Assez d’erreurs en Libye ! L’UE doit miser sur Haftar et non pas sur les branquignols de Tripoli.

8 Juil

Assez d’âneries perpétrées en Libye par la France, l’Union européenne, l’ONU, l’OTAN et autres émanations états-uniennes depuis la pseudo-révolution de 2011 (Lire « Le Monde admet enfin que le CER avait raison à propos de la Libye » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/12/20/le-monde-admet-enfin-que-le-cer-avait-raison-a-propos-de-la-libye-il-etait-temps/).

Mais assez, aussi, d’immobilisme face au déferlement de hordes migrantes d’origine principalement sub-saharienne (mais pas que…), organisé par de multiples réseaux de trafiquants locaux aidés, dans leurs méfaits, par les négriers mondialistes et les lobbys immigrationnistes prétendument humanitaires.

Alors que l’Italie croule sous le poids des migrants qui traversent la Méditerranée (181 000 arrivées en 2016) et que l’Union européenne s’avère incapable de mettre un terme à ce raz-de-marée, la seule solution est de rendre IMPOSSIBLES les départs des côtes libyennes, ainsi que nous l’exigeons depuis tant d’années, ou, a minima, de faire réadmettre ces migrants sur le sol libyen dès leur interception lors du franchissement des eaux territoriales du pays.

Carte des eaux territoriales libyennes

Certes, nous n’ignorons pas (même si nous sommes convaincus d’une nécessaire renégociation – voire même d’une abrogation – des traités internationaux en la matière) que les conventions régissant le droit de la mer prévoient que les naufragés secourus dans les eaux internationales soient débarqués  » en lieu sûr « . Raison d’ailleurs pour laquelle l’UE, considérant que la Libye n’est pas un pays sûr, fait rapatrier en Italie les migrants récupérés par les navires dits de secours (mais en réalité chargés de la traite négrière).

Nous n’ignorons pas davantage que le gouvernement fantoche de Tripoli, issu de l’accord factice de Skhirat (Maroc) conclu sous l’égide de l’ONU, n’a jamais eu la moindre légitimité (même pas celle des armes) et ne contrôle…que quelques immeubles au sein de la capitale libyenne. Imagine-t-on qu’il ait le moindre pouvoir et la moindre efficacité dans le problème (et le seul) qui nous occupe : les nouvelles invasions barbares ?

Mais l’absence d’un pouvoir solide et incontesté dans le pays, n’empêchent pas la Commission européenne d’annoncer qu’elle souhaite établir à Tripoli, en  2018, un centre de coordination des secours en mer…En même temps que les Italiens (qui pourtant leur ont eux-même fourni un excellent matériel) s’interrogent actuellement sur le rôle équivoque des gardes-côtes libyens dans les trafics de chair humaine par les passeurs. Comprenne qui pourra.

Et pourtant il est chaque jour plus évident que le maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de la Cyrénaïque (est), s’impose plus que jamais comme une figure incontournable de la scène politico-militaire libyenne. Mercredi, 5  juillet, il a proclamé la  » libération totale «  de la ville de Benghazi, où ses troupes de l’Armée nationale libyenne (ANL) combattaient des groupes  » révolutionnaires «  – composés de djihadistes, mais pas exclusivement – retranchés dans quelques bastions résiduels.

Le maréchal Khalifa Haftar

Cette bataille de Benghazi avait commencé au printemps 2014, lorsque Khalifa Haftar, ancien proche de Mouammar Kadhafi devenu dissident en exil aux Etats-Unis, avant de prêter son concours à la révolution de 2011, avait déclenché l’offensive baptisée  » Karama  » ( » dignité « ) contre des groupes islamistes radicaux qui s’étaient livrés à une campagne d’assassinats dans la métropole de l’Est libyen. Trois ans plus tard, le hiérarque militaire, nommé depuis maréchal par l’Assemblée repliée à Tobrouk, émerge comme un vainqueur incontestable, même si l’on raconte que c’est  au prix de destructions et de victimes civiles. Depuis le temps que nous affirmons que ce qui manque à la Libye, c’est un chef. Il serait temps d’en prendre la mesure (Lire « Et ça ne va pas mieux en Libye » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/03/10/bulletin-climatique-quotidien-10-mars-2017-de-la-republique-francaise/).

L’ascension de Haftar aiguise le dilemme diplomatique auquel sont confrontées les chancelleries occidentales. En témoignent les controverses qui ont éclaté dès le lendemain de l’annonce de la  » libération «  de Benghazi. La mission des Nations unies pour la Libye et l’ambassadeur britannique en Libye, Peter Millett, ont salué dans un langage quasi identique la  » libération «  de Benghazi comme  » l’espoir  » d’une première étape vers  » la paix « . La formule a été peu appréciée par les adversaires du maréchal Haftar, surtout concentrés à Tripoli et Misrata (ouest). Abderrahmane Souihli, figure politique de Misrata et président du Conseil d’Etat, une institution associée au gouvernement d' » union nationale  » siégeant à Tripoli, a dénoncé le commentaire de M. Millett comme un  » feu vert «  donné au «  voyou « Haftar pour  » attaquer «  Tripoli. Car c’est bien ce qui va arriver.

Cette réaction est symptomatique de l’irritation qui saisit les milieux hostiles au maréchal devant les inflexions en cours chez les diplomates occidentaux. Après avoir snobé Haftar, voire œuvré à son éviction du commandement de l’ANL, ces derniers commencent discrètement à prendre acte de ses percées militaires depuis un an – à Benghazi et dans le Croissant pétrolier notamment – . Et même si c’est au risque de fragiliser l’accord de Skhirat – signé en décembre  2015 – dont est issu le gouvernement fantoche d' » union nationale  » de Faïez Sarraj. Le maréchal Haftar n’a cessé de faire obstruction à la mise en place de ce nouveau dispositif institutionnel censé incarner la réconciliation nationale. Si les deux hommes se sont rencontrés début mai à Abou Dhabi (Emirats arabes unis), ils ont pour l’instant échoué à s’entendre sur un scénario de sortie de crise.

Encouragé par ses avancées militaires et le soutien – diplomatique, militaire et financier – qu’il reçoit de l’Egypte et des Emirats arabes unis, le maréchal Haftar sait qu’il devient peu à peu le seul capable d’instaurer la discipline de fer qui est indispensable dans ce pays pour le pacifier. D’ailleurs, fort de sa trajectoire ascendante, il a maintes fois annoncé qu’il se préparait à  » libérer «  Tripoli.

Mais, pour l’Union européenne, c’est l’occasion rêvée pour l’aider, au travers d’une reconnaissance officielle (qui en vaut bien d’autres) à mettre en place les moyens d’empêcher les départs de migrants à partir des côtes libyennes. Quitte à aider aussi ce pouvoir à les installer provisoirement avant de les rediriger vers leurs pays d’origine. Les arguments économiques autant qu’humanitaires ne manquent pas. Les moyens non plus que l’on gaspille dans une utopique intégration européenne de ces populations allogènes.

Un accord de réadmission comme ceux que le gouvernement espagnol a si efficacement signé avec plusieurs pays du Maghreb et d’Afrique. Ce serait là, enfin, un acte intelligent autant qu’utile à la protection de l’Europe.(Lire « La tribu ou le tyran, entre les deux leur coeur balance » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/09/15/bulletin-climatique-quotidien-15-septembre-2016-de-la-republique-francaise/).

Le Conseil dans l’Espérance du Roi invite avec fermeté le gouvernement de la France à prendre sans état d’âme l’initiative de cette démarche vitale.

Le 8 juillet 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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2 Réponses to “Assez d’erreurs en Libye ! L’UE doit miser sur Haftar et non pas sur les branquignols de Tripoli.”

Trackbacks/Pingbacks

  1. Conseil dans l’espérance:La main dans le sac. | actualitserlande - août 8, 2017

    […] * Mais en nous donnant involontairement raison lorsque nous insistions pour que les gouvernements européens s’allient avec le maréchal Khalifa Haftar pour endiguer sur place, en Libye, les flux migratoires…(Lire « Assez d’erreurs en Libye » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/07/08/assez-derreurs-en-libye-lue-doit-miser-su…). […]

  2. CER:Voici pourquoi l’Union européenne traine des pieds pour rétablir l’ordre en Libye. | actualitserlande - août 11, 2017

    […] principal allié en la matière (Lire « Assez d’erreurs en Libye » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/07/08/assez-derreurs-en-libye-lue-doit-miser-su…). L’objectif principal, pour nous étant de parvenir à mettre un terme au flux migratoire […]

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