Paris n’est plus qu’une vaste poubelle à ciel ouvert.

28 Août

Voici ce que nous écrivions déjà dans notre Bulletin climatique du 23 octobre 2014 (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/03/07/bulletin-climatique-du-week-end-78-mars-2015de-la-republique-francaise/) :

» L’autre fléau de la capitale est celui de la saleté (qui va bien sûr de pair avec le délabrement du tissu social déjà évoqué). Dans de nombreux conseils de quartiers, il surgit comme la première préoccupation des Parisiens. «C’est un vrai problème, admet Anne Hidalgo, on déplore beaucoup d’incivilités inacceptables et je constate moi aussi une dégradation qui me déplaîtDevinez pourquoi…

La maire évoque des actions en cours tels que le déploiement de 30.000 corbeilles pour les mégots, de 200 sanisettes supplémentaires et de toilettes éphémères. «Je veux mettre les moyens sur la propreté, nous devons nous adapter» insiste-t-elle en évoquant une discussion «très constructive» avec les maires d’arrondissement, de droite comme de gauche. Mais comment « s’adapter » sinon en expulsant les fauteurs de cette saleté chronique importée.

« Dès le début de l’année 2015, nous présenterons aux Parisiens un dispositif opérationnel, peut-être à titre expérimental« , conclut la maire de Paris. 

Chiche !  »

Croyez-vous que, trois ans plus tard, la situation se soit améliorée ? Vous rêvez et nous pourrions même prétendre qu’elle s’est aggravée.

Pressé de se soulager…sur le trottoir, un chien remorque son maître, mal réveillé, qui s’apprête à jeter un mégot au sol. Un migrant illégal émerge d’un amas de cartons pour se soulager à l’abris d’une porte cochère. Un rat trotte menu, se repaît de reliefs de pique-nique abandonnés près de corbeilles publiques. Le pavé est jonché de capsules de bouteilles et de papiers gras, et l’air charrie des relents d’urine. Il est 5 h 30, fin août, et les agents de la propreté de Paris sont déjà à l’œuvre sur les quais bas de la Seine sans espoir de parvenir à leurs fins…

C’est là une scène quotidienne de la capitale de la France. Et dire que pendant ce temps-là, quelques instituteurs formatés par la République affirment à leurs élèves médusés que, « au Moyen-Âge, les Parisiens déversaient leurs immondices dans les rues, dans les fossés, dans les rivières et dans la Seine. Paris sent mauvais : toutes les activités se situent au bord de la Seine. Le fleuve se transforme en un véritable dépotoir où l’on jette toutes sortes de déchets, excréments et carcasses d’animaux. Les rues sont boueuses et jonchées de détritus ; on y trouve des résidus de tanneries, de teintureries, de boucheries … Tous ces immondices finissent leur course dans la Seine.

On ne rêve pas. C’est ainsi en 2017. Le sujet est, en tout cas, crucial pour Anne Hidalgo, qui espère conserver l’Hôtel de Ville en  2020. Le 27  mars, la maire socialiste a fait voter par le Conseil de Paris un nouveau plan de propreté – le troisième depuis mars  2014, ironisent ses opposants. Il prévoit, d’ici la fin de l’année, un renfort de 100 agents de nettoyage pour les 5 041 déjà en poste, et 22  millions d’euros d’investissements pour rénover un parc d’engins vieillissant et le faire passer du tout-diesel à l’électrique et au gaz naturel. Une dotation de 1,5  million d’euros a aussi été débloquée pour lutter contre la prolifération des rats, attirés par les campements de migrants, sans cesse évacués et sans cesse reconstitués…. Enfin, les horaires de service des éboueurs ont été étendus jusqu’à 23 h 30 dans les quartiers touristiques ou animés du 15  juin au 15  septembre.

 » La souillure a gagné du terrain avec les nouveaux usages de l’espace public, explique Mao Péninou, adjoint La République en marche (LRM) chargé de la propreté à la Mairie de Paris. Les grandes places, les quais, les espaces verts sont devenus plus fréquentés. On y pique-nique ou on y prend l’apéritif à toute heure du jour ou de la nuit. L’interdiction de fumer dans les lieux publics a également changé les habitudes, et tous les bars ou entreprises n’équipent pas leur pas-de-porte de cendriers. On balaie tous les jours et on lave au moins une fois par semaine. On réfléchit à de nouveaux horaires, on teste de nouveaux engins moins polluants et plus silencieux. Bref, on essaie de déployer les moyens aux bons endroits.  » RIEN N’Y FAIT.

Canapés, matelas, bidets, baignoires, skis, valises, meubles, portes vitrées, radiateurs en fonte, barrières de chantier, piano ou coffre-fort semblent colonisent nuitamment les trottoirs.  » Les encombrants, c’est sept jours sur sept, expliquePatrice Desbarres, responsable du service propreté pour le 20e arrondissement. On est un peu débordés par leur volume et par le fait que les gens ne prennent pas rendez-vous pour ces enlèvements. « 

Quand les Bobos parisiens, qui bénéficient de ce service quotidien et gratuit, daignent le faire, sur l’application mobile Dans ma rue ou par un simple appel au 3975, ils feignent souvent d’ignorer que chaque dépôt individuel ne doit pas excéder deux mètres cubes.  » Nos petits camions se retrouvent souvent remplis sur un seul point de passage, ce qui nuit à notre efficacité « , regrette Sébastien Ocquidant, chef d’équipe. Ce matin-là, dix-huit cargaisons seront acheminées vers la porte des Lilas, et livrées aux puissantes mâchoires d’acier d’un camion-benne.

Petites places, renfoncements ou abords des gros ensembles immobiliers sont autant de lieux qui attirent les dépôts sauvages, et qu’il faut débarrasser chaque jour, même après la tournée des  » rendez-vous « .  » Les entreprises abandonnent régulièrement des dizaines de sacs de gravats de chantier dont elles facturent pourtant l’évacuation à leurs clients, poursuit M.  Ocquidant. On est obligés de les embarquer aussi, comme les débris laissés par les glaneurs manouches qui nous devancent pour récupérer l’électronique et les métaux sur l’électroménager…  »

La collecte des ordures ménagères, n’est pas meilleure. Les relations avec les préposés aux poubelles pour le compte des riverains sont complexes. «  Il y a de moins en moins de gardiens d’immeuble professionnels, déplore un employé de la mairie. Des sociétés d’entretien ont pris le relais et surchargent leurs intérimaires qui arrivent parfois après notre passage. Résultat, les bacs pleins restent dans la rue jusqu’au lendemain et d’autres gens déposent un peu de tout à côté.  » Lorsque ces anomalies, qui peuvent aboutir à une amende, se reproduisent, les responsables de la division propreté de l’arrondissement tentent d’abord d’y remédier en sensibilisant les syndics d’immeubles et en vérifiant que chaque bâtiment est dûment équipé en bacs en fonction du nombre d’habitants.

Même lorsque c’est le cas, le principe du tri sélectif n’est pas toujours respecté. Le verre, qui fait l’objet d’une collecte particulière effectuée par un opérateur privé, atterrit régulièrement dans les bacs verts pour déchets ménagers. Les bacs jaunes réservés aux recyclables sont invariablement souillés par… des déchets ménagers. Et les commerçants ignorent encore superbement les bacs bleus dévolus aux déchets alimentaires mis à leur disposition sur les marchés.

La propreté de Paris est également chargée de  » faire les chambres « . Ce jargon désigne leurs interventions auprès des  » personnes à la rue « , sans-abri ou migrants. Les agents ne touchent ni aux tentes ni aux effets personnels, mais doivent rétablir la salubrité des lieux. Une tâche titanesque et hors d’atteinte depuis que, comme nous le rappelions, les hordes migrantes envahissent la capitale.

Tels des Sisyphe, Swan Dufour, 23 ans, et Daouda Cissé, 27 ans, assurent de leur côté un service de soirée. Une innovation destinée à assurer – en plus du service normal – le maintien de la propreté tout l’été dans les zones touristiques ou les lieux très fréquentés. Roule-sac, pelle, balai, pince et étui isotherme pour leur bouteille d’eau fraîche, ils traînent 11 kg d’équipement pour délester les abords de la gare du Nord – la première d’Europe avec 700 000 usagers par jour – des feuilles mortes et autres monceaux de mégots. Ils garnissent inlassablement de sacs neufs des corbeilles bourrées des emballages des fast-foods du secteur.  » Leur travail soulage les équipes du lendemain matin, et les usagers apprécient « , affirme Gilles Bouchaud, chef de la division des 9e et 10e arrondissements. Comme cette femme qui lâche négligemment son parapluie cassé au pied d’une corbeille plutôt que dedans, juste devant Swann qui le ramasse…

 » L’étalement saisonnier de la durée du service n’éduquera pas les Parisiens à plus de civisme, prédit Régis Vieceli,secrétaire général CGT de la filière de traitement déchets, nettoiement, eaux, égouts et assainissement de Paris, syndicat majoritaire dans la profession. Avec les tâches habituelles – collectes, balayages, feuilles mortes, déblaiement en cas de neige ou de crue de la Seine, personnes à la rue, et pose et dépose des panneaux électoraux –, nous manquons déjà cruellement d’effectifs toute l’année, et ça empire l’été avec les congés. « 

A l’origine de cette surcharge, le responsable syndical cite pêle-mêle l’opération d’urbanisation Paris Rive gauche sur une partie du 13e arrondissement, les trottoirs élargis, la création de pistes cyclables qui ajoutent caniveaux et trottoirs, ou la plantation d’arbres.  » Toujours plus de surface à traiter « , déclare-t-il.

Pour pallier le changement de physionomie de la capitale où, ces vingt dernières années, les véhicules ont cédé 30  % de l’espace public aux piétons, M.  Vieceli préconise la création de 1 000 postes  » déployés le matin entre 6  heures et 8  heures 30 «  et un accroissement de la mécanisation.  » Parce qu’on ne nettoie pas efficacement l’après-midi ou le soir au milieu de la foule, et qu’un balai ne suffit pas à éliminer les odeurs d’urine. « 

Yves Contassot, ancien adjoint au maire pour la propreté de la Ville de Paris, considère la prévention, la sensibilisation et la verbalisation comme  » essentielles « .  » Il faut appliquer le principe du pollueur-payeur avec des amendes aux montants plus dissuasifs que ceux actuellement appliqués, y compris pour les  gens qui viennent travailler ou se distraire à Paris chaque jour, et qui génèrent des déchets et une souillure supplémentaire, estime-t-il. Il faut sensibiliser les employeurs comme les établissements recevant des touristes. Pour l’instant, seul le contribuable parisien règle l’addition. « 

Florence Berthout, maire du 5e arrondissement et présidente du groupe d’opposition Les Républicains (LR) au Conseil de Paris, pense également que la verbalisation est  » un mal nécessaire « . Mais elle milite surtout pour une décentralisation du budget propreté qui permettrait d’ » objectiver «  l’utilisation du matériel et des effectifs par arrondissement. Elle souhaite également la création d’une DRH  » spécifique «  pour  » aider à se reconvertir «  ou  » remotiver «  les éboueurs de la ville dont elle juge le taux d’absentéisme – 13  % – inquiétant.

Pour  » faire évoluer les mentalités  » et affranchir sa ville des affichages et dépôts sauvages, déjections canines, épanchements d’urine, jet de mégots, et autres  » graffitages « , Anne Hidalgo mise désormais sur un renforcement de la  » verbalisation « . En revanche, elle ne dit rien des conséquences de l’accueil des migrants dans sa bonne ville…

Le 18  avril dernier, la Cour administrative d’appel de Paris a condamné l’Etat et la Mairie de Paris à verser 3 000  euros de dommages-intérêts à une association de riverains du 18e arrondissement, excédés par les déprédations consécutives aux installations de campements (de) sauvages dans les rues du quartier.

Excédée par les souillures et les nuisances générées le jour par l’activité illégale de centaines de vendeurs à la sauvette, et la nuit par les bagarres inter-ethniques, les dealers et les prostituées, dans le quartier de la Goutte-d’Or, l’association La Vie Dejean, qui compte 120 adhérents, reprochait aux parties adverses de ne pas garantir la salubrité publique, la libre circulation des piétons et la sécurité des biens et des personnes.

En avril, le rapporteur public pour la Cour administrative d’appel, lui-même habitant du 18e  arrondissement, a soutenu l’association, déplorant  » une anarchie indigne de la capitale « . Et la juridiction d’appel a jugé que les troubles occasionnés n’avaient pas été réduits par les mesures prises par la Préfecture de police et la Mairie depuis le printemps 2016. Du coup, ces dernières ont formé un pourvoi devant le Conseil d’Etat.

 » L’espace demeure tellement sale et encombré que les livreurs et les facteurs en voiture ne peuvent même plus y accéder « , affirme Yveline Piarroux, secrétaire de La Vie Dejean. Elle est par ailleurs  » scandalisée «  par l’organisation régulière d’opérations de nettoyage participatif faisant appel au civisme des riverains, comme le  » Grand Nettoyage « , nouvelle appellation de la journée annuelle  » Paris fais-toi belle « , axée sur la sensibilisation et lancée en  2015. Sa prochaine édition est prévue dans toute la capitale le 30  septembre.  » Comme si c’était nous qui salissions nos rues « , soupire-t-elle. Mais le mauvais goût de la Mairie, qui joue sur les mots en évoquant le  » Grand Remplacement  » en cours, la fait tout autant bondir !

Pour Mao Péninou, adjoint chargé de la propreté à la Mairie de Paris, la question  » réellement épineuse «  de la propreté dans ce quartier est d’abord  » la conséquence d’une dérégulation de l’espace public « .  » La Ville n’est pas responsable de la centaine de réfugiés qui arrivent chaque jour entre la gare du Nord et La Chapelle, ou du trafic de crack qui sévit le long de la ligne 12 du métro « , dit l’élu socialiste fraîchement rallié à La République en marche, telle une girouette. Il demande néanmoins qu’on ne confonde pas les vendeurs à la sauvette  » dont l’activité illégale génère de la souillure «  et les sans-abri ou les réfugiés d’une même rue  » qui, eux, sont des victimes « . Mao Péninou, immigrationniste patenté (http://maopeninou.eu/bio), a  » confiance «  dans la politique d’intégration et d’immigration d’Emmanuel Macron, qui a déclaré, le 27  juillet, vouloir  » des hébergements d’urgence partout «  d’ici à la fin de l’année ! NOUS….PAS.

Lors d’un voyage à Stockholm (Suède), nous avions fait les mêmes constatations alors que nous ne l’avions pas visitée depuis 1970. Les raisons en sont hélas aussi les mêmes : les bienfaits de l’immigration. C’est ce que dénonçait d’ailleurs Daniel Friberg dans notre article récent sur la Hongrie (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/08/27/peut-etre-devrons-nous-un-jour-nous-refugier-en-hongrie/).

Bref, si vous demeurez en province et n’avez pas rendu visite à notre capitale depuis longtemps, dépêchez-vous de le faire avant qu’elle ne ressemble par trop au souk de Marrakech ou même aux faubourg de Calcutta !

Le 28 août 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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