Savez-vous qui est Sebastian Kurz ?

14 Juil

Il y a plus d’un an déjà, nous évoquions la personnalité particulièrement intéressante du très jeune ministre autrichien des Affaires étrangères, Sebastian Kurz (Lire « Sebastian Kurz lit le blog du CER » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/06/10/bulletin-climatique-quotidien-10-juin-2016-de-la-republique-francaise/).

Souvenez-vous de ce que nous écrivions alors sur notre blogue :

«  » Les Européens doivent empêcher les bateaux de prendre leur départ depuis la Libye pour gagner l’Italie, vient d’affirmer Sebastian Kurz, le ministre des Affaires étrangers autrichien. Il ne faut plus que les sauvetages en mer riment automatiquement avec un ticket pour l’Europe.  » Montrant ainsi qu’il a pris enfin connaissance des revendications du Conseil dans l’Espérance du Roi !

Il a, en particulier, suggéré de s’inspirer de l’Australie, et de ses centres de rétention  » offshore « , pour repousser les bateaux de migrants ou pour enfermer les demandeurs d’asile sur les îles de Lesbos, en Grèce, et de Lampedusa, en Italie. Il compte présenter à ses partenaires européens un plan visant à stopper les flux migratoires en Méditerranée, lors de la réunion des ministres des affaires étrangères du 20 juin. Nous attendrons cette réunion et ses retombées avec la plus grande impatience…(lire « Commenceraient-ils à se réveiller ? » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/04/23/bulletin-climatique-quotidien-23-avril-2015de-la-republique-francaise/).

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Affiche australienne informant les migrants

Selon ce Viennois qui, malgré son jeune âge, 29 ans, affiche déjà cinq ans expérience gouvernementale, les migrants interceptés sur des embarcations de passeurs devraient soit être immédiatement refoulés vers la Libye ou leur pays d’origine, soit être internés sur des îles où leur demande d’asile serait instruite.

Mettre fin aux mouvements de migration clandestine permettrait, selon lui, d’augmenter l’aide aux pays en voie de développement et de multiplier les programmes de relocalisation, en coopération avec le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR),  » ce qui donnerait la possibilité aux réfugiés de venir directement en Europe par des moyens légaux « . Là, on rêve un peu… »

Certaines délégations d’une conférence internationale contre le terrorisme, en mai à Vienne, paraissent surprises par le visage lisse et poupin de leur hôte, qui prononce le discours inaugural. Yeux bleus qui paraissent encore sincères, cheveux sagement gominés en arrière, Sebastian Kurz, le ministre autrichien des affaires étrangères, a seulement trente ans et ne se laisse pas impressionner par les cinq cents experts venus du monde entier. C’est bien lui dont l’homologue russe, Sergueï Lavrov, loue volontiers le talent. Lui qui vise désormais la chancellerie lors des élections législatives du 15 octobre. Et deviendrait alors le plus jeune chef de gouvernement au monde, exception faite de la régente de Saint-Marin.

Après avoir pris, début mai, la tête de son parti, celui des conservateurs chrétiens de l’ÖVP, il a provoqué des élections législatives anticipées, refusant de continuer de gouverner avec les sociaux-démocrates (SPÖ). M. Kurz est la personnalité politique la plus populaire de son pays de 8,7 millions d’habitants. Un récent sondage du quotidien libéral Der Standard le place en tête des intentions de vote, avec 30 %.

Mais comment ce garçon à l’air si posé, aux manières courtoises a-t-il donc fait pour devenir un concurrent susceptible de faire de l’ombre à l’actuel chef de gouvernement social-démocrate, Christian Kern, et à l’ami de Marine Le Pen, Heinz-Christian Strache ? « Il n’a commis aucune erreur, et il a eu l’intelligence de s’appuyer sur des ténors du ministère », explique Peter Jankowitsch, un ancien titulaire social-démocrate du poste, qui lui reproche toutefois le « piètre état financier » de son administration. Il a « pris le pouvoir de l’intérieur » grâce à l’organisation des Jeunesses conservatrices, qu’il a présidée depuis 2009, complète une autre ancienne ministre, la conservatrice Ursula Plassnik, dans une tribune du quotidien helvétique Neue Zürcher Zeitung.

Contrairement à Emmanuel Macron, élu à 39 ans, Sebastian Kurz ne peut pas, pour convaincre, aligner de prestigieux diplômes : il n’a pas achevé ses études de droit. « J’ai été nommé au gouvernement, d’abord comme secrétaire d’Etat à l’intégration, à 24 ans seulement, et c’est vrai que j’étais vraiment jeune », explique-t-il, comme pour désamorcer la critique. « Mais aujourd’hui, je suis l’un des ministres européens des affaires étrangères parmi les plus anciens, ajoute-t-il. Après six ans au gouvernement et deux portefeuilles successifs, on ne peut pas me reprocher sérieusement de manquer d’expérience. »

A l’âge où d’autres partent en Erasmus, il préparait méticuleusement sa conquête du pouvoir. Il s’est entouré d’une garde très restreinte. Et petit à petit, il s’est constitué le réseau nécessaire. Grands patrons, barons de province, éditorialistes incontournables : tous ont méthodiquement été approchés, puis séduits. Mais l’hebdomadaire de référence, Profil, souligne que tout cela n’aurait servi à rien si Sebastian Kurz n’avait pas trouvé la bonne manière de s’exprimer auprès des électeurs. Son langage de Viennois est apprécié dans les campagnes, sans doute parce qu’il n’est pas celui d’un héritier : son père est technicien, sa mère enseignante. Sa compagne reste discrète, elle travaille au ministère autrichien des finances.

Désormais, il est conseillé par l’ancien chancelier conservateur Wolfgang Schüssel. Ce dernier pourra lui prodiguer des conseils très utiles si, pour gouverner, M. Kurz décide de former une alliance avec l’extrême droite contre la gauche. En 2000, quand M. Schüssel avait été le premier à briser ce tabou en Europe, Bruxelles lui avait imposé des sanctions humiliantes. Dix-sept ans plus tard, Sebastian Kurz entend mener sa propre petite entreprise de renouvellement de l’offre politique en proposant un cocktail inédit, ultrapersonnalisé, ouvert aux non-encartés, mouvant et mal identifié sur un plan idéologique, mais plus à droite que celle du président français.

M. Kurz souhaite, par exemple, une réforme de l’Union européenne allant vers plus de souveraineté pour les Etats. Les réfugiés, l’immigration et l’intégration constituent les préoccupations principales des votants, il multiplie donc les positions de fermeté sur ces questions. Quitte à choquer, comme lorsqu’il propose de conduire vers des îles de la Méditerranée les migrants interceptés en mer, et de statuer sur leur sort loin des frontières de l’espace Schengen. Il tient aussi un discours très ferme contre la Turquie, comme en témoigne, lundi 10 juillet, l’interdiction de meeting du ministre turc de l’économie.

Comme vous vous en doutez, ce jeune homme nous intéresse. D’autant que l’on raconte qu’il serait un peu nostalgique de l’empire austro-hongrois…

Le 14 juillet 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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Une Réponse to “Savez-vous qui est Sebastian Kurz ?”

  1. Hervé J. VOLTO juillet 17, 2017 à 10:18 #

    On dit que ce jeune homme aurait ses entrées au sein du Mouvement Monarchique Traditionnel Populaire autrichien, pro-Habsbourg…

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