Le fric  » En Marche « .

5 Août

Voici ce que nous écrivions pas plus tard qu’hier à propos des puissances d’argent de l’Union européenne qui organisent à leur profit la traite négrière qui submerge nos pays : «  les prétendue ONG humanitaires ne (« sauvent ») aucun naufragé mais (vont) tout simplement chercher, dans les eaux territoriales libyennes, leur marchandise humaine réclamée par les ploutocrates européens  » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/08/04/immigration-litalie-se-reveille/). Le même jour, nous apprenions que le lobby bancaire et les grandes entreprises occidentales ne se sont probablement jamais aussi bien portés financièrement !

Philippe Brassac, le patron du Crédit agricole, ne cache d’ailleurs pas sa satisfaction. En six mois, la banque vient de dégager 2,2  milliards d’euros de bénéfice net, soit 59  % de plus qu’un an auparavant, a-t-il annoncé jeudi 3  août. Le deuxième trimestre a été spécialement brillant :  » C’est tout simplement le meilleur trimestre que nous présentons depuis 2011 ! « 

Cette année, la saison des résultats semestriels prend des airs de feu d’artifice estival. Des profits qui montent en fusée, des cascades de dividendes…mais rien pour le vain peuple ! Du Crédit agricole à BMW en passant par Apple, Adidas ou encore UniCredit, les grands groupes dévoilent depuis quelques semaines des résultats particulièrement impressionnants, en Europe comme ailleurs. Au total, les 1 820 très grandes entreprises internationales qui ont déjà publié leurs chiffres du deuxième trimestre ont vu leurs profits grimper de 16  % par rapport à la même période de 2016, selon les comptes tenus par Bloomberg. Une hausse souvent plus vigoureuse que prévu. Aux Etats-Unis, par exemple, 72  % des champions de l’indice S&P 500 ayant présenté leurs résultats ont dégagé des profits supérieurs aux attentes des analystes.

Les investisseurs n’ont pas attendu le bouquet final pour applaudir. Aux Etats-Unis, Wall Street bat record sur record. Son indice vedette, le Dow Jones, a franchi pour la première fois la barre des 22 000 points mercredi à l’ouverture. A défaut des vastes réformes promises par Donald Trump, les investisseurs sont rassurés sur la santé des entreprises.

Le mouvement est similaire au niveau mondial : en moyenne, les actions cotées à travers la planète se sont appréciées de 14  % depuis le 1er  janvier, et n’ont jamais valu autant. En Bourse, des poids lourds comme les américains Apple, Amazon, Facebook, le chinois Alibaba ou encore les européens Unilever et Nestlé se trouvent à leur sommet. L’action Bœing s’est envolée de 50  % en six mois !

M.  Trump lui-même se frotte les mains. Aux Etats-Unis,  » les entreprises n’ont JAMAIS gagné autant d’argent qu’actuellement « , s’est félicité le président mardi dans un de ses Tweets matinaux, en prédisant une accélération rapide des créations d’emplois.

Le capitalisme mondial bénéficie aujourd’hui d’un  » alignement presque parfait des astres « , confirme Vincent Juvyns, stratégiste de JPMorgan AM. L’argent ne coûte pas cher, grâce aux politiques encore accommodantes des banques centrales. L’inflation est un peu repartie, ce qui facilite la vie des banques sans trop pénaliser celle de leurs clients. Les prix du pétrole et des matières premières ont quitté les tréfonds, mais sans exploser ni freiner la croissance mondiale.

Surtout, la demande est là. L’économie mondiale devrait croître de 3,5  % en  2017, une progression vive, un peu supérieure à celle de 2016, selon les dernières prévisions du Fonds monétaire international. Plus notable encore, les principales zones sont toutes en croissance, alors que, souvent, les entreprises font face à une crise ici ou là, au Japon, en Russie, etc.

Résultat, la situation des grands groupes s’améliore de façon très synchrone. Globalement, ils affichent pour le deuxième trimestre des performances en hausse dans presque tous les secteurs et tous les pays. En moyenne, ils enregistrent une progression de 7  % de leur chiffre d’affaires, selon Bloomberg, sans que leurs coûts s’alourdissent d’autant. Si bien que leurs profits s’accroissent deux fois plus vite. Les 1 820 premiers groupes mondiaux dégagent ainsi une solide marge brute d’exploitation représentant en moyenne 17,5  % des ventes, et une marge nette de 8  %.

Le mouvement est particulièrement net dans les matières premières, grâce à la remontée des cours entamée en  2016. Celle du minerai de fer a par exemple permis au géant minier anglo-australien Rio Tinto de doubler son bénéfice semestriel en un an. A force de tailler à la hache dans leurs coûts, les colosses du pétrole ont aussi fini par s’adapter au baril peu cher. Enfin sorti du rouge, BP estime désormais rester rentable avec un baril à seulement 47  dollars, et prévoit de l’être à 35 ou 40  dollars en  2018. Pour peu que l’or noir grimpe, le britannique et ses rivaux engrangeront de nouveau des superprofits.

Aux Etats-Unis, l’amélioration des bénéfices a été entamée depuis des années, les entreprises ayant très vite pris des mesures d’ajustement après la crise de 2008-2009.  » Elles ont réduit leurs dépenses, relativement peu investi, et utilisé une partie de leur cash pour racheter leurs propres titres, ce qui augmente d’autant le bénéfice par action « , souligne M. Juvyns. Autrement dit l’augmentation des dividendes et l’enrichissement…des plus riches.Le résultat est celui vanté par M. Trump : les groupes américains affichent des marges record, et certains ont amassé d’incroyables trésors de guerre. A lui seul, Apple dispose ainsi d’une trésorerie de 261  milliards de dollars (220  milliards d’euros) ! De quoi acheter cash LVMH et Total d’un seul coup si l’envie en venait au PDG Tim Cook…

En Europe,  » la progression est également nette, mais les marges ne sont pas aussi élevées « , constate Charles de Boissezon, qui scrute les profits des entreprises pour la Société générale. Le redressement de l’économie européenne est trop récent. En moyenne, les bénéfices commencent tout juste à y reprendre un chemin ascendant, après six années décevantes, si bien qu’ » on reste loin des marges d’avant la crise « ,,ajoute M. de Boissezon.

L’amélioration des comptes va-t-elle se prolonger au-delà de cette année en or ? Des deux côtés de l’Atlantique, beaucoup d’analystes veulent y croire. JPMorgan parie ainsi sur une augmentation des bénéfices américains de plus de 10  % en  2017 comme en  2018. Les dirigeants d’entreprises, eux, veulent encore garder une certaine prudence : pas d’investissements délirants, peu d’acquisitions à des prix stratosphériques. 

Mais pendant ce temps-là…les hordes migrantes continuent d’envahir notre continent pour alimenter le dumping social organisé par ces entreprises et accroître les dividendes de leurs actionnaires !

Ainsi s’explique la traite négrière qui fait lentement mourir nos pays dont ces ploutocrates se soucient comme d’une guigne.*

Le 5 août 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* N’oubliez pas qu’ils sont les amis et les sponsors d’Emmanuel Macron et de sa République en Marche…

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2 Réponses to “Le fric  » En Marche « .”

Trackbacks/Pingbacks

  1. conseil dans l’espérance du roi:le lobby bancaire et les grandes entreprises occidentales ne se sont probablement jamais aussi bien portés financièrement !-sauf que:1-ces chiffres sont faux:Le CA décide à l’avance du bénéficeet comptabl - août 5, 2017

    […] 73302 […]

  2. Conseil dans l’espérance du roi:Eux non plus « n’ont rien appris ni rien oublié ».* | actualitserlande - août 8, 2017

    […] Une décennie après le début de la crise financière, Paul Jorion dresse un bilan des enseignements, des actions et des échecs. Il regrette notamment que les gouvernements mondiaux aient échoué à réformer le capitalisme. Promise par Nicolas Sarkozy, entre autres, cette réforme était en réalité impossible à mener en l’état, pour une raison très simple, explique l’économiste : la finance et la croissance se basent non pas sur la richesse des populations, mais sur « des écritures comptables » (Lire « Le fric En Marche » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/08/05/73302/). […]

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