Peut-être devrons-nous un jour nous réfugier en Hongrie.

27 Août

 

L’évolution de l’Union européenne, telle qu’elle nous apparaît par exemple dans ses combines économico-financières exprimées par la fameuse « directive sur les travailleurs détachés« , est guère encourageante. Mais que dire des conséquences de la traite négrière, voulue par le grand capital pour des raisons économiques et encouragée par les dirigeants politiques pour satisfaire la volonté du « Grand Remplacement » ?

Comment s’étonner alors de voir se développer une immigration d’un genre nouveau, mais oh! combien intéressante, en Hongrie ?

Faisons connaissance avec ces militants d’une autre Europe dans une petite ville hors du temps, Bekescsaba, à la frontière entre la Hongrie et la Roumanie. Attila (tout un programme !) Laszlo est l’un d’entre eux. Ce grand gaillard aux sourcils broussailleux est un milicien hongrois du cru. Hier décrits comme des personnages marginaux aux confins de l’Union européenne, lui et ses copains patrouillent le long de la frontière pour « assurer la tranquillité des braves gens« .

Blason de Bekescsaba

En chiffres, le phénomène reste encore marginal : il s’est développé il y a trois ans, lorsque le premier ministre hongrois, le souverainiste Viktor Orban, a commencé à théoriser la  » démocratie illibérale  » puis a fermé sa frontière aux réfugiés. Les militants s’étant installés en Hongrie par réelle adhésion politique ne sont que quelques dizaines. Mais leur arrivée dans ce pays de moins de 10  millions d’habitants, membre de l’UE depuis 2004, est très significative.

Attila Laszlo est absolument ravi que le  » bassin des Carpates  » – il nomme ainsi la région frontalière – soit présenté comme la terre promise de la  » race blanche « . Il accueille avec bienveillance les Britanniques, les Américains ou les Scandinaves qui viennent lutter ici, avec lui, contre  » la déferlante des Africains « .

Nick Griffin, l’ex-dirigeant du British National Party (BNP), est son ami. Il l’a rencontré plusieurs fois. Tout comme James Dowson, une autre figure de la droite britannique, qui a développé à Budapest une agence de presse de réinformation.

A part l’hospitalité des militants locaux, qu’est-ce qui a attiré le blogueur américain Matt Forney, ou encore l’éditeur suédois Daniel Friberg ? Par courriel, Matt Forney affirme qu’il est venu chercher ici un anonymat salutaire. Il met en avant le faible taux de criminalité du pays,  » dû au fait qu’il refuse d’accepter des musulmans « . Pas d’attaques terroristes, pas de  » no-go zones « , selon son expression, dans les collines boisées qui dominent le Danube et offrent par ailleurs une qualité de vie très recherchée. Le rêve ! De quoi trouver, dit-il, la sérénité nécessaire pour écrire sur son site, où il affiche ouvertement son soutien à Donald Trump et parle essentiellement de son pays natal.

Même chose pour Daniel Friberg, dans un autre style. Lui est plutôt du genre intello. Il a une grande vision : il voudrait que l’alt-right, la mouvance d’extrême droite américaine au centre des incidents de Charlottesville (Virginie), début août, rejoigne les identitaires du Vieux Continent pour former une seule grande force politique transatlantique. Selon cet immense  » Viking  » aux costumes bleu marine très chics, le point de jonction pourrait être Budapest.

A ses yeux, Stockholm, sa ville d’origine, serait  » devenue un cauchemar « .  » On a des femmes violées tous les jours, les enfants marocains traînent dans la rue : c’est le tiers-monde « , affirme-t-il (Lire « Le prix de l’aveuglement des uns et de la veulerie des autres » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/04/08/bulletin-climatique-du-week-end-89-avril2017-de-la-republique-francaise/). Sur Internet, il dénonce les élites politiques, universitaires et médiatiques, incompétentes et déconnectées de la réalité. Ses propos sont très proches de ceux que tient Viktor Orban, admirateur de M. Trump et de Vladimir Poutine.  » Si les militants viennent ici depuis 2014, c’est parce que la démocratie illibérale, ça leur parle « , explique le journaliste Nagy Gergely Miklos, qui travaille sur le sujet pour l’hebdomadaire de référence Magyar Narancs.  » Les choses se sont accélérées avec la crise des réfugiés, l’année suivante, précise-t-il. Le chef du gouvernement a développé un discours contraire à celui de l’Allemagne. C’est devenu une figure de proue, un modèle politique. « 

Bien que membre du Parti populaire européen (PPE), la grande alliance conservatrice majoritaire au Parlement européen, le Fidesz, la formation de M. Orban, reprend à son compte, sur la question migratoire, la théorie du  » Grand Remplacement  » des populations d’origine européenne par des immigrés venus surtout d’Afrique.

Le premier ministre hongrois évoque une  » invasion « . Lors d’une allocution le 22  juillet dernier, il a encore estimé qu’il n’y avait  » pas d’identité culturelle sans composition ethnique stable  » et disait se battre pour que  » l’Europe reste aux Européens « , contre les  » bureaucrates de Bruxelles « , les  » médias « , les  » intellectuels libéraux « , qui, alliés aux  » milieux d’affaires mondialisés « ,  » préparent l’Europe à remettre son territoire à une nouvelle Europe, mélangée et islamisée « .

MM. Friberg et Forney font néanmoins très attention de ne jamais aller trop loin. Ils entendent profiter encore longtemps de cette  » ambiance hongroise «  si propice au développement et à la diffusion de leurs idées.

Mais qui sait. Peut-être ne nous restera-t-il bientôt plus que cette terre accueillante pour résister aux Grandes Invasions barbares…

Le 27 août 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Publicités

3 Réponses to “Peut-être devrons-nous un jour nous réfugier en Hongrie.”

  1. Hervé J. VOLTO août 28, 2017 à 11:57 #

    Non, les Français n’irons pas se réfugier en Hongrie : comme ils les ont chassé d’Algérie en 1962, les Français, lorsqu’il seront suffisamment exédés, leur ferons prendre à leur tour LA VALISE OU LE CERCUEIL.

    Puise le ciel nous envoyer un Grand Monarque autant National-Catholique que l’actuel Régent hongrois…

Trackbacks/Pingbacks

  1. CER:Peut-être devrons-nous un jour nous réfugier en Hongrie. | actualitserlande - août 27, 2017

    […] Peut-être devrons-nous un jour nous réfugier en Hongrie. […]

  2. CER:Paris n’est plus qu’une vaste poubelle à ciel ouvert. – actualités.erlande - août 28, 2017

    […] Lors d’un voyage à Stockholm (Suède), nous avions fait les mêmes constatations alors que nous ne l’avions pas visitée depuis 1970. Les raisons en sont hélas aussi les mêmes : les bienfaits de l’immigration. C’est ce que dénonçait d’ailleurs Daniel Friberg dans notre article récent sur la Hongrie (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/08/27/peut-etre-devrons-nous-un-jour-nous-refug…). […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :