Dans la rubrique « Dis-moi qui sont tes amis… »

12 Mai

Nous pouvons dire qui est Emmanuel Macron !

En effet, à côté des financiers les plus puissants de notre pays (et même d’ailleurs) qui ont soutenu avec succès sa candidature à l’élection présidentielle, nous trouvons deux personnages particulièrement emblématiques qu’il eût mieux valu ne pas rencontrer dans une telle circonstance.

D’abord Barack Obama, l’ancien président des Etats-Unis qui a marqué pour longtemps les mémoires en terme d’inconsistance et d’échecs politiques. Il s’était pourtant fendu d’une vidéo dithyrambique pour soutenir la candidature Macron, à la veille du second tour :

« Je n’ai pas l’intention de m’impliquer dans beaucoup d’élections maintenant que je ne me présenterai plus », assure M. Obama, mais « la réussite de la France importe au monde entier », ajoute-t-il pour expliquer son soutien.

« J’admire la campagne qu’Emmanuel Macron a menée. Il a défendu des valeurs progressistes [« libérales », au sens anglo-saxon, dans le sous-titre de l’allocution], il a mis en avant le rôle important que la France joue dans l’Europe et dans le monde, il s’est engagé pour un avenir meilleur pour les Français. »

Cette intervention dans la campagne française s’inscrivait dans un projet de longue haleine que l’ancien président veut conduire sous l’égide de sa fondation : redonner un second souffle aux valeurs progressistes et de la social-démocratie, aux Etats-Unis comme ailleurs dans le monde, pour résister à la poussée des mouvements populistes qui se sont affirmés au cours des dernières années.

Ensuite, Tony Blair, de triste mémoire non seulement britannique mais internationale si l’on se souvient qu’il s’était acoquiné avec George W. Bush pour fabriquer de fausses preuves d’armes de destruction massive dans l’arsenal de Saddam Hussein, alors chef de l’Etat irakien. On en a vu les conséquences tragiques, toujours d’actualité, dans la déstabilisation du Proche Orient…(Lire « Tony Blair rattrapé par la guerre d’Irak » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/07/08/bulletin-climatique-quotidien-8-juillet-2016-de-la-republique-francaise/).

Tony Blair et George Bush, deux malades

Dans une bouffée de délire, il vient de publier, dans Le Monde du 13 mai, une tribune non moins dithyrambique que celle de Barak Obama en faveur d’Emmanuel Macron (http://www.lepoint.fr/monde/les-lucratives-affaires-de-tony-blair-13-03-2015-1912418_24.php) :

 » En à peine plus d’un an, Emmanuel Macron a fondé un mouvement et accédé à la tête de l’une des grandes puissances mondiales. Il y est parvenu avec un programme d’une grande clarté idéologique : en dépassant les vieux paradigmes de gauche et de droite et en s’inscrivant résolument contre le nouveau populisme qui déferle sur les pays occidentaux« , y affirme-t-il d’emblée. Ça commence mal !

Mais ça continue : 

 » Ce qui caractérise le monde actuel est la portée, l’ampleur et la rapidité des changements. Et leur allure s’accélère. Avec le recul, la mondialisation a indéniablement bénéficié à l’humanité. Jamais la pauvreté dans le monde n’avait reculé autant et aussi vite. Néanmoins, pour une bonne partie de la population des pays occidentaux, la mondialisation provoque un stress culturel et économique, qui crée du ressentiment et de la peur. » Manifestement, Tony Blair ne fréquente pas le même monde que nous. Sa vision du recul de la pauvreté témoigne de son aveuglement et son appréciation des effets de la mondialisation sur les pays occidentaux nous ferait éclater de rire si elle n’était pas aussi tragique.*

Et il insiste :

 » Il faut un Etat actif qui accompagne les victimes des mutations économiques, mais il faut aussi affirmer clairement qu’on ne peut pas arrêter le changement et que ceux qui disent le contraire mentent. » Et si les victimes en avaient assez d’être des victimes ? Et si elles en avaient assez de ces prétendus changements  » qu’on ne peut arrêter  » ? Et si elles en avaient assez de se voir de plus en plus pauvres quand les amis de M. Blair sont de plus en plus riches ? En clair : et si les nègres en avaient assez des négriers ?

Et pourtant, voici venir de façon inattendue un instant de lucidité :

 » Tous ceux d’entre nous qui croient au progrès en mettant la mondialisation au service du plus grand nombre souhaitent et ont besoin qu’il réussisse. Mais, comme il n’est pas sans le savoir, le plus dur commence à présent. Pour reprendre la formule du dirigeant politique américain Mario Cuomo,  » on fait campagne en poésie mais on gouverne en prose « . Quand on arrive au pouvoir dans les circonstances dans lesquelles Emmanuel Macron y est arrivé, on a le sentiment que tout est possible et on sait aussi les attentes immenses que l’on a fait naître. On a beau tenter de les minimiser, ces attentes sont là, elles créent un rassemblement autour de vous mais elles vous terrifient aussi un peu, parce que vous savez qu’elles peuvent très vite se fracasser contre la réalité.« 

Suivent un certain nombre de conseils sur la gestion du pays dont Emmanuel Macron serait avisé de se méfier.

Quant au bouquet final de cette tribune, il est consacré…à l’Europe. C’est à dire au pire. La preuve : 

 » Enfin, il y a l’Europe. Elle doit être réformée. Si l’on inscrit le programme des réformes de la France dans le cadre d’un programme de réformes de l’Union européenne, la proposition devient nettement plus attrayante. Cela souligne, comme il se doit, que le changement en France fait partie intégrante des transformations indispensables sur l’ensemble du continent et cela donne aux citoyens européens le sentiment que l’on entend leurs angoisses à propos de l’Europe et que l’on y répond. C’est un enjeu crucial, tout particulièrement au Royaume-Uni ! « 

Mais pourquoi l’Union européenne devrait-elle être  » réformée  » si elle avait été la réussite tant annoncée ? La réponse est connue et date du communisme : les résultats ne sont pas au rendez-vous ? C’est parce qu’il faut davantage de communisme…

D’ailleurs, la conclusion de Tony Blair est sans appel :

 » La politique du XXIe  siècle doit ressembler à son époque et se projeter dans l’avenir. Assurément, pour le nouveau président, le plus dur commence. Mais le cap est bon, et nombreux sont ceux qui, dans le monde, empruntent la même direction. » 

Plaise au Ciel qu’il n’en soit rien et ne perdons pas de vue qu’avec de tels amis, Emmanuel Macron n’a pas besoin d’ennemi.

Le 12 mai 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Lire d’ailleurs ce que sont les lucratives activités de Tony Blair ici :

http://www.lepoint.fr/monde/les-lucratives-affaires-de-tony-blair-13-03-2015-1912418_24.php

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