Comme le disait Edgar Faure, avec tant de lucidité…

15 Mai

 » Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent ! « 

Et le vent dominant, aujourd’hui, est l’Ecorche-vel. Un vent de Picardie, directement venu d’Amiens.

Vu de loin, la droite donne l’impression de résister à la tentation de se précipiter dans les bras d’Emmanuel Macron.

Depuis son élection, seule une personnalité du parti Les Républicains (LR) a affiché son intention de  » travailler dans une majorité de gouvernement  » autour du nouveau président de la République. Il s’agit de l’ancien candidat à la primaire Bruno Le Maire, qui n’exclut pas non plus de faire campagne aux législatives sous l’étiquette La République en marche. Mais Bruno Lemaire a toujours aimé la soupe…

En coulisses, pourtant, plusieurs élus LR sont plongés dans des tractations secrètes. Avec dans un coin de la tête, l’objectif d’obtenir une place dans son prochain gouvernement. La plupart négocient directement avec Emmanuel Macron, avec qui les contacts ont été nombreux dans l’entre-deux-tours. L’un décrit un  » mec sympa « , qui  » fait la bise facilement « . L’autre explique être bluffé par un homme  » transgressif « .

Parmi ces  » Macron compatibles  » de l’autre rive figurent évidemment des députés juppéistes comme Edouard Philippe (Seine-Maritime) et Benoist Apparu (Marne) ; celui des Hauts-de-Seine, Thierry Solère, organisateur de la primaire de la droite ; son collègue de Seine-et-Marne, Franck Riester, maire inverti de Coulommiers ; le maire de Reims, Arnaud Robinet ; celui d’Angers, Christophe Béchu ; l’ex-premier ministre Jean-Pierre Raffarin ou encore l’ex-fondateur de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), Jean-Louis Borloo. Peut-être comprenez-vous mieux à présent notre hostilité à la candidature d’Alain Juppé comme à l’UDI ou au MoDem, lors de la campagne présidentielle ! Souvenez-vous d’ailleurs de la « Juppémania » qui régnait alors au sein des milieux socialistes, tant politiques que médiatiques.(Lire ce Billet d’humeur du sieur Du Plessis:

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/10/14/billet-dhumeur-du-sieur-du-plessis-a-fond-les-manettes-pour-booster-le-candidat-du-systeme/)

 » On symbolise une droite ouverte, humaniste et libérale « , résume l’un d’entre eux, Arnaud Robinet.

Tous échangent régulièrement. Leur idée est de coordonner leur éventuel mouvement vers le nouvel exécutif. Histoire de frapper fort et, surtout, de moins s’exposer individuellement en vue des législatives, ils envisagent de partir en groupe…Courageux mais pas téméraires !

Une façon de peser davantage sur la recomposition qu’ils appellent de leurs vœux et de résister aux attaques de la direction de LR, qui ne manquera pas de les faire passer pour des traîtres.  » Il faut éviter de se Eric Bessonniser « , sourit l’un d’eux, en référence à l’ex-socialiste passé dans le camp Sarkozy en  2007.

Et quitte à devenir des symboles de la recomposition, pas question de se faire acheter à  n’importe quel prix. Ces élus conditionnent leur entrée au gouvernement à la nomination d’un premier ministre de droite ou du centre. Ce sera fait sans doute dès ce matin.

A les entendre, la balle est dans le camp du nouveau chef de l’Etat.  » Tout dépendra des décisions prises par Emmanuel Macron. Avant de s’engager, il faut connaître l’identité du chef de la majorité « , confie Bruno Le Maire, en exhortant M. Macron à choisir un chef de gouvernement incarnant une  » recomposition politique « .

D’autres élus LR prêts à franchir le Rubicon mettent en avant le même préalable, en pressant M. Macron de réunir les conditions pour permettre leur ralliement.  » Emmanuel Macron a l’opportunité de recomposer la vie politique maintenant. Mais à condition d’envoyer un signal fort avec la nomination d’un premier ministre de droite. Cela aurait d’autant plus de force de le faire avant les législatives « , juge Franck Riester, rejoint par Christophe Béchu :  » Pour réussir la recomposition, Emmanuel Macron doit envoyer un signal de dépassement des clivages, en allant chercher les modérés de l’autre rive. Ce serait d’autant plus fort s’il le faisait maintenant et que cet élargissement était validé par les électeurs en juin. « 

Franck Riester et Bruno Le Maire

Le rapprochement de certaines personnalités de droite avec M. Macron est vivement condamné par la direction du parti Les Républicains. François Baroin, chargé de mener la campagne de la droite et du centre pour les législatives, a prévenu que ceux qui rejoindraient M. Macron dans un gouvernement ou endosseraient les couleurs de La République en marche pour les législatives, seraient exclus du parti de droite. Mais pense-t-il un seul instant que cette menace les dissuadera ?

Sur la même ligne, Eric Wœrth, qui est chargé du projet pour les législatives, a confirmé sur Radio classique l’exclusion du parti  » pour ceux qui essaient de jouer sur tous les tableaux « , dénonçant  » des trajectoires personnelles qui nuisent au collectif « .

 

En réalité, Les Républicains ont déjà implosé. Car la fracture est profonde entre ces deux droites, dont le divorce idéologique est acté depuis longtemps. Plusieurs  » modérés  » remarquent que le programme de Juppé est plus proche de celui de Macron qu’il ne l’était de celui de François Fillon.  » Quand j’ai entendu Macron au débat, j’ai eu du mal à ne pas être d’accord avec lui. Quand j’entends Wauquiez deux minutes en meeting, je suis effrayé « , glisse l’un d’entre eux.

 » L’enjeu n’est plus la survie de la droite ou de la gauche mais l’avenir du pays. Dans ces cas-là, peu importe la couleur de la carte politique « , conclut ainsi M.  Béchu. Ce que l’on peut en fait résumer ainsi :

Et pendant ce temps-là, Emmanuel Macron prend ce matin l’avion pour Berlin. Comme Daladier, partant pour Munich en 1938…

Le 15 mai 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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4 Réponses to “Comme le disait Edgar Faure, avec tant de lucidité…”

  1. Jean-André mai 15, 2017 à 9:10 #

    Etes-vous de ceux qui ont misé sur le nom du /de la premier /ère ministre que, quelques heures avant de prendre l’avion pour Berlin, va annoncer demain notre nouveau président?
    Moi j’ai misé sur Sylvie Goulard, eurodéputée centriste: une copine, dit-on, de Merkel, et plus généralement des Allemands, depuis la réunification de leur pays à laquelle elle avait collaboré positivement comme expert de la partie française.

    C’est elle qui aurait réussi, contre toute attente, à convaincre la Chancelière de recevoir le candidat Macron ce qui avait tant fort déplu au candidat Fillon – on le comprend puisque leurs partis respectifs appartiennent au même groupe au parlement européen. Et notre nouveau chef d’Etat en aura bien besoin dans les mois qui suivent, de cette copine de Merkel, tellement appréciée de nos voisins outre-Rhin.

    L’autre atout de Sylvie Goulard est qu’elle est centriste, ce qui permettra au nouveau président de ne pas voir son gouvernement taxé de « droitiste » ou de « gauchiste ». Enfin, last but not the least, c’est …une femme.
    Dans le pire des cas, elle assumera le portefeuille des affaires européennes…

  2. Conseil dans l'Espérance du Roi mai 15, 2017 à 10:14 #

    Très pertinent commentaire de notre ami JAV.

  3. Hervé J. VOLTO mai 15, 2017 à 12:38 #

    Il y a pourtant quelqu’un qui, à la surprise générale, a refusé d’aller à la soupe comme les autres. Nous devons lui tirer notre chapeau !

    La décision surprise de MARION MARECHAL-LE PEN de mettre entre parenthèses sa carrière politique est un coup de tonerre qui trouble élus et militants du Vaucluse, qui craignent de perdre des électeurs aux législatives. Elle élimine le risque à court terme d’une fronde contre Marine Le Pen, mais laisse planer la perspective d’un retour, peut-être à la fin du Quinquénat d’Emmanuel Macron.

    Dans l’attente, Jean-Mari Le Pen ne cache pas son désapoint. Bruno Goldnish ses regrets. Ni certains militants leur surprise, comme cette femme qui s’est donné tant de mal pour coller et tracter durant la Présidentielle. Beaucoups pensent sêtre donné du mal pour des prunes.

    Une affaire personnelle ? Assurément. Marion Maréchal-Le Pen, qui ne briguera pas un nouveau mandat de députée du Vaucluse et va démissionner du conseil régional de Paca, en avait « ras le bol », selon un cadre du FN. À 27 ans et après cinq ans d’une expérience politique brillante vers laquelle l’avait poussée son grand-père Jean-Marie Le Pen, la jeune députée veut se construire une carrière professionnelle dans le monde de l’entreprise. Elle veut aussi s’occuper de sa fille d’à peine 2 ans, qu’elle élève seule depuis son divorce, son ex-mari ne l’aidant plus.

    Ces derniers mois, elle avait du mal à supporter l’ambiance du milieu politique, y compris à l’intérieur du FN. Et si elle a effectué, en bon petit soldat, une quinzaine de meetings de soutien à sa tante, assistant aussi sagement à la plupart des conseils stratégiques de campagne, elle n’en pensait pas moins, prise qu’elle était d’une certaine lassitude face au pouvoir sans partage d’un Florient Phillipot omnipotant.

    Sur la ligne politique, d’abord : en meeting à Saint-Jean-le-Blanc, le 28 mars, Marion Maréchal-Le Pen avait habilement laissé le secrétaire départemental évoquer la sortie de l’euro, ce qui lui permettait de ne pas en dire un seul mot dans son discours, se concentrant sur l’identité, les Valeurs, la culture Chrétiennes de la France éternelle. Ce pour quoi la frange la plus à droite du parti et les Cathos Tradis comme les Royalistes -qui sont souvent les mêmes- l’aiment et la célèbrent comme une icône.

    Sur les relations familiales, ensuite : c’est peu dire qu’elle n’a pas apprécié les propos de Marine Le Pen à Femme actuelle, la jugeant « raide » et surtout « inexpérimentée » alors qu’elle vient de batailler pendant cinq années à l’Assemblée nationale. Marine le Pen porte-t-elle une part de eresponsabilité dans le départ de sa nièce ? Marion Maréchal-Le Pen n’a jamais caché que le « ni droite ni gauche » ne lui convenait pas, persuadée que c’est en regardant vers la droite que le Front national pourra conquérir le pouvoir, cette Droite historique, Monarchique et Catholique traditionaliste, qui va de Joseph de Maîstre à Charles Maurras, et qui est la notre.

    MARION MARECHAL LE PEN représentait un avenir d’espoir pour les militants et les électeurs du Front National. Comme pour un tas de vrais Français, Catholiques, Royalistes, patriotes…

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