Macron et l’enseignement : ne vous attendez pas à des miracles.

22 Mai

On nous a dit et répété que le programme éducatif du nouveau président de la République est une des  » priorités du quinquennat « . Discours connu car obligatoire depuis 1968 (rendez-vous compte, bientôt cinquante ans soit deux générations !).

Alors, qu’en est-il réellement ?

D’abord sa mesure phare : la réduction à 12 de l’effectif des élèves des classes de CP et CE1, dans les réseaux d’éducation prioritaire (REP) et REP +. Mais aussitôt apparaît une question :  pourquoi 12 élèves ? Pour diviser deux classes de CP de 24 élèves (soit 48 élèves), deux nouveaux professeurs ainsi que deux nouvelles salles de classe seront nécessaires. Le coût de scolarisation par élève sera doublé ! Si ce seuil était fixé à 16, il ne faudrait plus qu’une seule classe supplémentaire (48/16 est égal à 3). L’efficacité d’un tel dispositif en serait-elle diminuée ? Non, bien sûr alors que le coût en professeurs et en espaces supplémentaires serait bien moindre. Mais quelques mauvais esprits ajouteront peut-être :  » pourquoi 12 ? Pourquoi pas tout simplement des cours particuliers de mise à niveau ?  » !

Voici une réponse. Grâce aux moyens économisés en CP et CE1 avec des classes de 16 élèves, il serait alors possible d’appliquer aussi cette mesure aux classes de 6e REP +, pour favoriser la transition souvent difficile entre l’élémentaire et le collège… En sachant cependant qu’aucune de ces mesures ne suffira pour supprimer les difficultés scolaires des élèves les plus faibles. Rappelons en effet que la plupart des élèves de ces réseaux d’éducation prioritaire sont en réalité issus de l’immigration-invasion que l’on continue de qualifier de  » Chance pour la France  » mais dont on devrait avoir appris depuis longtemps qu’elle est inassimilable au sein de notre tissu social, n’aboutissant inexorablement qu’à une acculturation négative des jeunes Français de souche.

Que penser ensuite de la proposition d’Emmanuel Macron d’augmenter la prime annuelle accordée aux enseignants du premier et du second degré qui exercent en REP (de 2 300 à 5 300 euros net), histoire de les motiver davantage ? Cela devrait permettre, nous dit-on, de stabiliser les équipes enseignantes, actuellement marquées par un « turn-over » (mot pseudo-scientifique pour dire que ces malheureux enseignants se lassent rapidement de prêcher dans le désert et de subir les violences que l’on sait) considérable qui altère les possibilités d’action pédagogique efficace.

Cette mesure pose toutefois un problème classique d’effet de seuil : les élèves scolarisés dans les REP ayant un niveau parfois proche de ceux classées REP +, les enseignants en poste en REP dans des équipes également instables ne devraient-ils pas aussi bénéficier d’une prime ? Ou bien, en contrepartie des difficultés rencontrées dans les établissements REP, bénéficier d’un avantage tel qu’un avancement de carrière plus rapide ? Bref, c’est sans fin alors que la vraie question est de savoir ce que font dans nos classes tous ces encombrants venus d’ailleurs…

Reste la question de l’autonomie accordée aux établissements, dans le programme d’Emmanuel Macron et qui est à la fois la plus intéressante (car la plus innovatrice) mais aussi la plus polémique au sein même de l’Education nationale. De façon parfois schizophrénique, une partie des syndicats d’enseignants et des professeurs s’opposent aux directives ministérielles jugées trop contraignantes, souhaiteraient plus de liberté dans l’organisation pédagogique de leur établissement, par exemple pour la mise en œuvre des enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI). Mais, paradoxalement, ils craignent aussi un accroissement de l’autonomie dont ils redoutent un effet inégalitaire bien qu’elle puisse être une façon adéquate de faire face à la diversité des situations locales. Si souvent décriée dans le système éducatif français, cette autonomie est centrale par exemple dans l’école finlandaise, avec le succès que l’on connaît.

Dans le programme Macron, elle est définie de façon très large. Par exemple, chaque établissement pourrait rétablir des classes bilangues dès la 6e, des langues anciennes ou un  » parcours  » européen. Mais cette autonomie élargie supprimerait l’un des points essentiels de la toute récente réforme du collège, qui avait pour but, au contraire, de limiter la diversité de l’offre pédagogique des établissements. Il s’agit là d’un élément d’importance qui était aussi présent dans les programmes éducatifs de Marine Le Pen, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon, tous opposés à cette réforme de Najat Belkacem.

Il y a pourtant un risque : permettre aux établissements de choisir leurs options linguistiques leur donnerait la possibilité de privilégier la scolarité de minorités d’élèves comme , par exemple avec l’enseignement de l’arabe dans certains quartiers.  En ce sens, l’autonomie élargie proposée est tout à fait contraire au modèle finlandais tant vanté, qui repose sur le principe d’établissements qui, en tant que service public, ne sont pas en concurrence les uns avec les autres.

En revanche, plus l’offre est différenciée, plus la concurrence entre les établissements augmente et plus les stratégies de choix des établissements par les parents sont favorisées avec, d’un côté, des établissements au recrutement social plus aisé scolarisant massivement les meilleurs élèves ; de l’autre, des établissements davantage prolétarisés scolarisant des élèves en grande difficulté scolaire. Les données statistiques sont à ce titre éclairantes. Mais n’est-ce pas la meilleure façon d’inverser le risque d’acculturation dont nous parlions plus haut ?

Alors qu’en disent les syndicats de l’Education dite nationale et les utopistes de l’assimilation ? Ils prétendent que l’autonomie des établissements élargie au choix des options va  » accentuer la ghettoïsation déjà considérable de l’école française, augmenter ses fractures, favoriser les sentiments d’exclusion et les ressentiments. » Ajoutant, sans l’avoir démontré, que presque 20 % des établissements privés pratiquent une sélection ethnique : à dossiers scolaires comparables, ceux-ci préfèrent les Pierre et Marie aux Mohamed et Aïcha et créent, impunément, outre des sentiments d’injustice, une inégalité de traitement incompatible avec leur mission de service public. Mais c’est aussi un argument cherchant à nuire à l’enseignement privé comme au bon vieux temps de la  » guerre scolaire « …Car, après tout, est-il anormal que les parents cherchent à tout prix à exfiltrer leurs enfants de la Tour de Babel ?

Alors, les syndicats ont une contre-proposition à l’autonomie élargie du projet Macron. Une autre politique d’égalité des chances scolaires consisterait à ce que les options linguistiques soient davantage implantées dans les collèges socialement mixtes ou délaissés par les catégories sociales aisées, y compris les REP +, afin que ces options favorisent la mixité plutôt que les stratégies ségrégatives des parents. Le but poursuivi par une telle politique de mixité est, comme précédemment, d’améliorer les conditions d’enseignement dans les collèges REP + mais, surtout, d’en réduire le nombre, façon la plus économique et la plus efficace de  » donner plus à ceux qui ont moins « .

Pour tous ces bons apôtres de l’immigrationnisme, comme la mixité urbaine, la mixité sociale des établissements ne peut pas être une option et la tentation du statu quo en matière de ségrégation scolaire serait fatale. Nous promettant même qu’en cas d’échec aujourd’hui une majorité d’électeurs risque de préférer, en 2022, le discours de la haine et de la revanche faute d’une école suffisamment accueillante et porteuse d’avenir pour chaque citoyen.

S’ils n’avaient pas tout fait pour  » faire barrage  » à l’arrêt de toute immigration et au renvoi chez eux de tous ceux qui n’ont rien à faire chez nous, les perspectives seraient sans doute meilleures…Et nous aurions perdu moins de temps.

D’ici là les conflits avec le nouveau gouvernement et, en particulier, son ministre de l’Education dite nationale, Jean-Michel Blanquer, ne vont pas manquer.

Le 22 mai 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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