Et si la fuite de nos cerveaux se faisait désormais sans esprit de retour ?

2 Juin

La France n’a jamais été, au long de son histoire, une terre d’émigration. Les raisons de cet attachement sont diverses mais tiennent indéniablement quelques qualités de notre pays parmi lesquelles un certain art de vivre n’est sans doute pas le moindre.

Pourtant, depuis quelques années, s’installe une triste et fâcheuse tendance chez nos jeunes gens et nos jeunes filles (et particulièrement les plus diplômés) à partir faire ou terminer leurs études dans d’autres pays. Cette situation reflète manifestement et à la fois la dégradation tant de nos filières de formation que de notre tissu social. S’y ajoutent des considérations économiques importantes telles que la baisse du niveau de vie, le chômage endémique, des perspectives de carrière peu rassurantes mais aussi, hélas, le grand effacement de notre culture et de notre mémoire, préalable au grand remplacement des peuples européens.

Cette fuite des cerveaux les mieux façonnés par plus de deux mille ans d’histoire et leur substitution par la misère et l’inculture du monde est non seulement préoccupante mais, disons-le, catastrophique.

Ce phénomène ne serait pas si terrible qu’il apparaît si nous pouvions avoir l’espoir qu’il ne s’agit somme toute que d’un enrichissement au contact de mieux que soi avec un réel projet de retour au pays. Hélas, ce qui fut vrai un temps puis un argument utilisé par nos dirigeants politiques du précédent quinquennat pour…cacher la poussière sous le tapis (lire « De l’hallali…à la lie » :

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/05/18/bulletin-climatique-quotidien-18-mai-2016-de-la-republique-francaise/ et aussi « À propos de la fuite des jeunes cerveaux » :

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2013/08/09/a-propos-de-la-fuite-des-jeunes-cerveaux/), ne l’est plus aujourd’hui. Car, ils sont désormais plus de deux expatriés sur trois à ne plus envisager de revenir en France après l’acquisition de leur expérience professionnelle ailleurs.

Réalisateur de métier, Franck Beugniet a quitté la France en 1988. Direction le Maroc. Au départ, il ne devait rester qu’un an. Il n’est jamais revenu. « Le Maroc est un pays jeune, dynamique, où il n’y a pas d’étiquettes, se félicite-t-il. Cela m’a permis d’entreprendre plein de choses et de porter plusieurs casquettes. » Rentrer au bercail, il n’y songe pas. « Passé un certain temps, c’est quasiment impossible de revenir en arrière. On a perdu tous nos repères, on est déconnecté du réel. » Un hommage du vice à la vertu ?

Beaucoup de Français de l’étranger sont sur la même longueur d’onde. D’après une enquête réalisée en février 2016 par My Expat, spécialiste des transactions immobilières à distance, 46 % d’entre eux disent ne pas envisager un retour dans l’Hexagone prochainement. Dans le baromètre publié en 2016 par Humanis sur « Les expatriés et la protection sociale », la part des Français qui n’envisagent pas de revenir dans les cinq ans atteint même 64 %.

La faute d’abord à la situation économique actuelle. « En effet, le marché de l’emploi est moins dynamique en France que dans la plupart des pays développés, indique Arnaud Vaissié, PDG d’International SOS et président des chambres de commerce françaises à l’international. Les opportunités professionnelles s’avèrent donc plus nombreuses hors de nos frontières. »

Derrière les facteurs conjoncturels se cachent aussi de vraies tendances de fond. A commencer par l’évolution du statut des expatriés français. « Avec l’élévation du niveau d’éducation partout dans le monde, l’accroissement de la ­concurrence et la pression des coûts, les contrats d’expatriés et les détachements se sont raréfiés, constate ainsi François Barry ­Delongchamps, président de l’Union des Français de l’étranger. Aujourd’hui, la plupart de ceux qui partent travaillent sous contrat local, ce qui signifie qu’ils n’ont plus d’obligation de retour. »

Il en va de même pour les créateurs d’entreprise qui se font de plus en plus nombreux : ils représentaient 18 % des expatriés en 2013, contre à peine 10 % en 2003. Presque le double en dix ans. David Fouré, 44 ans, fait partie du lot. « Après avoir migré pendant trois ans en Tunisie et en Suisse, j’ai voulu ouvrir un centre d’appels en France en 2007 », explique-t-il. Une réunion d’information à la chambre de commerce a suffi à calmer ses ardeurs.

« On m’a expliqué qu’il ne fallait pas compter se verser un salaire les cinq premières années. Un discours sûrement réaliste mais très démotivant pour un jeune entrepreneur. » Il s’est rabattu sur la Tunisie, le pays d’origine de sa femme. « J’ai 130 salariés, je gagne très bien ma vie, mais à force, je m’ennuie un peu », témoigne-t-il. Son objectif à terme ? Aller s’installer aux Etats-Unis.

Une course à l’exotisme que tentent de réfréner de plus en plus de grands groupes, comme la Société générale ou Leroy Merlin. « Pour permettre aux expatriés de se remettre dans la culture du siège et de partager leur expérience avec les autres salariés, il faut les obliger, à un moment donné, à se poser. » Encore faut-il qu’ils soient prêts à faire le deuil de leur statut d’étranger et à sortir de l’illusion que tout est mieux ailleurs.

Hélas, ce n’est pas avec la situation économique ou culturelle que leur offre notre pays qu’il y a la moindre chance de les convaincre. Autrement dit, dans le meilleur des cas, c’est une mort lente qui nous menace par disparition progressive de nos valeurs et de nos capacités, remplacées par la viande halal et les razzias.

Mais, rassurez-vous, il y a aussi les attentats terroristes islamiques. C’est plus rapide.

Le 2 juin 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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