Chronique d’une imposture annoncée : la connivence politico-médiatique au sommet de l’Etat républicain.

30 Août

Inquiet de l’effondrement de son image dans l’opinion, Emmanuel Macron a récemment décidé de faire « ami-ami » avec les médias officiels de notre pays. Il a donc étoffé son dispositif de communication en nommant mardi le journaliste Bruno Roger-Petit (ancien du Nouvel Observateur) porte-parole de l’Elysée, déclenchant aussitôt une vague de critiques sur les liens entre médias et monde politique.

Agé de 54 ans, Bruno Roger-Petit « aura pour mission de relayer la parole publique de l’Elysée et utilisera pour ce faire tous les moyens à sa disposition, notamment le compte Twitter de la Présidence« , a indiqué l’Elysée dans un communiqué.

Alors qu’Emmanuel Macron et le Premier ministre Edouard Philippe ont insisté récemment sur la nécessité d’une meilleure « pédagogie » sur les grands chantiers du quinquennat (puisque l’essentiel aujourd’hui n’est pas de FAIRE mais de DIRE), M. Roger-Petit vient compléter le dispositif de communication de l’Elysée, qui depuis le 14 mai a été placé sous la houlette de la Sénégalaise Sibeth Ndiaye (ça ne s’invente pas). Jusqu’à présent, c’est Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, qui avait assuré la plupart des interventions.

 

Plusieurs autres présidents avaient déjà choisi des journalistes parmi leurs conseillers en communication, comme François Hollande qui avait embauché Claude Sérillon en 2012, ou Nicolas Sarkozy qui s’était adjoint les services de Catherine Pégard en 2007.

Et Emmanuel Macron avait lui durant sa campagne recruté la journaliste Laurence Haïm comme porte-parole.

M. Roger-Petit a figuré parmi les invités d’Emmanuel Macron à la soirée de La Rotonde où le candidat et ses proches avaient fêté sa victoire au premier tour, le 23 avril. Au mois de mars, il avait aussi publié un livre au vitriol contre François Fillon intitulé « Le pire d’entre nous« .

La proximité de l’éditorialiste avec le leader d’En Marche ! avait suscité en mars, durant la campagne présidentielle, la protestation de la Société des journalistes (SDJ) de l’hebdomadaire Challenges qui dénonçait « la fréquence bien plus élevée » des publications « pro-Macron/défavorables à ses adversaires » sur son site internet qui « annihile totalement la tentative de rééquilibrage« .

Mardi matin, le journaliste, qui a commencé sa carrière en 1988 à France 2 (alors Antenne 2) où il avait notamment présenté les journaux de Télématin et le JT de la nuit, a supprimé son compte Twitter, effaçant tout l’historique de ses commentaires sur le réseau social. Ce recrutement a en tout cas alimenté mardi sur les réseaux sociaux les accusations de confusion des genres entre mondes politique et médiatique. Comme si cela était nouveau…

Les navettes entre les deux sphères ont accéléré ces dernières semaines, à l’instar de la nomination de l’ancien directeur de la rédaction d’Europe 1 Nicolas Escoulan au cabinet de Benjamin Griveaux au ministère de l’Economie et des Finances ou, en sens inverse, l’arrivée de plusieurs anciens responsables politiques (Jean-Pierre Raffarin, Henri Guaino, Aurélie Filippetti, Julien Dray, Raquel Garrido…) comme chroniqueurs dans des télés et radios !

« Quand les politiques chroniquent et les chroniqueurs deviennent politiques, le nouveau monde devient d’abord celui de la confusion« , a réagi sur Twitter le patron des députés socialistes Olivier Faure. « Bruno Roger-Petit à l’Élysée. Méfiance : derrière chaque éditorialiste pro- #Macron aujourd’hui, un porte-parole demain« , a cinglé de son côté le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon. D’ailleurs, en 2015, dans une émission d’Europe 1, M. Roger-Petit estimait sur la foi de ses « 27 ans de journalisme politique » que « beaucoup de journalistes politiques ont comme vocation de rentrer comme conseiller du prince« .

Vous dis-je !

Mais n’oubliez pas ceci :


Et vous aurez compris ce qui vous attend.*

Le 30 août 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Auriez-vous, par hasard, voté pour Emmanuel Macron ?…

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