Quand les  » Constructifs  » détruisent la droite parlementaire.

9 Sep

Réunis en séminaire parlementaire à Trouville (Calvados), mercredi  6 et jeudi 7  septembre, les 35 députés issus des Républicains et qui s’auto-proclament  » constructifs  » sont parvenus à une position commune sur le devenir de leur démarche  » macron-compatible  » (comme ils l’appellent alors qu’il ne s’agit que de l’échange de leur âme contre un plat de lentilles).

 » Nous avons pris la décision de structurer la fédération d’une nouvelle union de la droite et du centre « , a déclaré Franck Riester, coprésident du groupe à l’Assemblée nationale mais aussi député-maire de Coulommiers (Seine-et-Marne) et militant très engagé de la cause LGBT, à l’issue de la première journée. S’agit-il de la naissance d’un nouveau parti ? Pas pour le moment, a-t-il précisé :  » Dans cette fédération, il y aura des partis, dont l’UDI, mais ce sera plus qu’une simple alliance  » dont l’objectif,  » demain « sera de  » peser dans le débat public et dans les élections  »  (ne manquez pas de lire nos articles consacrés à l’UDI et à son rôle dans l’islamisation de la France; vous en trouverez un certain nombre en lisant « Ah, dhimmitude, quand tu les tiens… » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/09/13/bulletin-climatique-quotidien-13-septembre-2016-de-la-republique-francaise/).

 » Union « ,  » fédération « ,  » confédération « … Chacun prend grand soin d’entretenir le flou sur la structure partisane dont accouchera ce  » rassemblement « .  » On ne peut pas décider seuls de lancer un parti « , a souligné Agnès Firmin-Le Bodo, députée LR de Seine-Maritime et successeure du premier ministre Edouard Philippe à l’Assemblée nationale. Le rendez-vous de Trouville aura permis, selon elle, de lancer  » une fusée à plusieurs étages « , qui doit désormais se rapprocher des élus locaux ainsi que des sénateurs qui réfléchissent eux aussi à lancer leur groupe  » constructif  » –  » mais après les sénatoriales «  (c’est plus sûr !) – et des militants et sympathisants en accord avec eux. Une question de semaines, selon certains.

Pour Franck Riester, cette nouvelle union de la droite et du centre est d’autant plus nécessaire que  » le centre ne pourra plus faire d’accord avec une droite bientôt dirigée par Laurent Wauquiez et sa ligne identitaire et conservatrice « . Quant aux Républicains, renchérit Thierry Solère, à l’origine de la création du groupe  » constructif  » et chef de file des déserteurs,  » ils sont morts au lendemain du premier tour de la présidentielle « , lorsque le bureau politique n’a pas appelé  » clairement  » à voter pour Emmanuel Macron contre Marine Le Pen. Encore un qui n’a pas compris que le salut, pour les Républicains, n’est pas dans le refuge auprès d’Emmanuel Macron mais dans la fondation d’un vaste mouvement identitaire et patriote qui permette l’union de toute les droites.

 » Deux solutions s’offrent à nous : rallier En marche !, et structurer la jambe droite du gouvernement, ou créer un parti  dans l’espace politique vacant entre Les Républicains et La République en marche « , estimait M. Solère à la veille du séminaire. Les 35 députés issus de LR (Thierry Solère, Pierre-Yves Bournazel, Laure de La Raudière, Marine Brenier…), de l’UDI (Stéphane Demilly, qui copréside le groupe, Yves Jégo, Jean-Christophe Lagarde, Philippe Vigier…) et indépendants ont donc choisi…de ne pas choisir ! Un entre-deux qui permet à chacun de rester, pour le moment, encarté dans son propre parti. «  COURAGE, FUYONS  » A TOUJOURS ÉTÉ LA DEVISE DU MARAIS.

C’est d’ailleurs la solution qui convient le mieux à l’UDI. Fondé à la fin de 2012, le parti de centre droit est peuplé d’une myriade de chapelles dont les responsables sont toujours rétifs à se fondre dans un grand parti. Avant de retrouver ses camarades dans le Calvados mercredi soir, son vice-président, Yves Jego, avait ainsi soufflé son scepticisme à l’AFP :  » Je suis dubitatif. Créer un nouveau parti, très bien, mais avec qui ? Et sans leader affirmé ! « 

Le 9  juillet, son président, Jean-Christophe Lagarde, avait tout de même tenté d’évoquer sur France Inter la création  » d’un grand mouvement de centre et de droite progressiste « . Moins ambitieuse, la voie choisie à Trouville d’une fédération – à mi-chemin entre le parti unique et le statut quo – lui permet de préserver les ego des patrons des formations centristes et de ne pas mettre une nouvelle fois les mains dans la mécanique sensible de l’UDI qui, à l’image d’une armée mexicaine, comporte davantage de colonels que d’hommes de troupe ! 

D’autant plus que des tensions sont déjà apparues au sein des Constructifs. Philippe Vigier, membre du Nouveau Centre, et Yves Jégo, membre du Parti radical, n’ont pas apprécié de voir M. Solère manœuvrer dans l’ombre pour ravir la questure de l’Assemblée nationale. Hors de question, pour eux, de se laisser noyer dans un mouvement offrant trop de pouvoir aux Constructifs LR, lesquels ne représentent qu’un tiers des députés du groupe à l’Assemblée.

De leur côté, les Constructifs issus de LR n’ont, quoi qu’il advienne, pas d’avenir au sein de leur parti historique. Chacun d’eux, ainsi que les ministres de droite – MM.  Philippe, Le Maire, Darmanin, Lecornu – ont reçu avant l’été une lettre du secrétaire général de leur parti, Bernard Accoyer, leur signifiant qu’ils avaient  » quitté «  d’eux-mêmes leur famille politique. Mais la question de leur exclusion est encore en suspens. Le 11  juillet, le bureau politique de LR a mis en place une commission spéciale, dirigée par l’ancien ministre Patrick Ollier et les ex-députés Isabelle Le Callennec et Jean Leonetti, afin d’entendre les dissidents pro-Macron avant de rendre une décision à l’automne. Mais LR joue la montre.

Entre le parti et les Constructifs, un jeu de dupes s’est ainsi installé. Dans un premier temps, la plupart des dirigeants de LR préféraient ne pas exclure trop rapidement les dissidents, pour laisser le temps à certains de revenir. Les sénateurs LR ne voulaient pas, quant à eux, se mettre à dos une partie des élus modérés avant les élections sénatoriales de septembre…

Aujourd’hui les dirigeants de LR jouent le pourrissement de la situation.  » Nous n’avons aucun intérêt à nous presser. Ils sont divisés sur la stratégie et pourraient imploser. Alors certains iraient vers En marche ! mais d’autres reviendraient vers nous « , estime un dirigeant. Pourtant,  » LR, c’est Ground Zero avec la secte de Waco (Laurent Wauquiez) qui va prendre le pouvoir et imposer sa ligne idéologique « , estime Thierry Solère.  » Si le choix est entre Laurent Wauquiez et Daniel Fasquelle, j’ai plutôt envie de partir des Républicains « , avait quant à lui arbitré Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, le 28  août sur Europe 1. Après cette nouvelle étape, le divorce semble désormais inéluctable.

Et c’est ainsi que la recomposition de la droite est revenue à l’ordre du jour. Le lancement, cette semaine du magazine  » L’Incorrect « , autour de la pensée de Marion Maréchal-Le Pen, en sera-t-il la première pierre ?

Le 9 septembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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