ALERTE ! Risque de pénurie de médicaments.

10 Juil

Il y a six mois, nous rappelions une fois de plus les dangers que représentent les ruptures de stock de plus en plus fréquentes en matière d’approvisionnement de notre pays en médicaments essentiels (lire « Nous ne pourrons bientôt plus nous soigner » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/01/13/bulletin-climatique-quotidien-13-janvier-2017-de-la-republique-francaise/). Force est de constater que la situation ne s’est pas améliorée et qu’elle s’est même probablement aggravée, comme l’a montré cette semaine la grave rupture de stock intervenue dans plusieurs services d’oncologie médicale (cancérologie).

Comment expliquer ces ruptures ? Les origines sont multifactorielles : des stratégies industrielles de rationalisation des coûts de production qui conduisent les laboratoires à produire en flux tendu, des difficultés survenues lors de la ­fabrication de matières premières ou des produits finis, souvent délocalisée en Chine, en Inde… ou ­encore des défauts de qualité sur certains médicaments fabriqués dans ces pays à bas coût. Ces signalements ont augmenté de 624 en 2004 à 1 702 en 2015, selon les chiffres de l’ANSM.

Il suffit donc d’un grain de sable pour que la chaîne ne fonctionne plus : un atelier fermé, un retard, une mauvaise anticipation de la demande… Pour Patrick Errard, président du LEEM (les entreprises du médicament), « les productions de médicaments se font de plus en plus à flux tendu, nos usines produisent pour le marché mondial ». Alain Astier y voit d’autres raisons plus économiques. Ces produits ont tous un point commun : « Ce sont pour la plupart des vieilles ­molécules qui rapportent peu ».

Pour remédier au problème, la loi de santé de janvier 2016 a ­imposé (mais manifestement sans grand succès) aux industriels la mise en place d’un plan de gestion des ­pénuries, notamment pour les médicaments à intérêt thérapeutique ­majeur. Depuis 2008, la ­déréglementation autorise les grossistes répartiteurs à revendre les médicaments dans des pays où les prix sont plus avantageux. Un des innombrables bienfaits de la mondialisation !

La dernière loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) va obliger industriels et grossistes répartiteurs à privilégier le marché français en cas de rupture et à communiquer les médicaments qu’ils ­exportent. Mais des décrets d’application doivent encore préciser les nouvelles règles. Ils ne sont donc pas près d’être publiés.

L’état électoral quasi permanent dans lequel se trouve notre pays relègue toujours à plus tard ce que l’on devrait faire aujourd’hui. Résultat : vous ne pourrez bientôt plus être soignés correctement.

Un exemple concret, intervenu à l’hôpital d’Auxerre (Yonne), vient de le confirmer. Plusieurs patients ont assistés, impuissants, à l’interruption de leur traitement anticancéreux par une molécule indispensable, le carboplatine même si quelques-uns d’entre eux se sont vus proposer un traitement dans des hôpitaux voisins. Par exemple à Sens.

Le carboplatine est fréquemment utilisé pour soigner un certain nombre de cancers. Mais il est fabriqué en Asie, et depuis plusieurs jours, les distributeurs français sont en rupture. Conséquence, les hôpitaux ne sont plus approvisionnés. « C’est la première fois qu’une pénurie si importante et si longue nous arrive sans que personne ne puisse nous approvisionner. », explique le docteur Frédéric Martin, pharmacien au centre hospitalier d’Auxerre. Et ça ne va pas en s’arrangeant : « Notre capacité à trouver des alternatives ne s’accroit pas en parallèle« , alerte Frédéric Martin.

Mais le docteur Frédéric Martin l’affirme : le carboplatine n’est pas le seul produit à manquer, et surtout, les pénuries de médicaments n’existent pas seulement à l’hôpital. « La politique menée depuis quinze ans fait que l’on veut absolument les médicaments les moins chers possible, et on accepte des produits faits à l’autre bout du monde. Ce qui fait que s’il y a le moindre problème de fabrication, on arrive à ces pénuries« , explique le pharmacien qui ajoute :

« Pour l’instant il n’y a pas de risques pour la santé, mais à terme, on ne sait pas comment ça peut évoluer car le nombre de ruptures ne cesse d’augmenter« 

Sur le carboplatine, la situation ne devrait pas revenir à la normale avant fin juillet. Et à l’hôpital de Sens, on est déjà « en tension« , sur ce produit. Ce qui veut dire en clair que la pénurie s’étend et que les hôpitaux du voisinage (quand il en reste…) ne pourront bientôt plus faire face à la demande de substitution.

Qu’a fait, en son temps, Marisol Touraine, ex-ministre de la santé, lorsque nous l’avions alertée ? RIEN, bien sûr. Que fera Agnès Buzyn-Lévy, actuelle ministre de la santé ? 

REPONSE RAPIDE SOUHAITEE

Le 10 juillet 2017.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

Publicités

2 Réponses to “ALERTE ! Risque de pénurie de médicaments.”

  1. Hervé J. VOLTO juillet 12, 2017 à 10:47 #

    Et si on donnait la responsabilité du ravitaillement à des généraux ?

    Celà, ils savent faire, dans l’honneur et le courage…

  2. Hervé J. VOLTO juillet 12, 2017 à 10:48 #

    Et dans la fidélité…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :