Pour Emmanuel Macron il faut encore  » plus d’Europe « …

20 Mai

L’union européenne ne fonctionne pas ?  » C’est parce qu’il n’y a pas assez d’Union européenne et qu’il en faut donc davantage !  » a-t-il même prétendu en allant se prosterner devant son  mentor, la chancelière d’Allemagne, dès le lendemain de son élection à la présidence de la République. On se croyait revenu aux années les plus sombres du communisme soviétique…

Pourtant, les Grecs, eux, n’en peuvent plus du poids de l’Europe dans leur vie quotidienne et le disent de plus en plus fort.

 » Chaque année, de nouvelles baisses des pensions de retraites et de nouveaux impôts nous tombent dessus. Nous ne savons pas combien de temps nous allons encore pouvoir vivre sur nos maigres économies « , constate, amer, Costas Theodorakopoulos, retraité athénien de 70 ans.

Le gouvernement Grec, pieds et points liés, et ses créanciers (Banque centrale européenne, Mécanisme européen de stabilité et Fonds monétaire international) ont conclu le 7  avril à Malte un accord prévoyant de réduire encore les dépenses du pays de l’équivalent de 2  % du produit intérieur brut (PIB) entre 2019 et 2020. Il s’agit donc de réaliser plus de 3,6  milliards d’euros d’économies. Pour protester contre ce nouveau train d’austérité, les syndicats du privé et du public ont appelé à une grève générale de vingt-quatre  heures mercredi 17  mai. Car pour tenir cet objectif d’économies, le Parlement grec devait voter jeudi une énième réforme des retraites : la quatorzième depuis 2010.

 » Pour nos dirigeants, il est plus facile de couper dans nos pensions que de trouver de l’argent en luttant contre la corruption et l’évasion fiscale ! Mais, les retraités ne doivent pas être les sacrifiés de cette crise économique, il faut que le gouvernement fasse des économies ailleurs ! « , déclare M. Theodorakopoulos, qui tenait jusqu’à ses 68 ans une pépinière à Egaleo, dans la banlieue est d’Athènes. Après quarante-quatre années de cotisations, il devrait percevoir une retraite de 900  euros par mois, mais il est toujours dans l’attente de la liquidation de son dossier pour commencer à toucher pleinement sa pension.  » Seule une avance de 500  euros par mois m’est allouée pour le moment « , explique-t-il, excédé par les retards pris par l’administration grecque.

Selon les chiffres officiels fournis par le ministère des finances grec, dans sa base de données Helios, la pension moyenne en Grèce s’élève à 833  euros. Un montant qui a chuté de près de 40  % depuis 2010. Sa femme, Eleni, fonctionnaire à la retraite depuis sept ans, a vu sa pension fondre de 1 200  euros par mois à 850  euros.  » Nous faisons des économies sur l’essence, le chauffage, les sorties, les vacances… Mais nous devons tout de même aider notre fille de 30 ans, au chômage depuis plus d’un an et sans allocation ! « , raconte M. Theodorakopoulos.

En Grèce, où 24  % de la population active et près d’un jeune de moins de 30 ans sur deux sont sans emploi, la moitié des ménages compte sur la retraite de leurs parents ou grands-parents pour vivre, selon Savvas Robolis, professeur à l’université d’Athènes Panteion, spécialisé sur les questions de sécurité sociale.

Konstantinos Lionas, 72 ans, aide son fils, qui, après la faillite de son entreprise, doit éponger des dettes importantes.  » En sept ans, ma retraite de commerçant est passée de 1 660  euros à 1 080  euros. Et je ne suis pas le plus mal loti. Comme je suis propriétaire, au moins je ne crains pas de me faire expulser de mon logement. Mais je trouve aberrant de devoir subir encore une nouvelle baisse de mes revenus dans les années à venir comme le prévoit le dernier accord signé par le gouvernement avec les créanciers… J’ai travaillé toute ma vie depuis mes 12 ans, cotisé pour profiter de mes vieux jours, j’ai l’impression d’avoir été floué ! « , s’exclame cet Athénien en colère.

D’après l’association Réseau principal des retraités, les nouvelles mesures, qui ont été votées par le Parlement jeudi, prévoient la diminution en moyenne de 18  % du montant des pensions pour un million de retraités. En mai  2016, le gouvernement du premier ministre, Alexis Tsipras, avait déjà passé une réforme des retraites contestée. Cette loi prévoit de repousser l’âge du départ à la retraite de 62 à 67 ans d’ici à 2022 ; les cotisations sociales pour les professions libérales, les indépendants et les autœntrepreneurs ont été augmentées considérablement et l’allocation de solidarité EKAS pour les retraites inférieures à 700  euros doit être progressivement supprimée d’ici à 2019.

A 95 ans, Christos Papazoglou, pâtissier à la retraite, comptait bien sur la centaine d’euros de cette aide.  » Actuellement, je ne touche que 665  euros par mois et je dois en même temps payer près de 200 euros d’eau, d’électricité, de téléphone, d’impôts… et subir en plus l’augmentation de la TVA sur tous les produits mêmes alimentaires « , soupire le vieil homme, qui, malgré son âge avancé, avait fait le déplacement depuis sa Crète natale pour participer à la manifestation mercredi contre les nouvelles mesures d’austérité.  » Il faut continuer à se mobiliser, nous nous enfonçons dans la misère. J’ai connu la guerre et je ne pensais pas un jour revivre des situations d’appauvrissement comme celle que nous vivons aujourd’hui ! « , s’exclame M. Papazoglou, qui fait des économies sur tout.  » Imaginez-vous qu’il m’arrive de m’éclairer à la bougie ! « , lance-t-il.

Pour Olga Lappas, 82 ans, impossible de protester mercredi. Sa santé l’en empêche.  » Hon-nêtement, nous ne suivons même plus les baisses de retraite, mais de mois en mois ça devient de plus en plus difficile « , note cette ancienne assistante sociale, qui vit dans la banlieue nord d’Athènes et dont la pension a été réduite de 30  % depuis le début de la crise.

 » Nous avons diminué toutes nos dépenses, mais pas celles indispensables à notre santé. Les rendez-vous chez les médecins, les déplacements en taxi, les médicaments, tout cela n’est pas pris en charge par la sécurité sociale. Nous sommes obligés d’aller dans le privé car sinon il faut attendre des mois pour obtenir un rendez-vous. Quant à la personne qui vient nous aider à domicile, nous la payons de notre poche faute d’aide de l’Etat « , explique-t-elle avant d’arriver à ce triste constat :  » Actuellement, nos retraites ne servent qu’à survivre ! « 

Mais ne croyez surtout pas que ces choses-là n’arrivent qu’aux autres et que vous serez épargnés grâce à la politique d’Emmanuel Macron…

D’ailleurs, le Parlement grec a finalement adopté jeudi soir 18 mai les nouvelles mesures d’austérité réclamées par les créanciers, Union européenne (UE) et Fonds monétaire international (FMI). Cette adoption devrait certes permettre le versement d’une nouvelle tranche de prêts internationaux, mais à quel prix humain ?

Les principaux articles de la loi qui comprennent de nouvelles coupes dans les retraites et des hausses des impôts, ont été approuvés par la faible majorité de la coalition gouvernementale, soit 153 députés du parti de gauche Syriza du premier ministre Alexis Tsipras et du petit parti souverainiste ANEL. Sur 281 députés présents, 128 ont voté contre.

En revanche, une grande majorité des députés de tous les partis, de la droite de la Nouvelle-Démocratie aux communistes du KKE, ont voté en faveur de deux articles de cette loi prévoyant la suppression des avantages fiscaux des députés et la réduction de la TVA pour les équipements agricoles de 24 % à 13 %.

Quelques heures avant l’adoption de la loi et alors qu’Alexis Tsipras appelait les députés à voter en faveur de nouvelles mesures, des incidents ont, comme prévu, éclaté devant le Parlementoù des groupes de jeunes ont lancé des cocktails Molotov contre des forces anti-émeutes, qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes.

L’adoption de ces mesures est une condition pour le déblocage d’une tranche de 7 milliards d’euros de prêts internationaux, qui serviront notamment à rembourser quatre milliards d’euros à la BCE le 20 juillet et deux milliards à des investisseurs privés. En d’autres termes, et comme nous le rappelons souvent, les créanciers de la Grèce prêtent au pays de l’argent qui ne sert pas à lui permettre de sortir de ses difficultés mais….à leur rembourser sa dette ! Un mécanisme démoniaque et d’une malhonnêteté sans nom.

Alexis Tsipras espère que le versement de la prochaine tranche de prêts sera décidé lors de la réunion des ministres des finances de la zone euro (Eurogroupe) du 22 mai. Pour quoi faire ?

 
 Le 20 mai 2017.
Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.
 

 

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