LR (Les Républicains) : le temps des renégats.

20 Juin

Il y eut le temps du marais avec le ralliement de François Bayrou à Emmanuel Macron, récompensé par un poste ministériel prestigieux mais…provisoire (Lire « François Bayrou, perpétuel candidat et éternel perdant » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/06/20/francois-bayrou-perpetuel-candidat-et-eternel-perdant/). Il y eut aussi le temps des socialo-macroncompatibles avec Gérard Collomb, Jean-Yves Le Drian (également récompensés par des postes ministériels prestigieux) et même quelques-uns qui l’étaient moins mais auxquels il ne fut opposé aucun candidat de La République en Marche aux législatives, pour leur permettre une élection facile et une nouvelle prébende en remplacement de leur précédent maroquin. Manuel Valls en est la caricature.

Et puis il y a les députés de la fausse droite parlementaire, issus des Républicains mais qui ont choisi d’aller à la soupe macroniste, histoire de ne pas trop perdre des ors de la République. Ils s’auto-désignent sous le vocable burlesque de  » les constructifs  » mais entendez plutôt  » les renégats  » (ce qui sied bien mieux à leur origine L R !).

A la manœuvre, Thierry Solère, Franck Riester et tout le groupe des prétendus modérés qui, eux non plus, n’ont pas eu de candidats La République en marche (LRM) face à eux. Toute la journée de lundi, ils ont téléphoné à certains de leurs collègues avant de se réunir dans la soirée. Objectif : se compter pour voir s’ils sont assez pour constituer un groupe et s’affranchir de leur parti. Mardi matin, M.  Solère n’a pas caché ses ambitions sans être définitif.  » Nous travaillons à cela en ce moment et je crois que l’on est assez nombreux, on est largement plus de quinze « , a-t-il assuré sur France Inter, en expliquant qu’il voulait encore rencontrer d’autres parlementaires. Les ministres Gérald Darmanin et Bruno Le Maire, qui avaient depuis longtemps vendu leur âme contre un plat de lentilles, ont eux aussi contacté des députés LR, pour les convaincre de suivre leur exemple

En nommant trois ministres de droite et en protégeant certains candidats de LR, le nouvel exécutif a réussi à perturber la campagne législative de la droite et à réveiller les clivages idéologiques de cette vieille famille politique. Depuis lundi matin, la fausse droite est donc en ébullition. L’objectif étant de rassembler le plus de monde possible.

Mais une opération pas si simple. Car le résultat des élections législatives n’a pas été favorable à ces fameux  » constructifs  » qui souhaitent voter la confiance au gouvernement, puis travailler main dans la main avec le premier ministre, Edouard Philippe, l’un des meilleurs amis de M. Solère. Si les candidats protégés ont presque tous été élus (MM. Solère et Riester, Laure de la Raudière, Yves Jégo, Pierre-Yves Bournazel, Marine Brenier), d’autres sont tombés (les juppéistes Maël de Calan et Gilles Boyer, Nathalie Kosciusko-Morizet). La fausse droite juppéiste en particulier, a priori plus  » macroncompatible « , a très mal vécu le second tour des élections législatives : aucun des candidats LR n’a été élu en Gironde, terre d’élection de l’ancien premier ministre de Jacques Chriac, seulement un en Charente-Maritime.

Même s’ils affirment toujours être entre 20 et 30, le second tour, qui a abouti à un plus grand groupe LR que prévu (113 députés), les a rendus plus minoritaires à droite. Depuis dimanche soir, ces renégats ont ravalé quelques ambitions. Ils ont par exemple renoncé à prendre les commandes du groupe en abandonnant le projet de faire élire Thierry Solère.  » Ils sont dans la pire des situations : En marche ! a la majorité absolue sans le MoDem et n’a pas besoin d’eux. L’UDI peut faire un groupe sans eux, et le groupe LR survivrait largement à leur départ « , commente un proche de Christian Jacob, ancien président du groupe, probable candidat à sa succession.

Incapable de prendre le contrôle du groupe, il leur reste la possibilité de rompre avec la droite historique et de quitter la navire. Créer leur propre groupe leur permettrait d’avoir les mains libres et de glaner quelques postes au sein de l’Assemblée comme une éventuelle vice-présidence. Cela constituerait aussi une manière de renvoyer l’ascenseur au gouvernement d’Edouard Philippe qui a protégé leur campagne. Lequel apprécierait de voir des députés de droite voter la confiance. Ils doivent se décider avant le 27  juin à 18  heures, veille de l’élection à la présidence de l’Assemblée. Mais les choses se décanteront sans doute plus vite. Car s’ils restent dans le groupe historique, ils devront s’y inscrire avant mardi 20  juin dans la soirée pour participer à l’élection de son président. Saint-Pierre en sait quelque chose, ce n’est pas si simple de renier sa foi !

Un groupe, d’ailleurs, au sein duquel ils ne sont plus vraiment les bienvenus. Dès dimanche soir, certains ténors ont sorti les couteaux.  » Ils se vendent pour un plat de lentilles, c’est vieux comme l’antique « , déplore Jean-François Copé, maire de Meaux. Certains imaginent même Thierry Solère manipuler tout le monde pour briguer le perchoir.

D’autres agitent déjà l’idée d’une exclusion :  » Ceux qui, par leur comportement, nous ont fait perdre des députés n’ont plus leur place dans notre famille politique « , a déclaré Eric Ciotti (Alpes-Maritimes), lundi 19  juin, sur France Inter, avant d’attaquer ceux  » qui ne se sont pas vu opposer de candidat – LRM –  » :  » Ils ont un lien de dépendance qu’ils doivent clarifier.  » Bernard Accoyer, secrétaire général de LR, est aussi très clair :  » Quand on est dans l’opposition, par principe de construction on ne vote pas la confiance au gouvernement. «  Enfin, la masse des élus n’a pas beaucoup apprécié de mener une campagne compliquée alors qu’eux étaient protégés.  » Ils installent un clivage en se décrivant comme les intelligents contre les gros beaufs qui s’opposent. Forcément, ils énervent beaucoup de monde « , lâche un député. Qui, avouons-le, n’ont pas tort.

La situation semble inextricable. S’ils ne créent pas leur groupe autonome, les  » constructifs  » ne veulent pas du tout rester dans un groupe dirigé une nouvelle fois par Christian Jacob. Le député de Seine-et-Marne a commencé sa campagne pour être réélu à la présidence du groupe.  » En termes de renouvellement, c’est quand même très moyen. Et on met Gilles Carrez à la présidence de la commission des finances ? Marc Le Fur à une vice-présidence ? Il y a un moment où il faut dire aux électeurs que l’on a compris le message « , confie un député macroniste. Ceux-là non plus n’ont pas complètement tort.

Lundi, une solution médiane se dessinait avec l’hypothèse d’une candidature de Damien Abad à la tête du groupe.  » Je peux être un trait d’union entre ces deux droites. Je veux une opposition constructive mais très vigilante et j’ai eu une candidature En marche ! face à moi « , estime le député de l’Ain, âgé de 37 ans, qui sert de lien entre les  » constructifs  » et les nombreux députés qui veulent préserver l’unité du groupe.

Coincés entre la ligne des opposants systématiques et celle des  » macroncompatibles « , la plupart des députés LR sont déjà très agacés par l’ambiance délétère qui les attend à Paris. La plupart souhaitent trouver une voie médiane.  » Une opposition frontale ne m’irait pas, les choses ont trop évolué. Mais un vote de confiance, cela signifie une adhésion à tout un projet. Nous pouvons trouver une troisième voie. Mais pas une quatrième ou une cinquième, car on arriverait à une atomisation sans issue « , conclut Philippe Gosselin, député de la Manche.

En vérité, aucun n’a encore compris que la seule solution, claire et efficace, est dans la constitution d’un grand parti de droite. De vraie droite, identitaire et patriote, qui fasse l’union de toutes les droites actuelles, sans exclusion ni exclusive.

ON PEUT RÊVER, NON ?

Le 20 juin 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

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3 Réponses to “LR (Les Républicains) : le temps des renégats.”

  1. conseilesperanceduroi juin 20, 2017 à 8:00 #

    Lire, sur le sujet l’intéressant entretien donné ce jour au Figaro par Bruno Mégret :
    http://www.lefigaro.fr/politique/2017/06/20/01002-20170620ARTFIG00273-bruno-megret-le-nom-le-pen-reste-un-blocage-dans-la-conquete-du-pouvoir.php

  2. Conseil dans l'Espérance du Roi juin 21, 2017 à 2:20 #

    Mais nous rêvions effectivement puisque, pour le moment, l’heure est à la division chez Les Républicains. Quelques propositions de postes ministériels par Emmanuel Macron n’en seraient-elles pas la cause ?

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