Crise économique grecque : le CER avait encore raison.

11 Juil

Même un quotidien officiel de la pensée conforme et obligatoire de l’UE comme Le Monde le reconnaît : les dirigeants européens ont multiplié les erreurs tout au long de la gestion du dossier grec (http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2017/07/06/la-tragedie-grecque-au-c-ur-des-maux-de-l-europe_5156565_3234.html). C’est ce que le CER affirme depuis sa fondation, il y a plus de cinq ans…

Tout a commencé en octobre 2009. Le socialiste Georges Papandréou, à la tête du gouvernement grec depuis peu, entame son discours de politique générale. « La situation de notre économie est explosive,confie-t-il, le visage sombre. Nous sommes confrontés à un déraillement fiscal sans précédent. » Il vient de découvrir que le déficit public dépasse les 12 % du produit intérieur brut (PIB). Soit deux fois plus qu’annoncé par son prédécesseur.

Les chiffres ont été truqués. Ce n’est pas nouveau mais, cette fois, les investisseurs ne veulent plus de sa dette, dégradée par les agences de notation. Les taux d’intérêt flambent, acculant Athènes au bord du défaut de paiement. C’est le début d’une interminable crise, où, pendant plus de sept ans, sommets européens, plans d’aide et mesures d’austérité vont se succéder sans parvenir à soulager l’économie grecque.

Car, à ce jour, rien n’est réglé. La dette hellène, qui, en dépit de trois plans d’aide et autant de prêts colossaux (110 milliards d’euros en mai 2010, 130 milliards en février 2012 et 86 milliards en août 2015), frôle toujours les 180 % du PIB est insoutenable. La richesse par habitant a reculé de 25 % depuis 2008. Le tissu industriel s’est réduit comme peau de chagrin. Les hôpitaux tombent en ruine. Face à un chômage culminant à plus de 20 %, les jeunes émigrent en masse. Et vous trouverez tout cela, en détail, dans les nombreux articles que nous avons consacrés à la situation économique catastrophique de ce pays (mot clé  » Grèce  » sur notre moteur de recherche).

Mais pourquoi les difficultés de ce petit pays, dont le PIB pèse tout juste 8 % de celui de la France, ont-elles à ce point ébranlé l’Europe ? « L’union monétaire ne disposait d’aucun mécanisme pour aider un Etat confronté à de telles difficultés », résume André Cartapanis, économiste à Sciences Po Aix. De plus, les dirigeants européens ont multiplié les erreurs tout au long de la gestion du drame grec.

« La première d’entre elles est d’avoir trop attendu pour restructurer la dette publique », estime Guntram Wolff, du think tank européen Bruegel. En mai 2010, lorsque Athènes entre sous la tutelle de la « troïka » (Fonds monétaire international – FMI –, Commission européenne, Banque centrale européenne – BCE), le FMI est déjà convaincu que l’endettement, qui dépasse 130 % du PIB, n’est pas soutenable. « Mais la BCE et les autres gouvernements de la zone euro s’opposent à une restructuration, redoutant que cela déclenche une contagion », raconte Eric Dor, économiste à l’Iéseg. Le bon vieux principe du  » Reculer pour mieux sauter  » !

Malgré le premier plan d’aide, les marchés restent convaincus que la Grèce risque la faillite. La spéculation s’étend rapidement aux obligations portugaises, italiennes, espagnoles et irlandaises, dont les taux s’envolent. Face à cet emballement, la dette grecque sera finalement restructurée en 2012 – trop peu et trop tard. « Au reste, si la BCE avait annoncé dès 2010 qu’elle était prête à racheter massivement des obligations souveraines, comme elle finira par le faire en septembre 2012, la flambée spéculative aurait également pu être évitée », ajoute M. Dor.

Seconde erreur : les plans de rigueur imposés par la « troïka » à Athènes ont été trop brutaux. Ils ont laminé la consommation, la croissance et les rentrées fiscales, tout en déclenchant une spirale déflationniste. Ce qui a fait gonfler un peu plus encore l’endettement public au lieu de le réduire… « Même si le secteur public dysfonctionnait et que les dépenses publiques étaient inefficaces, il aurait mieux valu réduire ces dernières plus lentement, le temps que les réformes structurelles fassent effet », détaille M. Dor. En particulier celles qui permettent d’améliorer le fonctionnement de l’administration et de restaurer la compétitivité du pays. Et dire que ces gens-là nous sont présentés comme autant d’experts !

Ajoutez à cela une série de cafouillages politiques, la volonté des Allemands de faire plier les Grecs jusqu’à la rupture, le jeu de dupes entre le FMI et l’Allemagne, auxquels s’est ajoutée la sous-estimation de l’incidence récessive des mesures d’austérité, ont compliqué la situation jusqu’à la rendre inextricable.

Après les élections fédérales allemandes de septembre, les dirigeants européens devront reprendre la discussion sur l’allégement du fardeau grec dont nous affirmons, avec d’ailleurs le FMI, qu’il est incontournable. Et ce sera reparti pour un tour avec un gâchis de huit années et une misère du peuple grec qui va devenir une menace explosive.

Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, n’a pas eu le courage, en 2015, de choisir la seule voie que nous lui avions conseillée : le GREXIT (la sortie de l’Union européenne et de son appendice mortifère, la zone euro). Tout le monde (car vous ne pouvez pas douter qu’il en soit autrement) finira par le payer très cher.

Le 11 juillet 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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