Chronique d’une imposture annoncée : mais que va faire Emmanuel Macron dans cette galère ?

22 Juin

Auréolé d’une incroyable victoire à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron apparaît à ses pairs du Conseil européen, qui se réunissent dès ce soir à Bruxelles, comme le tombeur de Marine Le Pen et celui qui a sauvé l’Europe du Front national. Qui plus est, déjouant tous les pronostics, il a su se doter d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale, et il jouit de plus de pouvoirs – régime présidentiel oblige – que la plupart des autres dirigeants de l’UE. « Les Européens sont reconnaissants à Emmanuel Macron d’avoir arrêté le train du populisme », se réjouit un diplomate spécialiste des arcanes bruxellois. Confirmant ainsi que la terreur des européistes n’est pas telle ou telle crise économique ou financière, la faillite de tel ou tel des Etats de l’Union ou bien encore la peste ou le choléra. Non, la terreur des européiste…c’est «  le train du populisme  » ! C’est-à-dire la révolte des peuples européens contre la super-classe mondiale, le mondialisme et le retour des Grandes Invasions barbares. Et, par conséquent, la perte de leurs prébendes.

Emmanuel Macron marchant sur les eaux…

« Macron est attendu à Bruxelles comme le fut Tony Blair à Amsterdam en 1997, se rappelle un autre diplomate. Il était jeune, brillant, il faisait du vélo plus vite que tout le monde… Une personnalité nouvelle qui veut donner des signaux forts, cela ne peut qu’engendrer une dynamique politique positive. » D’ailleurs, le président français n’a pas attendu ce rendez-vous bruxellois pour pousser ses pions, en pariant d’emblée sur un lien renouvelé avec Berlin, en multipliant les rendez-vous bilatéraux avec les dirigeants estonien, espagnol, néerlandais et britannique. Et en tentant d’influer sur l’agenda législatif communautaire, avec une proposition française de refonte de la directive sur le travail détaché – une priorité de l’Elysée – dès la fin mai.

Il devrait surtout chercher à imposer ses préoccupations commerciales, son autre priorité avec la lutte contre le dumping social. Paris a beaucoup fait pour réorienter les conclusions du Conseil dans ce sens. Ces dernières devraient « inviter » la Commission européenne à réfléchir sur un mécanisme européen de surveillance des investissements étrangers dans l’UE.

Mais, ces initiatives sont loin de faire l’unanimité car, sur les sujets commerciaux, le soutien allemand n’est pas évident. Berlin reste préoccupé par les intérêts des groupes allemands en Chine et n’a aucune envie d’envoyer le signal d’une Europe protectionniste au reste du monde, alors que, depuis l’élection de Donald Trump, l’UE dispute à Pékin le statut de leader du libre-échange.

Les Allemands ne sont pas les seuls à faire preuve de prudence sur cette question. « L’Europe est très divisée sur sa manière d’appréhender la globalisation », confirment plusieurs diplomates bruxellois. Danois, Suédois, Néerlandais, Irlandais ou Baltes prônent ainsi des marchés les plus ouverts possible.

Par ailleurs, les pays de l’Est sont contrariés par les velléités françaises de muscler la révision en cours de la directive sur le travail détaché, qu’ils considèrent à visée purement protectionniste. Les propos de M. Macron concernant l’Etat de droit, dans un entretien avec plusieurs journaux européens jeudi, pourraient rendre le dialogue encore plus difficile avec la Hongrie et la Pologne, en guerre ouverte avec Bruxelles.

En réalité, le vrai sujet d’inquiétude à nos yeux concerne les propositions du président français sur la zone euro, d’autant qu’elles paraissent (pour le moment…) soutenues par la chancelière allemande, Angela Merkel.

« Nous pouvons très bien réfléchir à un ministre commun des finances », a notamment déclaré Angela Merkel, mardi 20 juin, devant un parterre de chefs d’entreprise réunis, à Berlin, à l’occasion de la Journée de l’industrie allemande. « Nous pouvons très bien réfléchir à un budget de la zone euro, s’il est clair qu’il sert à en renforcer la structure générale et à faire des choses qui ont du sens », a-t-elle poursuivi.

Sur le fond, les propos de Mme Merkel ne sont pas nouveaux. Ils s’inscrivent dans la droite ligne de ceux qu’elle a prononcés lors de la première conférence de presse qu’elle a tenue aux côtés de M. Macron, quand celui-ci a été reçu à la chancellerie, le 15 mai, au lendemain de son entrée à l’Elysée. En cela, ils confirment sa volonté de voir aboutir les travaux engagés par le groupe de travail constitué après l’élection de ce dernier et chargé de faire des « propositions concrètes pour progresser dans l’intégration de la zone euro ». C’EST-À-DIRE TRÈS EXACTEMENT CE DONT NOUS NE VOULONS PAS !

Un groupe de travail qui devra remettre ses conclusions avant le prochain conseil des ministres franco-allemand, prévu le 13 juillet à Paris, et qui est censé faire des propositions dans quatre domaines : la « convergence fiscale » (avec, pour « priorité », la question de l’impôt sur les sociétés), la « coordination des politiques économiques », les « initiatives qui peuvent être prises en matière d’investissements » et « l’accélération du chantier institutionnel », thème cher à M. Macron, dont le programme prévoit « un budget de la zone euro voté par un Parlement de la zone euro et exécuté par un ministre de l’économie et des finances de la zone euro ». UNE VRAIE FOLIE. Du genre de celles que nous avons connues aux beaux jours du communisme :  » le communisme est en échec ? C’est parce qu’il faut davantage de communisme… » Et ça donne :  » l’euro est un échec ? C’est parce qu’il faut davantage d’euro…« 

Quelques jours après le second tour des élections législatives françaises, les dernières déclarations de Mme Merkel n’ont cependant rien de fortuit. Pour la chancelière, dont le plus proche collaborateur, Peter Altmaier, a tweeté, dimanche soir, en français : « Félicitation cordiale ». Avant d’ajouter, en allemand : « la France a maintenant un président fort avec une majorité forte au Parlement. Bon pour l’Europe et pour l’Allemagne. » Le message est clair : face au nouveau président français, qui se présente comme le champion de la « refondation » de l’Europe, Berlin n’entend pas apparaître en retrait, mais compte bien au contraire participer pleinement à cette « impulsion », selon le terme employé par Mme Merkel, le 15 mai, lors de sa rencontre avec M. Macron. Plus opportuniste qu’Angela Merkel, tu meurs ! (Lire »Les Allemands sont des pleutres » :

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/06/19/les-allemands-sont-des-pleutres-cest-le-signe-de-leur-prochaine-disparition/).

Lui serrera-t-il la main ?

En cela, les dernières déclarations de la chancelière doivent être interprétées comme « un signe de sa volonté d’aller de l’avant et du fait que ces nouvelles avancées ne peuvent se faire que dans la coopération très étroite avec la France », décrypte une source gouvernementale allemande. « Il y a la conviction, à Berlin, que la dynamique ne peut se faire qu’à partir d’un accord très fort entre l’Allemagne et la France, même si, à terme, l’idée n’est pas de rester dans le pur franco-allemand et que la réflexion sur l’approfondissement de la zone euro doit être élargie à d’autres pays », poursuit cette dernière.

Reste à évaluer la portée exacte des propos de Mme Merkel. A trois mois des élections législatives allemandes du 24 septembre, lors desquelles elle briguera un quatrième mandat de chancelière, celle-ci a manifestement l’intention de ne pas laisser son adversaire, le social-démocrate Martin Schulz, profiter de son statut d’ancien président du Parlement européen pour se présenter comme le seul défenseur d’une politique européenne ambitieuse. Il pourrait donc bien y avoir un petit calcul germano-germanique dans cette sollicitude vis-à-vis d’Emmanuel Macron.

D’un autre côté, Mme Merkel, que les sondages donnent largement favorite, sait qu’elle ne peut s’avancer sur ce terrain qu’avec prudence. D’où sans doute le fait qu’elle ait tenu à préciser, mardi, que la création d’un poste de ministre des finances de la zone euro ne pourrait se faire « que si certaines conditions sont remplies ».

La formule est elliptique mais, selon un haut fonctionnaire allemand proche du dossier, elle signifie clairement que « ce pas en avant dans l’intégration de la zone euro ne peut se faire que si tous les partenaires sont sérieux, en particulier sur le plan budgétaire ». Suivez son regard…au moment où les difficultés du gouvernement français face à la dette publique cachée sous le tapis par ses prédécesseurs sont très inquiétantes.

Une façon de dire aussi que, si Mme Merkel se montre aujourd’hui ouverte à relance de la dynamique européenne, y compris en acceptant une révision des traités, comme elle l’a laissé entendre le 15 mai, elle reste avant tout une conservatrice allemande. Autrement dit une dirigeante soucieuse avant tout, pour le moment, de ne prendre aucune initiative susceptible de froisser son électorat et de mettre en péril ses chances de se faire réélire à l’automne.

Un combat de titans ou simplement…de catcheurs sous la férule des bookmakers ?

Le 22 juin 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

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2 Réponses to “Chronique d’une imposture annoncée : mais que va faire Emmanuel Macron dans cette galère ?”

  1. Hervé J. VOLTO juin 25, 2017 à 8:02 #

    Voici enfin révéler l’arcane des choses : Emmenuel Macron est le tombeur de Marine Le pen et donc le sauveur de la maçonnerie euro-mondialisante.

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  1. Chronique d’une imposture annoncée : mais que va faire Emmanuel Macron dans cette galère ?-conseil dans l’espérance du roi | actualitserlande - juin 23, 2017

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