Ils détruisent tout sur leur passage. Et maintenant ils veulent même détruire l’armée.

12 Août

Avec la multiplication des attentats islamistes dans notre pays, la pertinence de l’opération Sentinelle (mobilisation de plusieurs milliers de militaires chargés de la surveillance des lieux présumés stratégiques ou à risque mais qui s’avèrent aussi des cibles de choix pour les terroristes) est posée.

Or, dans un contexte de réduction budgétaire au ministère des Armées, le constat est vite fait : « Les armées sont sur-sollicitées, alors que les moyens ne suivent pas », estime Bénédicte Chéron, historienne et spécialiste des relations armées et société.

Cette ponction importante de soldats a même des conséquences très concrètes dans d’autres opérations militaires. « Par exemple, on a fermé l’opération Sangaris en République centrafricaine pour trouver des effectifs de Sentinelle. Et la Centrafrique est retournée à feu et à sang parce que nous n’avons pas terminé la mission, déplore le général Vincent Desportes, ancien directeur de l’Ecole de guerre. (point de vue que nous ne partageons pas car nous n’avons cessé de répéter que la France n’a rien à gagner à s’immiscer dans la guerre tribale mais aussi de religion qui caractérise ce pays). Même chose au Sahel, où nous avons 4 000 soldats. Si nous en avions 2 000 ou 3 000 de plus, les choses iraient beaucoup mieux. La ponction sur les troupes empêche l’efficacité de l’armée française ailleurs. » 

Pour notre part (et sous réserve de l’avis du Conseiller aux Armées du CER), nous pensons plutôt que le véritable problème est ailleurs. Et, en particulier dans le rôle que les pouvoirs publics leurs font jouer.

« Deux mois de ‘Sentinelle’, une formation, encore deux mois, puis une préparation ‘opération extérieure’ hyper-raccourcie… On enchaîne, on enchaîne… »  Voilà le quotidien des soldats de l’opération Sentinelle, raconté par l’un d’entre eux dans dans Le Monde. Car, au-delà de la mobilisation d’un nombre important de militaires, l’opération nuit aussi à la formation de tous les soldats en rotation« On sait que cette opération empêche les soldats, aviateurs, marins de s’entraîner normalement, explique le général Vincent Desportes. Or, l’armée française est déjà sous-entraînée par rapport aux normes internationales. »

Un problème d’autant plus important que les missions données aux militaires lors des opérations Sentinelle ne correspondent pas à leur formation. « Si vous utilisez des soldats, il faut les utiliser comme des soldats, tonne le général. Les soldats ne savent pas faire ce que savent faire les policiers, et les policiers ne savent pas faire ce que savent faire les soldats. » Même inquiétude du côté de Georges Fenech, ancien président de la commission d’enquête parlementaire constituée pour évaluer l’action de l’Etat face aux attentats de janvier et novembre 2015 : « Les militaires sont faits pour faire la guerre. Vous leur demandez de faire un métier qui n’est pas le leur. Cela n’a pas de sens de les pérenniser. »

S’y ajoutent des difficultés de plus en plus marquées de recrutement car, avec l’opération Sentinelle, l’image donnée par l’armée semble de plus en plus éloignée de ses propres campagnes de recrutement. Matériel de pointe, véhicules blindés, interventions extérieures… Rien à voir avec ces soldats de l’opération Sentinelle qui circulent en Renault Kangoo grises devant les gares françaises. « Il y a un problème d’image à moyen et long terme avec cette opération, estime Bénédicte Chéron. Ça a eu un effet positif à très court terme après les attentats, parce que les jeunes Français ont pu avoir l’impression qu’ils allaient très rapidement pouvoir servir leur pays dans une mission qu’ils voyaient de leurs yeux dans les rues françaises. Mais à long terme, cette opération pose problème », notamment pour le recrutement.

Les témoignages de jeunes recrues sont frappants. « J’étais hypermotivé en m’engageant, je voulais de l’action, des choses hors du commun comme on le voit dans les campagnes de recrutement, explique un jeune militaire. Maintenant, ces pubs me font bien rire ! On découvre à la télé des matériels superbes ! Nous, on ne les a jamais vus. » Et ce ne sont pas les restrictions budgétaires qui vont arranger les choses…

Mais il y a pire. Les difficultés de recrutement risquent fort, comme nous l’avons déploré et redouté à maintes reprises, d’amener dans les rangs de nos troupes des recrues À TRÈS HAUT RISQUE (si vous voyez ce que cela signifie). C’est ce que nous appelons « la barbarisation de nos forces armées« , comme l’a pratiquée l’Empire romain avant….son effondrement (Lire « En ce 14 juillet » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/07/14/bulletin-climatique-quotidien-14-juillet-2016-de-la-republique-francaise/).

S’ajoute à ce véritable danger, celui de voir augmenter parallèlement le risque d’abandons et de désertions. Si la Grande muette ne communique pas ces chiffres, certains éléments ne trompent pas. « Les soldats sont de plus en plus nombreux à ne pas terminer leur contrat, parce qu’ils considèrent qu’ils ne se sont pas engagés pour défiler devant les gares de province, explique le général Vincent Desportes. De moins en moins de Français veulent s’engager, parce que ce qu’on leur propose ne correspond pas à leur motivation. » Et vous retrouver ici le risque que les responsables politiques et militaires, comme le firent les empereur du Bas-Empire romain, ne cherchent ailleurs les recrues dont ils ont besoin. Car, ne vous faites aucune illusion, pour eux le quantitatif l’emportera toujours sur le qualitatif !

« Avec Sentinelle, on est dans le cadre d’une mission où le sens paraît de plus en plus lointain, de plus en plus incompréhensible, constate aussi Bénédicte Chéron. Pour des jeunes soldats qui s’engagent avec l’idée qu’ils vont servir leur pays par les armes, il y a un problème de fidélisation, car la mission n’est pas à la hauteur du sacrifice auquel ils consentent. » Une colère sourde qui pourrait bientôt mettre à mal l’ensemble de l’armée. Et bien sûr du pays.

Enfin, et tous les problèmes que nous venons d’évoquer s’y rejoignent, il ne fait aucun doute que la France aura besoin, dans un avenir encore imprévisible mais moins éloigné qu’on le pense ordinairement, de disposer de forces armées capables de faire face à la guerre de civilisation imposée à notre pays au travers du flux migratoire et de son corollaire, « le Grand Remplacement« . Comment pourrons-nous y répondre si la situation que nous venons de décrire devait perdurer ?

Mais, là comme ailleurs, nul ne pourra dire qu’il ne savait pas.

Le 13 août 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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