Billet d’humeur du sieur Du Plessis : Les amis de mes amis sont-ils vraiment mes amis ?

29 Juin

Après le Louvre et les siècles qui le contemplèrent du haut de sa pyramide, Emmanuel Macron adore Versailles. Comme nous. Mais est-ce pour les mêmes raisons ? Il ne nous l’a pas encore dit, alors nous serons patients…

Il sera bientôt au château pour la deuxième fois en l’espace d’un mois. Après avoir reçu son homologue russe, Vladimir Poutine, en grande pompe dans la galerie des Batailles du château, le 29  mai, Emmanuel Macron s’exprimera avec solennité devant le Parlement réuni en Congrès, lundi 3  juillet, pour fixer une feuille de route pour les cinq ans à venir. Faut-il lui faire lire ce que nous écrivions hier ( « Chronique d’une imposture annoncée : nous prenons date » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/06/29/chronique-dune-imposture-annoncee-nous-prenons-date/), au risque de le désenchanter ?

A travers les parlementaires, c’est en réalité aux Français que le chef de l’Etat, élu le 7  mai, souhaite s’adresser. Contrairement à ses prédécesseurs, qui avaient répondu à des invitations médiatiques rapidement après l’élection présidentielle, M.  Macron ne s’est pas exprimé depuis son arrivée à l’Elysée, à l’exception d’une longue interview consacrée à l’Europe accordée à plusieurs quotidiens européens.  » Le président ne peut pas rester sur son Aventin, reconnaît-on à l’Elysée. Il ne peut pas s’occuper exclusivement de l’international et du régalien. Il souhaitait s’adresser aux Français avant la trêve estivale.  » Surtout qu’il va falloir rapidement annoncer quelques changements dans son programme précédemment électoral…

Mais M. Macron entend choisir son mode de communication : seul à une tribune et en majesté, loin des médias et sans contradiction possible.  » Nous nous sommes interrogés sur la forme que pourrait prendre l’intervention, mais son penchant était d’aller vers la forme la plus solennelle « , explique-t-on dans son entourage. Mercredi 28  juin, la présidence a ainsi fait savoir que le président de la République n’accordera pas non plus d’interview télévisée le 14-Juillet, comme avaient coutume de le faire ses prédécesseurs depuis Valéry Giscard d’Estaing, à l’exception de Nicolas Sarkozy qui, rupture oblige, avait lui aussi choisi de s’exonérer de ce rituel médiatique.

M.  Macron s’offre ainsi le moyen d’échapper à des questions, notamment sur les affaires qui ont entaché son début de quinquennat. «  Il n’y a pas de refus d’obstacle avec la presse « , jure-t-on pourtant à l’Elysée, où l’on fait valoir sans rire que la  » pensée complexe  » du président se prête mal au jeu des questions-réponses avec des journalistes.

Le faste et la solennité du château de Versailles doivent rappeler ceux du discours sur l’état de l’Union, prononcé chaque année par le président des Etats-Unis devant la Chambre des représentants et le Sénat. Un exercice que M. Macron pourrait d’ailleurs répéter tous les ans. Indépendamment de ce rituel à venir, le projet de loi de moralisation de la vie publique, qui nécessite une révision de la Constitution, devrait imposer bientôt un autre Congrès.

Mais son adresse intervient aussi à la veille du discours de politique générale du premier ministre, Edouard Philippe. Comme le prévoit l’article  49 de la Constitution, le chef du gouvernement s’exprimera le 4  juillet devant l’Assemblée nationale (et le Sénat, via un texte lu par le numéro deux du gouvernement). Ce discours sera suivi d’un vote de confiance.  » Le discours de politique générale, c’est LE moment du premier ministre, rappelle Chloé Morin, ex-conseillère à Matignon et directrice de l’Observatoire de l’opinion à la Fondation Jean-Jaurès. Convoquer un Congrès avant est une humiliation terrible pour le chef du gouvernement.  » A laquelle il faut ajouter que c’est aussi un message clair envoyé aux 313 nouveaux députés de LRM : le chef de la majorité n’est pas le premier ministre, mais bel et bien le président de la République dont ils procèdent. Mais qui, de ce fait ne peut prétendre être  » le président de TOUS LES FRANÇAIS « .

Même indignation du côté du président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, qui a pourtant formé un groupe parlementaire avec les «  constructifs  » de LR, prêts à soutenir l’exécutif. Le député de Seine-Saint-Denis a annoncé mercredi qu’il ne se rendrait pas à Versailles.  » C’est inutile et ça coûte cher. Ça rabaisse le gouvernement. Le président de la République n’a pas besoin de nous pour sa com « , a tweeté M. Lagarde pour justifier son boycott. Idem chez Jean-Luc Mélenchon.

A Matignon, on fait mine de ne pas s’émouvoir de cette mise en scène. Mais Edouard Philippe serre déjà les dents et avale en silence son chapeau !

Le 29 juin 2017.

Du Plessis.

Post scriptum : en tout cas, nous avons beaucoup ri devant cet article paru chez nos amis de La Charte de Fontevrault que nous remercions à cet effet

https://chartedefontevraultprovidentialisme.wordpress.com/2017/06/29/dieu-na-pas-interdit-de-sourire-peux-ton-rire-de-tout-non-seulement-des-francais-de-souche-29-juin-2017/

 

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  1. Billet d’humeur du sieur Du Plessis : Les amis de mes amis sont-ils vraiment mes amis- conseil dans l’espérance du roi – sourceserlande - juin 29, 2017

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