Et revoilà les vieux démons de la Quatrième République !*

21 Mai

Tout au long de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron et son équipe ont clamé que La République en marche serait en mesure de présenter, pour les élections législatives, des candidats dans chacune des 577 circonscriptions du pays.

Cette posture à priori inflexible s’est finalement heurtée à la réalité des nécessaires petits arrangements électoraux pouvant permettre quelques unes de ces combinaisons d’appareil qui font les majorités de rencontre : 51 circonscriptions ont été laissées libres, dont une trentaine afin d’accomplir un « geste politique » en direction d’élus qui pourraient être coopératifs à l’Assemblée nationale.

Le nouveau chef de l’Etat envisage en effet à présent de gouverner grâce à la formation d’une coalition, regroupant un bataillon de députés La République en marche, et des groupes d’appui venant de la gauche et de la droite. Une sorte de majorité plastique au-dessus de laquelle règnera le despote en son palais. Tout se met d’ailleurs en place pour ce faire.

Ainsi, plusieurs membres du gouvernement socialiste sortant n’auront aucun candidat de La République en marche à affronter, dans le sillage du traitement de faveur accordé à l’ancien Premier ministre Manuel Valls (Essonne). C’est le cas de Marisol Touraine (Indre-et-Loire), Stéphane Le Foll (Sarthe), Myriam El Khomri (Paris), George Pau-Langevin (Paris) ou encore Ericka Bareigts (La Réunion).  » Elle est pas belle la vie ? « 

«  Le modèle allemand, cette culture du compromis démocrate socialiste, cette culture de coalition, c’est dans cela que je m’inscris « , a même glissé à l’AFP Mme El Khomri, dont l’affiche de campagne portera un magnifique slogan opportuniste  » avec Emmanuel Macron construisons une majorité de progrès  » associé….au logo du PS !

En tout, avec les radicaux de gauche Sylvia Pinel (Tarn-et-Garonne) et Joël Giraud (Hautes-Alpes), et l’écologiste Eric Alauzet (Doubs), M. Macron a tendu la main à une douzaine de candidats de gauche. Même attitude envers une petite vingtaine de candidats Les Républicains et UDI qui serviront de supplétifs à l’Assemblée pour voter les lois.

 » Macron envoie un soutien aux députés qui ont montré qu’ils seraient dans une opposition constructive, ne feraient pas d’obstruction systématique à l’Assemblée et auraient la capacité de voter certains projets « , commente un élu LR qui ne veut  » pas empêcher la réussite du quinquennat Macron « . C’est tout dire et nous rappelle une fois encore ce que nous chantions pendant la campagne présidentielle :

 « Si Macron est élu…c’est cinq ans de foutus ! « 

Parmi les circonscriptions où la droite a donc le champ libre, on retrouve logiquement celle de Bruno Le Maire (Eure), le nouveau ministre de l’Economie, désinvesti par LR après sa nomination au gouvernement. Mais plusieurs de ses proches sont également protégés dans l’Eure-et-Loir, le Bas-Rhin ou le Morbihan.

Candidats, Thierry Solère (Hauts-de-Seine) et Franck Riester (Seine-et-Marne) auront les coudées franches. Et si le Premier ministre Edouard Philippe (Seine-Maritime) mais aussi Xavier Bertrand (Aisne), Christian Estrosi (Alpes-Maritimes), Hervé Mariton (Drôme), Hervé Gaymard (Savoie), Benoist Apparu (Marne) ou Arnaud Robinet (Marne) ne se présentent pas directement, leurs successeurs dans leurs circonscriptions n’auront pas d’adversaire La République en marche. Un simple retour d’ascenseur qui peut toujours servir !

A l’UDI, Yves Jégo (Seine-et-Marne) et Philippe Folliot (Tarn) ont aussi été ménagés. Ce dernier s’est même inscrit en préfecture sous l’étiquette La République en marche…sans en avoir eu l’investiture, a-t-il indiqué à l’AFP.

Enfin, un autre appoint précieux pourrait venir des Outre-mer, où 17 circonscriptions n’ont pas été pourvues. Le parti de M. Macron espère nouer des accords avec des formations locales mieux implantées pour glaner quelques voix supplémentaires à l’Assemblée. Il n’y a pas de petits profits.

Prochaine étape ? Le chalutage des électeurs issus de l’immigration et la boucle sera bouclée.

Le 21 mai 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Qui démontrent que nous ne déversons pas  » une haine incompréhensible contre Emmanuel Macron  » ni que notre  » matériau critique est (seulement) arraché aux intentions supposées du démon-président – tous les verbes sont conjugués au futur – et que si peu concerne le vécu, le palmarès, ni le score des 2/3 « , ainsi que le prétend un billet de l’un de nos amis royalistes. Les faits sont têtus et il faudra bien se rendre à l’évidence. Mais alors ce sera trop tard et nous aurons changé de civilisation.

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