» Au bon beurre « , c’est fini !

11 Sep

Bientôt fini, en tout cas, les bonnes tartines beurrées de nos petits déjeuners. Car le beurre de nos grand-mères devient un luxe que tous ne pourront plus s’offrir.

La Fédération des entreprises de boulangerie (FEB) a, une nouvelle fois, tiré le signal d’alarme, mardi 5  septembre. Dans un communiqué, elle évoque  » la hausse alarmante du prix du beurre  » et même  » sa possible pénurie « . Elle s’était déjà émue de la situation en juin, mais l’été n’a pas calmé le jeu. La cotation de la matière grasse a continué à flamber pour atteindre de nouveaux sommets historiques à 6 800  euros la tonne.

De quoi donner des sueurs froides aux Fabricants de biscuits et gâteaux de France. En juin, ce syndicat avait estimé à 68  millions d’euros le surcoût, sur un an, pour ses entreprises membres. Un calcul qui se fondait sur une cotation du beurre à 5 300  euros la tonne, un niveau atteint en mai et considéré alors, déjà, comme historique. Avec la poursuite de la hausse, il chiffre désormais le surcoût annuel à 113  millions d’euros.

Chacun tente d’expliquer cette flambée des cours.  » Le beurre est devenu un aliment plébiscité par les consommateurs occidentaux, mais aussi dans les pays émergents, où il est un signe d’élévation du niveau de vie. Une tendance perceptible depuis quatre ou cinq ans. De plus, la production de fromage, qui absorbe une partie de la matière grasse du lait, progresse « , dit Dominique Chargé, président de la Fédération nationale des coopératives laitières. Les Américains, en particulier, ont redécouvert ce produit.

Or, face à ces nouveaux appétits, les éleveurs ont, eux, réduit les volumes, en réaction à la crise laitière liée à une ouverture massive des vannes en Europe après la fin des quotas, au printemps 2015. Une surproduction qui a fait plonger durablement le prix du lait. Autre élément-clé : le lait est moins riche en crème.  » Depuis plus de dix ans, on nous dit qu’il y a trop de matière grasse dans le lait. On a modifié la génétique pour produire moins de gras « , estime Thierry Roquefeuil, président de la Fédération nationale des producteurs de lait.

La conjugaison de ces facteurs a conduit à la raréfaction du beurre et à l’envolée de la cotation.  » Mais, ce qui rend la situation inédite, selon Benoît Rouyer, économiste au Centre national interprofessionnel de l’économie laitière, c’est que l’on atteint à la fois des niveaux de prix jamais vus sur le beurre, alors que, dans le même temps, le prix de la poudre de lait est revenu au prix d’intervention – prix plancher – . « 

Or, depuis la crise laitière, l’Europe a stocké entre 350 000  et 400 000 tonnes de poudre de lait. Un stock qu’elle n’a toujours pas écoulé, voire qu’elle continue à alimenter, et qui pèse sur la cotation de la poudre de lait.  » Cela paraît surprenant d’avoir des entreprises qui utilisent des outils d’intervention conçus pour des périodes de crise, alors qu’elles gagnent de l’argent sur d’autres fractions du lait. C’est inédit et assez inconfortable « , analyse M. Rouyer.

Cette évolution divergente du beurre et de la poudre est au cœur du débat sur le prix du lait.  » Au troisième trimestre, le prix de base du lait payé au producteur est de 340  euros la tonne. Nous souhaitons qu’il reste au moins à ce niveau pour les trois derniers mois de l’année « , affirme M. Roquefeuil. Une façon pour les éleveurs de commencer à respirer, après deux années de crise, et alors que le prix payé n’était encore que de 300  euros au début de 2017.

La question du prix du lait reviendra lors des négociations commerciales qui vont s’ouvrir entre industriels et grande distribution, à la mi-octobre. Les appels lancés par la FEB et par les Fabricants de biscuits et gâteaux de France sont d’ailleurs directement destinés à la grande distribution pour qu’elle tienne compte de l’évolution du prix du beurre et accepte de la répercuter. Le prix de la plaquette de beurre de 250  grammes est, lui, passé de 1,5 euro à 1,8 euro. Soit une augmentation comprise entre 20  % et 30  % en moyenne sur un an, qui ne semble pas avoir réduit pour autant l’appétit du consommateur. En tout cas de celui qui a les moyens. Mais pour combien de temps, quand on voit croître aussi la pression fiscale sur les retraités…

Merci Macron ! Merci Macron!

Le 11 septembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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2 Réponses to “ » Au bon beurre « , c’est fini !”

  1. Hervé J. VOLTO septembre 11, 2017 à 10:51 #

    Une autre chose : quelqu’un dit, « Nous ne voulons du beur, ni de l’argent du beur ».

    Trops de beurs et pas assez de beurre ?

  2. conseilesperanceduroi octobre 20, 2017 à 12:34 #

    C’était le 11 septembre ! Et, depuis, silence radio des autorités. Jusqu’à aujourd’hui, 20 octobre, et France Info qui nous dit ceci :
    http://www.francetvinfo.fr/economie/le-beurre-commence-a-manquer-dans-les-rayons-des-supermarches_2428819.html

    Le CER est toujours à l’avant-garde de l’information !

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