Un des méfaits de l’euro : le scandale du  » cartel des camions « .

22 Juil

Vous souvenez-vous qu’il y a tout juste un an, le 19  juillet 2016, la Commission européenne infligeait au  » cartel des camions  » une amende record de 2,93  milliards d’euros ? Les allemands MAN (détenu par Volkswagen) et Daimler, le suédois Volvo (auquel appartient le français Renault Trucks), l’italien Iveco et le néerlandais DAF avaient été condamnés pour violation des règles de la concurrence de l’Union européenne. Pendant quatorze ans, entre 1997 et 2011, ces constructeurs, qui contrôlent 90  % du marché européen, s’étaient entendus pour fixer les prix de vente des camions, retarder l’introduction des nouvelles technologies antipollution et en faire supporter le coût par leurs clients.

Il apparaît aujourd’hui que ce sont les camionneurs français qui ont payé le prix fort. Les preuves rassemblées par les services antitrust de la Commission montrent que  » tous les membres du cartel étaient impliqués dans des discussions et souhaitaient profiter de l’introduction de l’euro – en  2001 – (pour faire fructifier leurs affaires en trompant les naïfs sur leurs tarifs). Ils ont estimé que la France avait les prix les plus bas et se sont mis d’accord sur le fait qu’ils devaient être augmentés « .

Quatre générations de camions, de la norme Euro  3, Euro  4, Euro  5 et Euro 6 sur les émissions de particules fines (PM10) et d’oxydes d’azote (Nox), sont concernées par ces  » arrangements «  dénoncés par la Commission. Il s’agit de poids lourds de plus de 6  tonnes.

Le document mentionne une première réunion, le 17  janvier 1997, à Bruxelles, des représentants de tous les constructeurs du  » cartel  » pour fixer les prix : c’est ce qu’ils nomment entre eux la  » gross list price « . Lors d’une réunion de l’industrie automobile, le 6  avril 1998, les mêmes décident de ne pas proposer le standard Euro  3 de leurs camions tant qu’un prix additionnel n’aura pas été fixé. D’autres rendez-vous suivront après l’introduction de la monnaie unique entre les dirigeants des constructeurs pour le passage aux normes Euro  4, 5 puis 6. Les services antitrust ont identifié de nombreux courriers électroniques et appels téléphoniques entre les membres du cartel mentionnant des échanges d’«  informations commerciales sensibles « .

«  Cela signifie que les camionneurs français ont dû payer un prix gonflé pour acheter leurs nouveaux camions moins polluants, et ce probablement pendant quatorze ans « , réagit Stef Cornelis, spécialiste du secteur des camions à Transport &  Environment. L’ONG estime ainsi que, lors du passage de la norme Euro  5 à Euro  6, les constructeurs auraient gonflé leurs prix d’environ 8 000  euros par camion. Selon les calculs de l’association, 3,5  millions de camions auraient été concernés sur la période 1997-2011 en Europe.

 » Lorsque la Commission a rendu sa décision, elle nous a incités à porter plainte mais sans donner plus de précisions, déclare Florence Berthelot, déléguée générale de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR). La difficulté est d’évaluer le préjudice subit par les transporteurs routiers, qui sont les victimes dans cette affaire. «  La responsable de la FNTR indique qu’elle ne peut pas engager de poursuite au nom de ses adhérents mais qu’un certain nombre d’entre eux ont été  » approchés par des cabinets et se sont engagés dans des procédures devant des juridictions en Allemagne et aux Pays-Bas pour réaliser des transactions « . Et de préciser que ces transporteurs préfèrent  » rester discrets «  et ne souhaitent pas communiquer tant que ces démarches ne sont pas sûres d’aboutir.

«  On reste un peu sur notre faim avec cette décision de la Commission, car il faudrait désormais faire une étude économétrique pour connaître le bon prix qu’auraient dû payer les transporteurs et évaluer le manque à gagner en termes d’économies de carburants qu’aurait dû permettre une application non reportée des normes Euro « , poursuit Mme Berthelot, qui s’étonne également du silence de l’Etat. Et c’est ici que se situe le plus grand scandale : au nom de la préservation des pseudo-acquis de la monnaie unique (entendez qu’il est impératif de lutter contre la mauvaise image que beaucoup de Français ont de l’euro), une chape de plomb doit s’abattre sur ces révélations !

 » Le plus grave, dans cette affaire, ce sont les conséquences sur l’environnement. Nous sommes tous victimes du fait qu’on aurait pu avoir des camions moins polluants plus tôt, relève la responsable de la FNTR. C’est fou qu’aucune autorité publique ne réagisse. «  Au ministère des transports, on se contente de saluer  » une décision très positive de la Commission puisqu’elle a mis fin à des pratiques déloyales et néfastes pour l’environnement « . Tu parles…

CES GENS SONT RÉELLEMENT DES IMPOSTEURS.  

Peut-être comprendrez-vous mieux pourquoi nous devons mettre fin à notre appartenance à cette association de malfaiteurs.

Le 22 juillet 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

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Une Réponse to “Un des méfaits de l’euro : le scandale du  » cartel des camions « .”

  1. Hervé J. VOLTO juillet 25, 2017 à 10:53 #

    Le Roi, VITE !

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