Emmanuel Macron a peut-être quelque souci à se faire avec son nouveau CEMA.

6 Sep

Dans un article du 20 juillet 2017, intitulé « Forces armées françaises, le grand gâchis d’Emmanuel Macron » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/07/20/forces-armees-francaise-le-grand-gachis-demmanuel-macron/), nous commentions la gestion catastrophique par le chef de l’Etat du désaccord entre sa vision économique de la politique militaire de la France et les impératifs de la défense nationale. À cette occasion, nous écrivions ceci à propos du nouveau chef d’état-major des armées (CEMA), le général François Lecointre :

«  C’est le général François Lecointre, actuellement chef du cabinet militaire du Premier ministre Édouard Philippe, qui va être nommé chef d’état-major des armées. Ce Saint-Cyrien de 55 ans est, en réalité un militaire  » politique  » qui a servi essentiellement dans des cabinets ministériels (Manuel Valls, Bernard Cazeneuve puis Edouard Philippe). Soyons assurés qu’il sera  » à la main  » du chef de l’Etat comme Berthier le fut de celle de Napoléon Bonaparte…« 

Le général François Lecointre

Mais, si l’on en croit son récent discours lors de l’Université d’été de la Défense à Toulon, il se pourrait que nous ayons sous-estimé les velléités d’indépendance politique du nouveau chef d’état-major des armées…À moins que la mesure des réalités l’ait rapidement emporté sur les propos illusoires de ses mentors. La ministre des Armées, Florence Parly, vient d’en faire l’expérience à ses dépens.

La ministre se voulait très optimiste lors de cette rentrée : les OpEx seront bien financées, les 850 millions perdus ne menaceraient pas l’armée, et l’épisode De Villiers n’entame en rien les relations entre l’armée et le gouvernement. Et l’effort budgétaire ne porte que sur 2017. Le meilleur des mondes en quelques sortes.

Pourtant, à Toulon, dans un langage mesuré et technique, le Général Lecointre n’était semble-t-il pas sur la même longueur d’onde. « Qui sait où il faudra que nous soyons capables d’intervenir dans un an ou dans un an et demi. Je crois qu’il est impératif, urgent, important de se redonner de la marge. » En d’autres termes : il va falloir revenir sur les objectifs d’économie initiaux si on veut éviter une crise prochainement. Le désaccord est poliment et intelligemment masqué, mais la grogne n’a donc pas disparu dans les rangs. La surprise vient simplement de ce que François Lecointre rejoint aujourd’hui les préoccupation exprimées par son prédécesseur, le général de Villiers. Tant pis pour Emmanuel Macron !

Après avoir décidé d’annuler 850 millions d’euros de crédits dans le budget des Armées, le chef de l’Etat a annoncé une hausse des dépenses militaires de 1,8 milliard en 2018. Puis, la semaine passée, il a promis une augmentation de ces dernières à hauteur de 1,6 milliard d’euros par an jusqu’en 2022, tout en assurant que l’objectif des 2% des PIB serait en ligne de mire à l’horizon 2025. Ce que, à l’évidence, la trajectoire qu’il a ainsi définie ne permettra pas, sauf à y « mettre le paquet » au début du prochain quinquennat.

De son côté, le général Lecointre a estimé qu’il « faudra faire des choix entre la régénération nécessaire de nos armées qui sortent d’années très difficiles de contrainte budgétaire accompagnées par le surengagement » ainsi que des « choix de renouvellement et des choix de modulation de nos engagements. »

« La régénération (…) est indispensable afin que l’armée française reste la première armée d’Europe et ne tombe pas dans le piège, dans la cuvette fatale dans laquelle est tombée l’armée britannique », usée après avoir connue des engagements intenses en Afghanistan et en Irak, a expliqué le CEMA.

S’agissant de la « modulation des engagements », le général Lecointre a dit qu’il s’agit d’ « une nécessité à laquelle nous devons tous nous atteler, ne serait-ce que pour se redonner des marges de souplesse. » Et d’ajouter : « Qui sait où il faudra que nous soyons capables d’intervenir dans un an ou dans un an et demi. Je crois qu’il est impératif, urgent, important de se redonner de la marge. »

Qu’en termes prudents, mais néanmoins rétifs, ces choses-là sont dites !

Le 6 septembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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