préparatoire avant le sommet sur le Brexit, qui a lieu le même jour.  » Orban va se faire tirer l’oreille, on va lui dire qu’on en a assez, qu’il faut qu’il arrête de marquer contre son camp, mais pas question de l’exclure « , explique une source parlementaire. En réalité, et plus prosaïquement, le PPE ne veut pas se séparer de douze élus du Fidesz alors qu’il ne dispose que de vingt-sept sièges d’avance sur les sociaux-démocrates dans l’hémicycle !

Alors, en attendant, toutes ces bonnes personnes font mine de rouler des mécaniques…

III. Sorbonne : silence, on frime !

Nous dénoncions il y a quelques jours la publication en catimini d’une circulaire autorisant les universités à procéder au tirage au sort pour l’affectation des étudiants à l’entrée à l’université, lorsque la demande dépasse les capacités d’accueil (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/04/28/quel-beau-pays-que-le-notre/).

Mais, pendant ce temps-là, un programme d’accueil de l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne est mis en place pour les étudiants prétendument  » réfugiés  » mais en réalité migrants économiques.

Affiche d’accueil à la Sorbonne

La responsable de ce service d’accueil réservé aux migrants est une certaine Amelle Bekhada, coordinatrice du programme (une de nos  » Chances pour la France « , venue d’ailleurs et de Nantes, précédemment conseillère de clientèle puis déléguée relation-consommateurs chez Bouygues puis chez Direct Energie…).

Elle est chargée d’aider les migrants en question à ­rédiger le courrier qui accompagne leur demande d’admission. Elle s’enquiert de la recherche de stage auprès d’un organisme de recyclage, de décrocher des rendez-vous avec la médecine universitaire ou le service d’orientation de Paris-I.

Amelle Bekhada reçoit quotidiennement quatre ou cinq jeunes dans le cadre de ce programme d’accueil. « Mon travail est de les accompagner, ce qui inclut des missions très ­variées : je dois tantôt faire face à des problèmes d’orientation, tantôt les épauler, les orienter dans leurs démarches auprès des administrations », explique-t-elle.

Paris-I a mis en place ce dispositif d’accueil des étudiants réfugiés en octobre 2015. Ils étaient 65 à faire leur rentrée cette ­année-là ; ils sont aujourd’hui plus de 130, de treize nationalités différentes à bénéficier de ce programme financé par le Qatar à hauteur de 600 000 euros par an. Une somme principalement ­allouée au logement et au versement de bourses.

Rappelons ici que, pendant ce temps-là, des centaines voire des milliers de jeunes Français «  natifs  » seront rejetés des universités par manque de place…

Les clients du Qatar ont, eux, le choix entre deux parcours. « Dans le premier, les 50 étudiants non francophones suivent une formation intensive en français langue étrangère (FLE), pour leur permettre de se mettre à niveau, avant de pouvoir s’inscrire dans un cursus diplômant », ­détaille Amelle Bekhada. Ils sont également accompagnés par des tuteurs étudiants, suivent des ateliers d’introduction aux différentes disciplines, et des aides leur sont proposées pour leurs démarches administratives. « Le second parcours, destiné aux 80 étudiants francophones, permet une inscription dans un cursus diplômant, un perfectionnement en français et un soutien personnalisé », poursuit la coordinatrice avec la conviction de remplir ainsi une mission sacrée.

A mesure que le programme s’est mis en place, les contours de la fonction d’Amelle Bekhada se sont dessinés. « On a appris en faisant, dit-elle aujourd’hui. Au ­départ, on pensait faire de la gestion de scolarité classique, mais nous avons dû aller bien au-delà : certains de nos étudiants faisaient remonter de graves problèmes de logement, de santé, ne mangeaient pas à leur faim ou étaient à la rue… Il a fallu rapidement changer notre cœur de métier, ­apprendre à se tourner vers les bonnes personnes et, surtout, comprendre que pour que ces jeunes réussissent, il fallait que leurs besoins basiques soient assurés. » 

Pour cela, la jeune femme travaille en réseau avec toutes les composantes de l’université : l’administration, les enseignants en FLE, ceux des différents cursus, les associations étudiantes comme Sorbonne solidaire, qui épaule les arrivants. Elle échange également avec des services de santé, des associations qui peuvent aider les demandeurs d’asile sur le plan juridique ou soutenir ceux qui prétendent avoir été victimes de torture . « Beaucoup ont des parcours incroyables, ils ont dû fuir parce qu’ils défendaient leurs idées chez eux. En arrivant ici, ceux qui repartent de zéro. », commente Amelle Bekhada.

Qu’en pense Emmanuel Macron ?

Alors, défendons nos idées…chez nous ! Et renversons la table.

IV. Mais « La France ne peut pas mourir, car le Christ aime encore les Francs » (Henri, comte de Chambord)

L’Opéra Comique de Paris a rouvert ses portes au public après deux ans de travaux.

Sous les ors ravivés de la Salle Favart, un public de première se pressait, impatient, mercredi soir 26 avril. Au programme, Alcione de Marin Marais (1656-1728), défendu dans la fosse par Jordi Savall, grand artisan de la promotion du compositeur français que le public découvrit dans Tous les matins du monde, le film d’Alain Corneau.

Au risque de paraître béotien, on avouera que l’ouvrage ne semble pas s’imposer comme un incontestable chef-d’œuvre. Toujours noble et déliée, la musique peine pourtant à s’élever sur les cimes du génie – on est bien loin d’un Rameau qui bousculera l’opéra français quelques décennies plus tard. Il incombe alors aux interprètes d’insuffler la vie et le drame au spectacle. Mission accomplie en partie seulement sur la scène de l’Opéra-Comique.

La belle et gracieuse Alcione (Léa Desandre), fille du dieu des vents, et le roi Céix (Cyril Auvity, suprêmement élégant), s’aiment tendrement, sous les yeux jaloux de Pelée (Marc Mauillon, brûlant). Ce dernier est partagé entre sa passion pour Alcione et son amitié pour Céix. Tous les malheurs des personnages naîtront de ce triangle des sentiments, avoués ou cachés, sereins ou coupables.

Si Alcione, créé en 1706 et disparu de l’affiche depuis 1771, reste dans les annales de l’histoire de la musique, c’est en grande partie par l’émoi que souleva sa « tempête », page orchestrale et chorale qui apporte au IVe acte de l’ouvrage un souffle jusqu’ici bien discret. Ce déchaînement figuratif fait encore son effet en 2017.

La direction musicale de Jordi Savall y puise un nouvel élan et la mise en scène de Louise Moaty une parfaite légitimité. En complicité avec la chorégraphe Raphaëlle Boitel, elle mêle en effet aux chanteurs agiles une troupe virtuose de danseurs-acrobates-voltigeurs dont les figures, entre ciel et terre, sont bluffantes.

Un beau spectacle tout de même.

Le 1er mai 2017.

Jean-Yves Pons, CJA.

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