Un bon conseil : allez vivre à la campagne et faîtes la classe à vos enfants.

1 Juil

Najat Belkacem voulait imposer à tout prix la mixité ethno-culturelle dans les collèges et avait mis au point mille et un stratagèmes pour y parvenir. Nous avons sélectionné deux de nos précédents articles pour vous en rappeler la méthode :

1/ « Vive la mixité ethnique obligatoire  » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/11/11/bulletin-climatique-quotidien-11-novembre-2015-de-la-republique-francaise/ et

2/ « Vive la mixité sociale à l’école…mais chez les autres » :

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/12/12/bulletin-climatique-quotidien-12-decembre-2016-de-la-republique-francaise/

Mais, sans bruit, la parade s’est installée. D’une façon inattendue mais efficace…quand on en a les moyens : une  » sectorisation  » new look mais imparable. C’est ainsi que de plus en plus de familles sont prêtes à débourser beaucoup pour l’achat de leur logement si elles sont assurées que leurs enfants seront  » sectorisés  » dans ce qu’elles considèrent comme les meilleurs établissements scolaires. Une stratégie qui se répercute évidemment sur les prix de l’immobilier. La plate-forme MeilleursAgents a voulu mesurer le surcoût lié à la proximité d’un collège réputé, ce qu’elle appelle  » l’effet cartable « . Elle a observé le prix du mètre carré, à Paris et dans huit autres villes, dans un rayon de 300 mètres autour des collèges publics ayant obtenu la note  » A  » dans le classement du mensuel L’Etudiant d’avril  2017. Le  » A  » est attribué aux 25  % des collèges qui ont obtenu les plus forts taux de réussite et de mentions au diplôme national du brevet sur les trois dernières années.

Verdict : acheter un logement à côté de ces établissements coûte entre 7  % et 27  % plus cher que dans le reste de la ville.  » C’est à Bordeaux que la surcote est la plus raisonnable, + 7  % « , indique l’étude. Suivent Lille (+ 8  %), Lyon (+ 9  %), Nice (+ 11  %), Rennes (+ 12  %), Nantes (+ 13  %), Montpellier (+ 22  %) et Toulouse (+ 27  %).

A Paris, MeilleursAgents a identifié 27 collèges publics notés  » A  » :  » Ils sont presque tous situés dans les quartiers les plus aisés, observe Sébastien de Lafond, cofondateur du site, où le prix du mètre carré est, dans un rayon de 300 mètres, en moyenne de 17  % plus cher que le prix moyen de la ville.  » Un surcoût qui affiche de fortes disparités à l’échelle du quartier.  » Le mètre carré est jusqu’à 37  % plus cher localement, comme autour du collège Victor-Hugo, dans le Marais (3e arrondissement), détaille M. de Lafond. Le record, + 51  %, s’établit autour du seul collège public du 7e arrondissement, Victor-Duruy. « 

Dans le 18e arrondissement, au bas de la butte Montmartre, on paye 16  % plus cher son logement dans les 300 mètres autour du collège Yvonne-Le-Tac qu’ailleurs dans le quartier Clignancourt.  » L’avenue Junot est l’une des plus chères de Paris mais il y a très peu d’établissements scolaires et c’est la bagarre pour aller dans celui-ci « , raconte Sylvie Potel, directrice commerciale de l’étude immobilière Lepic. Elle a récemment vendu un appartement à un couple qui avait préféré rester sept ans en location dans 50 mètres carrés avec leur fille en attendant de trouver un appartement dans ce même secteur. C’est de cet arrondissement dont nous parlions dans notre second article cité ci-dessus en référence.

Faîtes la classe à vos enfants : ceci vous évitera cela

Dans le 11e arrondissement, le collège Anne-Frank fait, à lui seul, grimper de 5  % les prix des logements alentour, comparés à ceux du quartier Sainte-Marguerite. Habiba Hani, de l’agence Voltaire Immobilier, a récemment vendu un 90 mètres carrés, rue Faidherbe, au prix de 11 000  euros le mètre carré, alors que le prix moyen, dans cet arrondissement, est autour de 8 600  euros.

A Rennes aussi, le collège des Ormeaux, dans le quartier Sainte-Thérèse-Sacrés-Cœurs, anciennement cheminot, aujourd’hui embourgeoisé et où l’on trouve de charmantes maisons des années 1930, a fait flamber les prix, qui dépassent de 33  % ceux du secteur Sud Gare.  » Ici, c’est le changement sociologique qui a fait évoluer le niveau du collège, désormais recherché « , confie Morgan Dreano, de l’agence locale Century21. » Les Parisiens qui arrivent, grâce à la ligne à grande vitesse, jettent leur dévolu sur ce quartier proche de la gare non sans avoir consulté le palmarès des collèges « , confirme Jean-Albin Richard, agent immobilier.

La plupart des lycées et collèges réputés de Lyon sont privés – lazaristes, maristes, chartreux –, à l’exception du lycée du Parc. Deux collèges publics font nettement grimper les prix : Jean-Moulin, dans le quartier Saint-Just, sur la colline de Fourvière, contribue à une surcote de + 13,2  % par rapport au quartier, comme Saint-Exupéry à la Croix-Rousse (+ 3,3  %).  » Le collège est un des éléments de l’environnement de cette vie de village conviviale, avec son marché, son art de vivre « , résume Patrick Almeida, de l’agence locale Stéphane Plaza.  » Lyon, notamment le quartier Fourvière, à quelques minutes du centre par le funiculaire La Ficelle, s’est transformé, observe Cécile Rollet, de la Régie des Célestins. Le collège Jean-Moulin est donc bien coté « .

Difficile, bien sûr, de démêler, dans les phénomènes de fièvre immobilière, ce qui tient à la mode, à l’amélioration des transports et du cadre de vie ou à la réputation des écoles. De tels écarts ne s’expliquent pas par la seule présence de collèges performants ; adresse et environnement sociologique sont plus déterminants encore. Ces collèges dessinent tout simplement la cartographie des ménages les plus aisés. Ceux qui peuvent encore choisir.

Faîtes la classe à vos enfants : ceci vous évitera aussi cela

Deux chercheurs de l’Ecole d’économie de Paris, Gabrielle Fack et Julien Grenet, avaient, en  2010, montré l’impact d’un collège sur l’immobilier en s’intéressant aux frontières des secteurs de la carte scolaire parisienne où, d’un trottoir à l’autre, ils constataient une prime d’en moyenne + 5  % liée à la sectorisation dans un  » bon  » collège.  » Même à l’intérieur du secteur public, la ségrégation sociale peut être très forte, allant de 0,3  % d’élèves de milieux défavorisés dans le 7e arrondissement jusqu’à 63  % dans le 20e arrondissement, analyse Julien Grenet. La carte scolaire est, de ce point de vue, plutôt inefficace pour atteindre la mixité sociale « , relève-t-il. Beaucoup de Parisiens contournaient d’ailleurs déjà la carte scolaire avec l’énergie du désespoir mais aussi les difficultés dont nous parlions plus haut.

Alors de deux choses l’une. Soit vous avez de gros moyens et vous pourrez choisir de scolariser vos enfants où bon vous semble. Soit ce n’est pas le cas et mieux vaut rechercher les joies intimes de la campagne (beaucoup de manoirs sont à vendre à des prix défiant toute concurrence !)  et enseigner soi-même ses enfants…tant que c’est encore autorisé.

Le 1er juillet 2017.

Publicités

Une Réponse to “Un bon conseil : allez vivre à la campagne et faîtes la classe à vos enfants.”

Trackbacks/Pingbacks

  1. Un bon conseil : allez vivre à la campagne et faîtes la classe à vos enfants.-conseil dans l’espérance du roi | actualitserlande - juillet 1, 2017

    […] Un bon conseil : allez vivre à la campagne et faîtes la classe à vos enfants. […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :