Montée en puissance pour les drones acquis par la France.

8 Sep

La ministre des armées, Florence Parly, a déclaré mardi 5  septembre que la France allait enfin se doter de drones armés. C’est ce que nous réclamons depuis longtemps pour diverses raisons dont la moindre n’est pas la surveillance des rives de la Méditerranée et la lutte contre les négriers qui submergent notre continent par leur trafic d’esclaves sub-sahariens (Lire « Hep taxi ! » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/02/17/bulletin-climatique-quotidien-17-fevrier-2015de-la-republique-francaise/).

Jusqu’à présent, notre pays se situait dans un entre-deux peu satisfaisant. Les armées disposent de plates-formes pouvant être armées (les drones Reaper d’origine états-unienne), et la Direction générale pour l’armement (DGA) finance des programmes de recherche et développement (R&D) pour des drones armés. Pourtant, la France voulait étudier de manière approfondie certaines questions liées à l’armement des drones, notamment d’ordres moral et juridique (pourtant devenues bien secondaires face à l’urgence et à la gravité de la situation) et n’avait pas encore franchi le pas. Se positionner était devenu indispensable pour les industriels, nos partenaires européens et les armées. Pour le ministère des armées, les drones armés pourraient être employés sur certains théâtres où les forces françaises sont déployées (et manquent hélas de moyens), comme la bande sahélo-saharienne.

Drone Reaper de l’armée française

Armer des drones Reaper, ayant déjà montré au sein des forces américaines leur potentiel opérationnel, est une bonne technique pour se donner un peu de temps avant d’avoir à engager plus de crédits en vue de la réalisation de nos propres engins.

Elle rejoint les propos récents du chef d’état-major des armées, le général Lecointre (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/09/07/forces-armees-il-va-falloir-choisir/), selon lequel il va falloir «  faire des choix  » dans les opérations extérieures ( » opex « ) pour regagner des marges de manœuvre.

Le CEMA a répété que les armées étaient  » surutilisées  » : elles sont engagées à un niveau supérieur à celui prévu par les contrats opérationnels du Livre blanc sur la défense et la sécurité na-tionale. Regagner des marges de manœuvre est indispensable puisque le niveau d’engagement érode vite ces capacités. A court terme, l’armement des Reaper ne jouera que marginalement dans cette régénération. D’abord, parce que cette opération va certainement nécessiter quelques mois : modifier les cellules, former les équipes d’opérateurs à réaliser des opérations armées et développer une doctrine dans ce domaine. Ensuite, parce que le volume de plates-formes concernées est très limité : six drones, dont cinq déployés en  » opex « . Là où ces Reaper sont actuellement engagés, ils devraient permettre au commandement de disposer d’une plus grande diversité de moyens pour certaines missions.

Ils permettent surtout d’opérer un soutien pour des forces déployées au sol et de traiter des cibles qui ne peuvent être atteintes qu’un court instant. Ils pourront donc constituer une aide précieuse pour les engagements contre-insurrectionnels, notamment lorsque les territoires à contrôler sont très vastes. C’est ce que nous ne cessons de répéter à propos de la dégradation du tissu social de notre pays et des risques évidents de guerre civile. Dans ce cas, les drones armés ne manqueront pas de trouver de nouvelles indications…Même s’ils ne sont pas capables de remplacer les avions ou hélicoptères pour d’autres types de missions.

N’oublions pas non plus que leur faible nombre va limiter leur impact en  » opex « . A terme, la France sera, en principe (si de nouveaux coups de rabot n’affectent pas le budget de la défense) dotée de douze Reaper. Selon le type de missions, les drones peuvent soit se substituer, soit compléter d’autres plates-formes aériennes. A long terme, les drones armés vont cependant prendre en charge un plus grand nombre de missions. Les travaux de R&D engagés depuis des années ont, entre autres finalités, la diversification de leurs domaines d’emploi opérationnel. Les plates-formes actuellement développées sont ainsi plus évoluées, mais aussi plus onéreuses.

La ministre des armées a également précisé que les travaux de R&D concernaient un  » futur drone européen réalisé en coopération avec l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne « . Le CER n’est en rien hostile, bien au contraire, à ce type de collaboration qui s’avère compatible avec la notion d’Europe des Patries, différente de la conception actuelle d’Union européenne.

Car, les drones font partie des équipements qui génèrent des programmes communs avec d’autres pays. Outre la dimension politique de ce choix, il convient de rappeler que ce type de programmes permet de partager entre les Etats les coûts de conception et, éventuellement, d’abaisser le prix à l’unité. Ils favorisent aussi l’interopérabilité entre les armées et la création de communautés d’utilisateurs. Ils renforcent donc les liens entre partenaires sans leur imposer l’appartenance à une organisation tyrannique.

Se rapprocher ainsi de nos conceptions ne peut qu’être accueilli avec bienveillance par le Conseil dans l’Espérance du Roi.

Le 8 septembre 2017.
Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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Une Réponse to “Montée en puissance pour les drones acquis par la France.”

  1. Hervé J. VOLTO septembre 11, 2017 à 10:01 #

    Soutient pour des forces dèployées au sol, assitance dans des engagements contre-insurrectionnels et renseignements : tels sont les fonctions indispensables du drône moderne.

    Vive la lucidité d’analyse du CER.

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