Le doute n’est plus permis : Emmanuel Macron lit le blogue du CER.

29 Juil

Mais la question qui vient aussitôt à l’esprit est celle-ci : saura-t-il en faire bon usage ?

Vous savez combien la situation en Libye est, pour le Conseil dans l’Espérance du Roi, un question géostratégique et politique essentielle. Les nombreux articles que nous avons publiés sur notre blogue depuis plus de cinq ans en témoignent et la récente mise au point parue dans Le Monde, reprenant enfin tous nos arguments précédents, le confirmerait s’il en était besoin (Lire « Libye, Le Monde admet enfin que le CER avait raison  » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/12/20/le-monde-admet-enfin-que-le-cer-avait-raison-a-propos-de-la-libye-il-etait-temps/).

Aussi, nous fûmes à la fois surpris et, avouons-le, plutôt satisfaits des dernières initiatives du président de la République, Emmanuel Macron, vis-à-vis de ce pays.

Il reconnaît en effet que la Libye est devenue une priorité pour l’Europe et, bien sûr, pour la France. Le chaos sanglant qui règne dans cet immense pays – entre Sahel, Egypte et Tunisie – depuis la révolution qui a renversé Mouammar Kadhafi, il y a six ans, est une menace à multiples facettes. Il pèse sur la stabilité de l’Afrique sahélienne, terre de tous les trafics, où djihadisme et gangstérisme vont souvent de pair.

Il est surtout au cœur d’une traite négrière incontrôlée et encouragée par les ploutocrates européens autant que par les idéologues du métissage ethno-culturel, source d’infinis malheurs : le traitement des Africains candidats à l’entrée en Europe, livrés à des réseaux de passeurs de type esclavagiste, est inhumain ; l’aventure en mer que leur vendent, cher, ces mêmes réseaux, se termine souvent dans le drame ; les peuples européens doivent subir l’invasion de ces hordes barbares et leurs conséquences de plus en plus violentes. Enfin, le chaos libyen est propice à l’implantation des djihadistes de l’Etat islamique ou d’Al-Qaida à quelques encablures de l’Europe.

Tout cela constitue autant d’évidences dont on peut s’étonner et surtout s’indigner qu’elles ne soient pas apparues plus tôt dans le débat politique national. S’y ajoute l’enfer que vivent les Libyens eux-mêmes dans un pays qui est partout encore sous la tutelle de milices armées ; où les revenus tirés du pétrole se sont effondrés et où l’absence d’Etat central se fait tragiquement sentir.

Aussi, réjouissons-nous que la France ait réussi à réunir mardi dernier, au château de La Celle-Saint-Cloud, les deux principaux responsables politiques du pays afin qu’ils s’engagent sur un cessez-le-feu et des élections. Il s’agit, pour le premier, du chef du gouvernement dit « d’union nationale », que reconnaît l’ONU, Faïez Sarraj et, pour le second, du maréchal Khalifa Haftar, patron de l’armée libyenne, en quête de pouvoir et de reconnaissance.

Recevoir le premier était incontournable aux yeux de la communauté internationale surtout, bien qu’il ne représente plus grand chose en terme de pouvoir réel. Mais recevoir enfin le second témoigne indéniablement du fait que nous sommes parvenus à convaincre Emmanuel Macron que le maréchal Khalifa Haftar est devenu l’interlocuteur de choix pour tenter de résoudre la crise libyenne et qu’il est impératif de lui conférer une légitimité internationale qui lui manquait jusqu’à présent (Lire « Assez d’erreurs en Libye. L’UE doit miser sur Haftar et non pas sur les branquignols de Tripoli » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/07/08/assez-derreurs-en-libye-lue-doit-miser-sur-haftar-et-non-pas-sur-les-branquignols-de-tripoli/).

En échange, Haftar, volontiers soupçonné d’incarner une tentation prétorienne réminiscente du khadafisme, a accepté le principe d’élections (qu’il se fait fort de remporter) législatives et présidentielle en 2018.

Hélas, la dynamique engagée mardi est sans garantie car personne ne sait si ces scrutins pourront être organisés dans l’état où se trouve le pays. Mais peu importe. L’affaire est engagée et devrait permettre de faciliter à terme l’unification des forces militaires et politiques libyennes sous la la direction du maréchal Haftar, ainsi que nous le recommandions dans l’article cité ci-dessus.

Mais ce n’est pas tout. Car Emmanuel Macron a également annoncé, jeudi, lors d’une visite d’un centre d’hébergement de réfugiés à Orléans, la création de «hot spots», ces centres chargés de trier les candidats à l’asile en France, «dès cet été» EN LIBYE pour maîtriser l’arrivée des migrants venus de Libye (depuis le début de l’année, 112 000 hommes, femmes et enfants ont traversé la Méditerranée du sud au nord).

Cette proposition intéressante, à défaut de la  fermeture totale de nos frontières à toute tentative d’immigration que nous réclamons, amène néanmoins un certain nombre de questions. Première interrogation : à qui s’adresseraient ces hot spots ? En 2016, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) a enregistré 85 726 dossiers émanant principalement de Soudanais, d’Afghans et d’Haïtiens. Or la même année, les réfugiés arrivés en Italie depuis la Libye étaient, selon l’Organisation mondiale sur les migrations, Nigérians (20%), Erythréens (11,4%), Guinéens (7,4%) et Ivoiriens (6,4%). Hormis les Erythréens, les autres ressortissants africains ne remplissent pas les conditions retenues par les pouvoirs publics (et que nous ne partageons pas) pour l’obtention de l’asile – persécutions en raison de l’ethnie, de la religion, de la nationalité, de l’appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. Ce sont des migrants économiques. Et Emmanuel Macron a bien précisé (dans un style oral), dans son discours d’Orléans, qu’« il n’existe pas, le pays qui peut accueillir tous les migrants économiques ». Ce qui, pour le coup est bien notre avis !

Quel est donc l’intérêt de ces hot spots ? «Eviter que les gens qui seraient de toute façon déboutés de l’asile ne prennent des risques inutiles en continuant leur voyage», précise l’Elysée. En réalité, «C’est un piège pour nous enregistrer et nous ramener chez nous», craignent surtout les sub-sahariens bloqués en Libye. C’est, là aussi, notre avis. et nous en revendiquons la justesse.

Mais la Libye, territoire sans Etat, peut-elle sérieusement aujourd’hui accueillir des travailleurs français de l’Ofpra ? «C’est gravement méconnaître la situation libyenne, commente Corinne Torre, de Médecins sans frontières. Dans ce pays, les migrants se cachent de peur d’être capturés, torturés, rançonnés. On risque de les exposer un peu plus, de les mettre en danger.» L’Elysée reconnaît que «les conditions de sécurité ne sont pas réunies» pour le moment.  Et qu’il n’est pas «pas possible aujourd’hui» d’installer les hot spots. Seule une «mission de faisabilité» sera diligentée «fin août», rétropédale l’Elysée. C’est fou ce que les rétropédalages d’Emmanuel Macron sont fréquents depuis quelques semaines !

En revanche, la présidence assume cette volonté de prendre en charge les demandes d’asile «le plus en amont possible», notamment au Tchad et au Niger. Et, là, c’est très exactement ce que le CER réclame depuis toujours : traiter la question migratoire avant les plages et les ports libyens. Après, c’est trop tard car les ONG, mandatées par les négriers européens, s’acoquinent avec les passeurs  et autres trafiquants de chair humaine pour transporter leurs esclaves en Italie. Ou alors il faut accepter l’idée d’une interception militaire des navires de transport d’esclaves et leur renvoi sur les côtes africaines. Ce qui ne semble pas encore à l’ordre du jour…

En réponse, Pierre Henry, de France Terre d’asile (ONG immigrationniste) ne trouve rien de mieux à proposer que ceci :  » Nous sommes favorables à l’ouverture de voies de migrations légales, c’est une bonne chose. Mais il existe déjà le Haut-Commissariat aux réfugiés, qui a présenté un plan de réinstallation des réfugiés, pourquoi sortir de ce schéma ?» Avec de telles propositions folles, comment voudriez-vous que la situation s’améliore ?…

Deuxième question soulevée par l’annonce des hot spots libyens : où les installer ? L’Elysée évoque «la région Sud», c’est-à-dire le Fezzan. Logique, puisque l’écrasante majorité des réfugiés y passe. Mais c’est justement la zone où les «conditions de sécurité» sont les plus délicates. Le gouvernement de Tripoli, reconnu par la communauté internationale, y est inexistant. Les trois principaux groupes ethniques de la région – les Touaregs, les Toubous et la tribu arabe des Ouled Slimane – estiment avoir un lien particulier avec la France, dont les derniers soldats ne sont partis du Fezzan qu’en 1956, et cherchent à en tirer parti. Senoussi Messaoud, membre du conseil des tribus des Ouled Slimane, principale tribu de Sebha, la capitale du Sud, tend ainsi la main: «Si la France nous aide, nous pouvons contrôler la frontière.» Les deux autres clans font la même offre de service, promettant de transformer les 2000 km de frontière avec le Niger, le Tchad et le Soudan en zone sécurisée… Une fort bonne idée mais prendre parti pour l’un des trois acteurs, c’est s’aliéner les deux autres ! (Lire « Les passeurs du sud de la Libye, un secret de polichinelle » : http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/les-passeurs-du-sud-de-la-libye-un-secret-de-polichinelle-989565594) et aussi « La tribu et le tyran: entre les deux leur coeur balance » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/09/15/bulletin-climatique-quotidien-15-septembre-2016-de-la-republique-francaise/).

Quant au reste du pays, il n’est pas beaucoup plus sûr. La route de 50 km qui relie Tripoli à Zaouiya, proche des plages d’où partent les navires de migrants, est régulièrement bloquée par des milices hostiles au gouvernement de Tripoli et par des bandes criminelles spécialisées dans les enlèvements ! Et à part l’ambassade d’Italie, aucune représentation diplomatique occidentale ou internationale n’est revenue s’installer dans la capitale. 

Cette complexité et ces difficultés renforcent notre proposition…de rétablir un protectorat européen (ou au moins franco-italien*) sur la Lybie afin d’y rétablir l’ordre et, par la force des chose, LE MAINTIEN DE L’ORDRE. Après tout, la Libye est un territoire qui n’est situé qu’à quelques encablures des côtes européennes…

Le 29 juillet 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Nous regrettons vivement que les démarches d’Emmanuel Macron aient été réalisées sans la moindre concertation avec l’Italie, ancienne puissance colonisatrice de la Libye. Nous risquons d’avoir à en payer le prix.

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2 Réponses to “Le doute n’est plus permis : Emmanuel Macron lit le blogue du CER.”

  1. Hervé J. VOLTO juillet 30, 2017 à 3:09 #

    Un psychiatre italien a établit le profil d’Emmanuel Marcon. Selon ce psy transalpin, le Président Macron serait un psycopathe narcisiste à qui tout est du. Sa romance avec celle qui est devenue notre Première dame aurait fait suater un tabou en le jeune Emmanuel Macron, un enfant gaté qui se croit sortit de la cuisse de Jupiter et qui ne travaillerait que pour sa propre personne, utilisant les gens qui l’entourent.

    Nos observateurs avait relevé que le Président Macron était issu de la Moyenne bourgeoisie, forte, aisée et prête à tout. Sa force est d’être bien organisé et bien positionné socialement et économiquement,d’être issue d’une jeunesse dorée qui n’a pas beaucoups souffert fianncièrement, ce qui n’est pas un crime, et d’être secondé par une épouse aimante.

    Mais sa tirade sur les personnes qui ne valent rien si elle ne réussisent pas sent le parvenu et le repreneur de biens nationaux…

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  1. CER:Voici pourquoi l’Union européenne traine des pieds pour rétablir l’ordre en Libye. | actualitserlande - août 11, 2017

    […] semble l’avoir compris (Lire « Le doute n’est plus permis » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/07/29/le-doute-nest-plus-permis-emmanuel-macron&#8230😉 mais que pourra-t-il faire seul contre tous […]

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