Aujourd’hui c’est la gale. Demain, ce sera la peste.

11 Juin

Quelques naïfs croyaient que la gale appartenait à un autre âge, mais en réalité elle est bien présente dans les rues de Paris, transportée dans la capitale par les migrants allogènes et illégaux chaque jour plus nombreux.

Si aucune statistique officielle n’existe à propos de cette maladie, le Haut Conseil de la santé publique avait déjà estimé, à partir des chiffres de vente des médicaments, une augmentation des cas détectés de l’ordre de 10 à 15% entre 2002 et 2010. Dans la « jungle » de Calais, l’Institut de veille sanitaire avait aussi estimé que la gale représentait 20% des diagnostics de recours aux soins entre fin 2015 et mi-2016. Avec le démantèlement (partiel puisqu’ils y reviennent…) de la « jungle » et surtout l’afflux de nouvelles vagues de migrants, ce problème s’est déplacé à Paris. A deux pas de chez vous peut-être !

« On ne va pas réussir à prendre tout le monde. C’est pas possible, on ne peut pas ». En face du campement sauvage de migrants porte de la Chapelle, jeudi 8 juin, Corinne Torre, responsable de la mission France de Médecins sans Frontières, sait que la clinique mobile de Médecins sans frontière (MSF) postée là cet après-midi ne pourra effectuer que 25 à 30 consultations. Depuis le démantèlement de la « jungle » de Calais, MSF, qui avait naïvement cru le gouvernement et clos ses opérations en France, a relancé un projet de clinique mobile pour répondre aux besoins sanitaires à Paris.

Porte de la Chapelle, aux alentours du centre d’accueil pour migrants, de nombreuses personnes dorment dehors, dans des conditions d’hygiène déplorables. Certaines viennent d’arriver, d’autres disent être là depuis un mois, sans une douche ni aucun vêtement de rechange. Mais c’est normal puis qu’ils ont cru ce qu’on leur a raconté : la France, ce pays de cocagne où aussitôt arrivé « on te donne à manger, un logement, des vêtements, du travail, une bagnole et même, pourquoi pas, quelques petites poulettes » !

Le problème, c’est que la gale est très contagieuse. Sa transmission se fait par contact physique fréquent et répété, soit « peau contre peau« , soit par le linge et la literie. Le pôle santé, implanté à l’intérieur du centre de premier accueil de la porte de la Chapelle, a détecté 157 cas de gale depuis son ouverture en novembre 2016, selon Bruno Morel, directeur général d’Emmaüs Solidarité. Chez les migrants qui dorment à l’extérieur, la clinique mobile de MSF en a décelé 164, sur les quelque 1 300 consultations effectuées depuis fin décembre. Si, en moyenne, plus d’un dixième des consultations mènent à un diagnostic de gale, les professionnels de santé disent en compter de plus en plus. « Aujourd’hui, cela correspond à un tiers des consultations », avance même le docteur Mondane Berthault, qui réalise toutes les consultations à la clinique mobile.

Au centre de premier accueil, le pôle santé dispose quant à lui d’une douche médicalisée et, en cas de gale, « on leur donne des vêtements propres (On le leur avait bien dit !), s’ils ont déjà été hébergés on change leurs draps et on leur donne un traitement médicamenteux », explique Bruno Morel, d’Emmaüs Solidarité. Ces dispositifs s’avèrent efficaces, à condition que les personnes soient hébergées. Pour les migrants à la rue, c’est une autre histoire.

« Soigner une gale dans la rue est illusoire », assène le docteur Abdou Goudjo. D’abord, parce qu’un traitement minimal de la gale requiert deux cures, pour être sûr que la maladie ne se réinstalle pas. « C’est une population très mobile, pour le suivi médical c’est très compliqué », explique ainsi le docteur Berthault. « La seule chose qu’on peut faire, c’est leur donner la double dose de médicaments et leur expliquer de les reprendre à huit jours d’intervalle« . Ce qu’en général ils ne font pas, d’où la chronicité du phénomène sans fin.

Un traitement efficace de la gale suppose aussi que les patients changent intégralement de vêtements. Mais souvent, ils ne possèdent que les habits qu’ils portent sur la peau. « L’idéal serait qu’ils puissent laver leurs vêtements, faire bouillir leurs draps… mais dans ces conditions, c’est utopique », observe le docteur Berthault.

Une gale non, ou mal, traitée peut provoquer de graves complications à force de grattements. Surtout quand, comme le souligne Mondane Berthault, « ils n’ont pas pu se laver depuis des jours et ils ne peuvent pas se couper les ongles, devenus longs et sales ». Une fois de telles infections installées, il faut absolument avoir recours à des antibiotiques, sans quoi on s’expose à une surinfection, de type staphylocoque notamment. Mais qui paie ces traitement coûteux ?

Des bénévoles d’Utopia 56 tentent de remédier au problème en fournissant de nouveaux vêtements aux nécessiteux. Mais même si un patient réussissait à se débarrasser de la gale, s’il retourne dans un camp sauvage où le parasite circule, il sera à nouveau exposé. Ce qui démontre que la meilleure solution…c’est le retour au village ou au bled.

Résultat : sans perspective de diminution du nombre de migrants, la problématique de la gale est partie pour durer longtemps. Très longtemps. Suffisamment longtemps pour contaminer tout l’environnement. Le 9 mai, 1 609 personnes ont été évacuées dans le 18e arrondissement, mais les campements sauvages se sont aussitôt à nouveau gonflés de migrants. « Depuis un mois, c’est de pire en pire, estime Corinne Torre, aujourd’hui on est à 500 personnes qui dorment aux alentours de la porte de la Chapelle. […] Avec l’été, cela va être démultiplié. Je suis assez inquiète par la situation », ajoute-t-elle en regardant le campement depuis le trottoir opposé. Depuis la mythologie grecque, ça porte un nom : L’HYDRE DE LERNE.

« La situation sanitaire soulève des questions quant à la qualité de l’action publique, mais les soignants, eux, n’y peuvent rien. Sans volonté politique, rien ne se fera », constate le docteur Abdou Goudjo qui n’en peut mais et se dit qu’il aurait peut-être mieux fait de rester, lui aussi, dans son Afrique natale ! Même conclusion du côté de Médecins sans Frontières, qui alerte les autorités publiques au sujet de la gale depuis des mois, sans que rien n’ait été fait. Pour Corinne Torre, « il faut que l’Etat prenne ses responsabilités ».

« Compte la-dessus et bois de l’eau fraîche…« , disait ma grand-mère.

Le 11 juin 2017.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

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Une Réponse to “Aujourd’hui c’est la gale. Demain, ce sera la peste.”

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  1. conseil dans l’espérance du roi :Aujourd’hui c’est la gale. Demain, ce sera la peste. | actualitserlande - juin 12, 2017

    […] Aujourd’hui c’est la gale. Demain, ce sera la peste. […]

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