Une fois de plus Angela Merkel les a roulé dans la farine !

2 Juil

«  Mutti  » a encore frappé. Utilisant sa bonne vieille technique de la  » démobilisation asymétrique « , Angela Merkel refuse le combat avec ses adversaires en vue des prochaines élections législatives de septembre en Allemagne mais elle les roule dans la farine. La méthode est simple : reprendre à son compte certaines idées de ses adversaires – Parti social démocrate (SPD) voire même les populistes d’Alternative für Deutschland (AfD) – afin de convaincre leurs électeurs de s’abstenir de voter pour eux aux élections législatives.

Ainsi par exemple, un temps affaiblie par la crise des migrants qu’elle avait elle-même largement contribué à créer à l’automne 2015, la chancelière a depuis donné l’impression qu’elle avait la meilleure stratégie pour gérer ce dossier, grâce notamment à l’accord conclu avec la Turquie comme à son apparent revirement en terme de fermeté vis-à-vis des expulsions de migrants déboutés du droit d’asile ! De la frime.

Et voici que… » bis repetita placent « .

Vendredi 30  juin, un peu après 9  heures du matin, le Bundestag a adopté, en quarante minutes et pas une de plus, la loi sur le mariage homosexuel à une large majorité : 393 voix contre 226. Sans surprise, les députés du Parti social-démocrate (SPD), des Verts et de Die Linke (gauche radicale) ont voté pour. Sans surprise non plus, les conservateurs de la CDU-CSU se sont divisés, un peu moins d’un tiers de leur groupe ayant voté pour. La chancelière Angela Merkel a pour sa part voté contre, en expliquant son choix par un argument juridique :  » Le mariage, selon la Constitution, est l’union d’un homme et d’une femme « , a-t-elle déclaré après le vote. Mme Merkel s’est dite en revanche favorable à ce que les couples homosexuels aient le droit d’adopter. Un droit que ne permet pas le  » partenariat  de vie « , l’équivalent allemand du pacs français, adopté en  2001 sous le gouvernement de Gerhard Schröder (SPD).

C’est pourtant Angela Merkel qui aura été à l’origine de cette incroyable accélération du calendrier parlementaire. Interrogée sur le sujet par un jeune homme du public à l’occasion d’un débat organisé par le magazine féminin Brigitteau Théâtre Maxime-Gorki de Berlin, la chancelière a déclaré, lundi 26  juin, qu’elle était favorable à une discussion qui  » aille dans le sens d’une prise de décision en conscience « . Jusqu’à présent, son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), s’était toujours opposé au mariage homosexuel, de même que son allié bavarois, l’Union chrétienne-sociale (CSU), particulièrement conservatrice sur les questions de société, alors que le Parti social-démocrate en faisait un point fort de son programme en vue des législatives du 24  septembre.

Volker Kauder, le président du groupe CDU, a certes rappelé la position officielle de son parti :  » Le mariage est l’union d’un homme et d’une femme. «  Mais il a aussitôt ajouté qu’il  » respectait «  ceux qui ne partageaient pas son avis. Les autres orateurs de son groupe qui se sont succédé ont tenu le même discours. Parmi ceux qui ont voté contre, plusieurs ont expliqué qu’ils n’étaient pas tant opposés au texte sur le fond que parce qu’il nécessitait, selon eux, une révision constitutionnelle. Autant que sur la morale, le débat a porté, chez les conservateurs, sur la nature juridique du texte.

Mais le moment le plus fort de ce court débat matinal aura sans doute été l’intervention de Volker Beck. Député depuis vingt-trois ans, l’écologiste a été l’un des militants les plus acharnés du mariage homosexuel en Allemagne.  » C’est un jour historique pour la minorité que nous sommes « , a-t-il déclaré, très ému à la tribune, avant d’avoir droit à une standing ovation pour ce qui devait être son dernier discours au Bundestag. Un dernier discours qu’il n’imaginait pas prononcer pour défendre ce qui fut le combat de sa vie. Comme tous ses collègues, il ne pensait pas, il y a encore une semaine, que cette proposition de loi votée par le Bundesrat en  2013 mais que le Bundestag n’avait jamais inscrit à son ordre du jour serait examinée ce vendredi, c’est-à-dire au tout dernier jour de la session parlementaire de la législature.

Bien joué, Angela !

Pris de court par le revirement de Mme Merkel, plusieurs responsables politiques ont décidé de la prendre au mot. A commencer par Martin Schulz, le président du SPD, et Katrin Göring-Eckardt, la chef de file des députés écologistes. Mardi, l’un et l’autre ont réclamé que le Bundestag inscrive le mariage homosexuel à son ordre du jour avant la fin de la session parlementaire. Ce qui a été confirmé par un vote en commission mercredi matin dans lequel les députés CDU ont été mis en minorité.

Même si elle a été adoptée en cinq jours à une large majorité, la loi sur le mariage des homosexuels risque d’avoir des conséquences politiques non négligeables. D’abord pour la  » grande coalition « . Depuis mardi, au sein de la CDU, de nombreux députés accusent en effet leurs collègues du SPD d’avoir rompu le contrat de coalition scellé après les élections législatives de 2013, en décidant d’inscrire à l’ordre du jour une loi que les deux partis n’avaient pas prévu d’examiner au cours de la législature. A moins de trois mois des élections législatives, la coalition dirigée par Mme Merkel est, de facto, rompue, même si pour l’heure il n’est pas question que les sociaux-démocrates quittent le gouvernement.

Mais à droite, le débat pourrait aussi créer des remous. Certes, Mme Merkel a annoncé, en début de semaine, que la discipline de groupe ne s’appliquerait pas sur ce texte, et que chacun serait appelé à voter  » en conscience « . Dans son parti, plusieurs personnalités lui reprochent néanmoins d’avoir – même si elle-même s’en défend – précipité le vote et ainsi mis en lumière les divisions de son propre parti, à moins de trois mois des élections législatives. Plusieurs députés conservateurs, eux-mêmes favorables au texte, expliquaient également avant le vote qu’ils redoutaient les réactions de leurs électeurs. Pourtant, le risque d’une fronde de grande ampleur au sein de la famille conservatrice est négligeable, personne n’ayant intérêt à ouvrir une crise à trois mois des élections alors que la CDU-CSU est largement favorite dans les sondages.

Et c’est ainsi qu’Angela Merkel réussit à diviser pour apparaître comme…la seule capable de faire l’union. » Mutti  » est démoniaque et Emmanuel Macron serait bien inspiré de s’en méfier, tout  » Jupiter  » qu’il se prétende.

Le 2 juillet 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

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Une Réponse to “Une fois de plus Angela Merkel les a roulé dans la farine !”

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  1. Une fois de plus Angela Merkel les a roulés dans la farine !-conseil dans l’espérance du roi-avec le faux-cul Macron quelle belle paire de fesses | actualitserlande - juillet 2, 2017

    […] Une fois de plus Angela Merkel les a roulé dans la farine ! […]

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