Sécurité sociale : la poussière sous le tapis de Marisol Touraine.

7 Juil

L’auto-satisfaction de Marisol Touraine, l’ex-ministre de la santé de François Hollande, était légendaire. Souvenez-vous qu’elle avait promis, entre autres merveilleuses nouvelles jamais réalisées, à l’automne 2016, que le déficit de la Sécurité sociale serait bouché en 2017.

Eh bien soyez assurés…qu’il n’en sera rien puisque la Sécurité sociale devrait atteindre un déficit de 5,5 milliards d’euros en 2017.

Dégradé de 1,3 milliard d’euros par rapport aux prévisions de la loi de finances élaborée sous le mandat de François Hollande, le déficit du régime général et du Fonds de solidarité vieillesse (FSV), qui verse le minimum vieillesse et les cotisations retraite des chômeurs, devrait certes poursuivre sa décrue par rapport à 2016, où il atteignait 7,8 milliards d’euros. Mais, selon la commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS) qui rendait, jeudi 6 juillet, son rapport à la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, et à celui de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, le déficit du régime général devrait atteindre 1,6 milliard d’euros alors que le budget voté à l’automne 2016 l’avait prévu à 400 millions d’euros.

En cause, les moins bons résultats de l’Assurance-maladie, dont le trou devrait persister à 4,1 milliards d’euros en dépit des économies toujours plus sévères qui lui sont demandées chaque année et alors qu’on l’attendait à 2,6 milliards. En réduction de 700 millions d’euros par rapport à 2016, cette baisse est qualifiée par la CCSS de « largement artificielle car due à un produit exceptionnel dont les recettes étaient mises en réserve pour le FSV ».

En outre, le dépassement des dépenses des soins de ville en 2016 a créé « un effet de base défavorable » qui s’est reporté sur les prévisions de ces soins pour 2017, souligne-t-elle.

Relevé à 2,1 % en 2017, l’Objectif national de dépense de santé (Ondam) – lié notamment au vieillissement de la population et à l’augmentation des maladies chroniques (éléments qui montrent à eux seuls l’absurdité de la recherche acharnée d’un budget d’assurance maladie en équilibre) – devrait néanmoins « pouvoir être respecté », estime la CCSS qui évalue « les réserves d’un niveau suffisant pour faire face aux aléas ».

Une autre inquiétude porte sur le Fonds de solidarité vieillesse dont le déficit s’aggraverait à nouveau. Il atteindrait 4 milliards d’euros, un niveau proche de son plus haut historique, malgré une baisse sensible de ses dépenses (– 3,6 %). La dégradation résulte de la forte baisse de ses recettes transférées en partie à l’Assurance-maladie. Ou comment les manipulations comptables finissent toujours par se payer…

Résultats positifs, en revanche, du côté de la branche retraite, qui serait, pour la deuxième année de suite, en excédent, à 1,1 milliard d’euros. Un résultat à mettre sur le compte d’un ralentissement des prestations et de la modération du nombre de nouveaux retraités en raison du recul de l’âge de départ.

De même, la branche famille afficherait un solde positif de 500 millions d’euros notamment en raison d’une poursuite de la baisse des dépenses de prestations familiales. Essentiellement aux dépens des familles des classes moyennes.

La revalorisation des prestations et la mise en œuvre des mesures du plan pauvreté seraient, entre autres, compensées par la poursuite du ralentissement de la natalité qui pèserait sur la dynamique des prestations familiales, explique le rapport. La branche accidents du travail afficherait quant à elle un solde positif de 900 millions d’euros quasi identique à 2016.

Bref, tout cela explique pourquoi le Premier ministre, Edouard Philippe, s’est montré, mardi, beaucoup plus prudent que Marisol Touraine. Lors de son discours de politique générale, il a annoncé un possible retour à l’équilibre à « l’horizon 2020 » et s’est engagé à définir de nouvelles règles permettant de proscrire dans la durée le déficit des comptes sociaux.

Mais, ne rêvez pas, car de nouveaux efforts seront demandés à l’Assurance-maladie en 2018. En effet, le candidat Emmanuel Macron a promis 15 milliards d’euros d’économies sur le quinquennat et il a prévu de limiter l’Ondam à 2,3 % par an en moyenne…

Une belle perspective pour son ami Jacques Attali et ses projets d’euthanasie des vieux !

Le 7 juillet 2017.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

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