Nous aurons tout connu, même la boboïsation de la lutte contre le SIDA !

23 Juin

Les chiffonniers de Calcuta ont eu Sainte Teresa. Les sans-logis de France et de Navarre ont eu l’abbé Pierre. Les sidaïques de Paris ont le bonheur d’avoir Eve Plenel pour leur offrir l’amour et la compassion qu’ils attendent.

Eve Plenel. Une vraie image pieuse !

Disons-le tout de suite, Eve est la fille d’Edwy, ancien directeur du Monde et fondateur du site Mediapart mais aussi celle de Nicole Lapierre, sociologue et auteur à succès (tous deux anciens trotskistes patentés). Depuis une dizaine d’années, Eve Plenel met toute son énergie dans la lutte contre le sida étal récompense arrive : elle vient d’être nommée à la coordination de « Paris sans sida« , ce nouveau projet lancé par la maire de Paris, Anne Hidalgo-qui-n’en-rate-jamais-une, à l’instar de ce qui se fait à San Francisco ou à New York.

Avec elle, on est loin des pionniers qui brisaient les tabous ou des premiers activistes dont la maladie façonnait le visage. «D’avoir envie comme elle a envie, c’est magnifique. Que les gens de notre âge s’effacent et laissent la place, c’est la meilleure chose qui puisse arriver», prétend Christophe Martet, président d’Act Up dans les années noires. «Elle connaît son sujet, et elle est engagée.» Voilà, c’est dit !

Il paraît même que l’image de carte postale n’en a que plus de mérite car elle a eu une «enfance bourgeoise, confortable, intellectuelle et parisienne». Entendez…BOBO.

Dans l’appartement familial, défilent les figures de la gauche extrême. «Je ne peux nier que j’ai grandi dans un bain militant.» Quand on lui fait remarquer que l’enjeu est parfois de ne pas répéter l’histoire familiale, elle répond aussitôt : «Vous avez remarqué que je ne suis pas engagée dans des partis politiques, et que c’est aussi un engagement professionnel que j’ai choisi.» Certes… mais c’est grâce à ses parents que l’adolescente va rencontrer ceux qui vont la marquer et, disons-le, lui mettre le pied à l’étrier. Car, dans ce monde de réseaux…le réseau, ça compte !

Alors quid de ses « parrains » «Il y a Isabelle Saint-Saëns, une des personnes les plus incroyables que j’ai pu connaître, c’est elle qui m’ouvre, dès 1995, sur les mouvements de sans-papiers, la cause des sans-droits, avec l’église Saint-Bernard, tous ces mouvements des années 90, parmi lesquels Act Up a joué un rôle déterminant.» Deux autres figures l’ont marquée. Alain- Emmanuel Dreuilhe est un ami de la famille, mort du sida en 1988 et auteur d’un très beau livre sur la maladie, Corps à corps, édité par Edwy Plenel. Et il y a bien sûr Daniel Bensaïd, l’un des leaders de l’extrême gauche, trotskiste de toujours. Très proche de son père, il était malade du sida, ne le cachait pas mais ne le disait pas non plus. «Il n’en a jamais fait un combat politique, et c’est dommage car cela aurait eu de l’impact», ose Eve Plenel.

La voilà donc choyée mais, comme souvent dans ces cas, peu de résultats universitaires. Certes il y a bien un bref passage à Sciences-Po mais après ce sera seulement le militantisme : Act Up, la Cimade, et même le CentQuatre, ce lieu culturel incertain dans l’Est parisien. Puis elle dirige l’Association de recherche, de communication et d’action pour l’accès aux traitements (Arcat) qui, dans l’histoire du sida, a toujours adoré les experts… Elle y gagne tout de même 3000 euros par mois à ne pas faire grand chose. Aujourd’hui, Eve a deux enfants, vit avec un spécialiste des sciences politiques, spécialiste de la police et de la justice, qui se situe bien sûr à la gauche de la gauche. Et la petite famille habite à Berlin. Bobo vous dis-je. Et bobo friquée.

N’est-ce pas un brin gênant quand on dirige une association de terrain, et que l’on vient d’être nommée à la tête de « Paris sans sida » ? «C’est un mi-temps, et, en plus, je suis souvent à Paris», vous répond-elle. Eve Plenel est ainsi. «C’est peut-être, ce qui lui manque, elle n’est pas dans l’inquiétude», lâche quelqu’un qui chemine aussi dans ce milieu de jeunes intellos et d’universitaires de gauche. Mais est-ce si anormal quand on est à l’abris de tout ?

Pas dans l’inquiétude ? Nous, si !*

Car la contamination reste massive chez les homosexuels masculins. Et, à Paris, 9 nouveaux cas sur 10 viennent d’une contamination chez les gays et les Africains. «Au Checkpoint, on annonce des séropositivités tous les jours. On l’annonce à de très jeunes hommes, qui tombent des nues, comme s’ils découvraient le sida», avoue d’ailleurs Eve Plenel.

 
Passe encore pour le dépistage (une évidence vis-à-vis de tous ceux qui sont exposés mais ne le pratiquent pas) et l’accès au traitement (bien que nous ayons des réticences à accepter de traiter avec des médicaments très coûteux, pris en charge par la collectivité, des gens qui vivent la plupart du temps dans une inconscience folle). Sur ce dernier point, il est vrai que les progrès sont là avec, non seulement les molécules les plus modernes, mais aussi des traitements à longue durée d’action (au lieu de prendre un comprimé par jour, on propose de prendre un traitement toutes les quatre semaines). Cela peut être un outil intéressant pour la prévention. D’autant qu’une personne bien traitée ne transmet plus le virus.

 En revanche, il faudrait qu’on nous explique la PrEP !

Cette prétendue « stratégie de prévention » (PrEP : Pre-Exposure Prohylaxis), réside dans l’utilisation d’un médicament (le Truvada) qui, s’il est pris avant une exposition potentielle au VIH, diminue de près de 90% le risque d’être infecté, selon l’APHP.

 » La PrEP est un nouvel outil de prévention face au sida, avec le préservatif « , insiste pourtant Jean-Michel Molina, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Louis, à Paris. 

Ce médicament est composé de deux antirétroviraux. Pris avant puis quelques heures après un rapport sexuel non protégé, il va gêner l’installation du virus en cas d’introduction dans l’organisme, limitant ainsi le risque de contamination. 

La PrEP ne doit pas être confondue avec le TPE, le traitement post-exposition qui doit être pris, lui, dans les 48 heures après un rapport à risque, et qui dure un mois. Là où le TPE pourrait être comparé à une « pilule du lendemain » du VIH, la PrEP pourrait être comparée, elle, à une pilule contraceptive. Le rêve quoi !

Mais le hic c’est que, dans cette affaire de « folles« , les écervelés sont légions. Résultat, les candidats à la contamination se croyant désormais invincibles, abandonnent de plus en plus l’usage des préservatifs. Et, résultats du résultat :

1/ la propagation de la maladie est repartie à la hausse (puisque la protection par le Truvada n’est pas absolue et que, en plus, ils s’en servent souvent en dépit du bon sens),

2/ les autres maladies dites sexuellement transmissibles explosent…Qu’elles soient microbiennes ou parasitaires).

Une sorte d’arroseur arrosé moderne et infectiologique. Et ce n’est pas la dernière affiche de propagande dans ce domaine qui va nous rassurer :

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

* Lire « Retour obligé sur l’épidémie de sida » : 

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/12/08/retour-oblige-sur-lepidemie-de-sida-en-france/

Publicités

Une Réponse to “Nous aurons tout connu, même la boboïsation de la lutte contre le SIDA !”

Trackbacks/Pingbacks

  1. Nous aurons tout connu, même la boboïsation de la lutte contre le SIDA !-conseil dans l’espérance du roi – actualités.erlande - juin 25, 2017

    […] Nous aurons tout connu, même la boboïsation de la lutte contre le SIDA ! […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :