Tout ça pour ça…

21 Juil

Vous vous souvenez sans doute de toutes les tentatives de destruction de l’instruction publique par les ministres dédiés de François Hollande, Vincent Peillon, Benoît Hamon et, bien sûr, l’inénarrable Najat Belkacem, la Grande Prêtresse du métissage ethno-culturel. Autant que de leur idée folle de  » réforme des rythmes scolaires « , inspirée des pires délires de Jean-Baptiste Carrier lorsqu’il affirmait  » Nous ferons de la France un cimetière plutôt que de ne pas la régénérer à notre façon. »

Jean-Baptiste Carrier, croquis sur le vif lors de son procès. Bien des choses s’expliquent…

Or, il se trouve que le nouveau ministre de l’Education nationale vient de proposer de revenir, pour le communes qui le souhaiteraient, sur le principe de la semaine des quatre jours et demi.

Le cabinet du ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, tablait, il y quinze jours encore, sur une estimation de 20  % au  »  maximum   » des communes tentées par un changement de rythme scolaire. Il a été contraint de la revoir à la hausse  : un tiers des écoles a choisi d’organiser la semaine sur quatre jours dès septembre, plutôt que sur quatre jours et demi comme aujourd’hui, a annoncé le ministère, mardi 18  juillet. Cela représente 31,8  % des écoles et 28,7  % des écoliers.  »  Tout ça pour ça…  « , éructent ceux qui ont soutenue la réforme de Vincent Peillon, lancée en 2013, face à la contestation.

La photographie de la rentrée que fournit le ministère de l’éducation nationale est contrastée  : les Hautes-Alpes basculent à hauteur de 78  %, l’Oise à 62  %, les académies de Corse et de Martinique respectivement à 96  % et 97  %  ; Aix-Marseille, Lille ou Montpellier sont au-dessus de 50  %, quand la plupart des autres académies se situent dans une fourchette de 20  % à 40  %. Paris fait exception  : elle dont la municipalité a fait des nouveaux rythmes une  »  mesure de justice sociale  «  n’entend pas changer de cap. Bobocratie l’exige !

Ce sont plutôt les communes rurales qui ont choisi de revenir en arrière, explique-t-on rue de Grenelle. Un certain nombre de villes de plus de 50  000 habitants ont cependant également fait ce choix  : Tourcoing, Dunkerque, Calais dans le Nord  ; Montpellier (en partie) et Perpignan  ; toutes les grandes villes du Var et des Alpes-Maritimes  ; mais aussi, en région parisienne, Sarcelles, Colombes, Sartrouville, Versailles… La révélation dans la presse, il y a quelques jours, des quatorze villes de la Seine-Saint-Denis optant pour un retour en arrière a marqué les esprits. Comme quoi…

 »  Ce mouvement montre que les acteurs de terrain se sont saisis de la liberté nouvelle qui leur était offerte pour mettre en place des organisations correspondant aux besoins de leur territoire  « , justifie-t-on au ministère. C’est aussi le message qu’a porté Jean-Michel Blanquer, en officialisant le 28  juin son décret  »  relatif aux dérogations à l’organisation de la semaine scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires publiques  « . A l’époque, il martelait que la semaine de quatre jours et demi resterait  »  la règle   »  ; que son  »  principe   » était sauf. Mais peut-on encore parler de  »  dérogations  «  quand autant de communes rétropédalent à six semaines de la rentrée  ?

 »  C’est une première vague, réagit Agnès Le Brun, maire LR de Morlaix et vice-présidente de l’Association des maires de France (AMF). Le mouvement s’est accéléré ces dix derniers jours, quand le nouveau gouvernement a demandé aux élus de contribuer à la réduction des déficits publics  « .  »  On n’est plus sur les modifications marginales évoquées à l’origine par le ministère, reconnaît Catherine Nave, secrétaire générale du SGEN-CFDT. Au vu des conseils d’école réunis dans la précipitation, on avait fini par craindre que ce soit pire encore… Ces résultats montrent l’enjeu à rouvrir la réflexion sur les temps éducatifs des enfants.  « 

 »  Ces chiffres révèlent surtout les difficultés posées par cette réforme, sa mise en œuvre à marche forcée, l’absence de concertation, les dysfonctionnements  « , se borne à souligner Francette Popineau du SNUipp-FSU, syndicat fer de lance de la contestation contre la réforme de 2014, sans cacher qu’elle s’attendait à un ratio  »  de l’ordre de 20 à 25  %  « .  Mais la surprise est relative car la consultation que cette organisation majoritaire dans le primaire a rendue publique avant l’été faisait état de 75  % d’enseignants favorables au retour à l’organisation sur quatre jours.

La vraie inconnue résidait, alors, dans le degré d’adhésion – ou de rejet – des familles. Le dossier statistique divulgué par le ministère, le 28  juin, a avancé une réponse  : plus des deux tiers des parents doutent que la nouvelle organisation favorise les apprentissages. A ce niveau-là, difficile de ne pas parler d’un échec de la réforme, au moins dans sa capacité à mobiliser les premiers concernés. Du côté des élus, rappelle-t-on à l’AMF, 70  % rencontraient encore, en  2016, des difficultés à mettre en musique la réforme portée par M. Peillon.  »  L’absence de garantie sur la pérennisation du fonds de soutien a fait le reste  « , relève Mme Le Brun.

Il y a quelques mois encore, personne – ou presque – parmi les observateurs du microcosme scolaire n’aurait parié sur un revirement de cette ampleur. On s’interroge, aujourd’hui, sur une  »  deuxième vague  « , en  2018. Vincent Peillon ou Najat Belkacem ne seront-ils bientôt plus qu’un très lointain mauvais souvenir ?

Le 21 juillet 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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