Billet d’humeur du sieur Du Plessis : Bois d’ébène. À géométrie variable.

12 Sep

La chaîne de télévision Planète nous offre ce soir, avec un docufiction du réalisateur sénégalais Moussa Touré, intitulé « Bois d’ébène« . Une redite de l’histoire officielle de la traite négrière : le commerce triangulaire trans-atlantique. Mais dans une version militante anti-française. Ça ne coûte rien puisque c’est dans l’air du temps et, en plus…il n’y a pas de mal à se faire du bien.

Pourtant, on nous dit moins que la traite fut interdite par une loi promulguée sous la Restauration le 15  avril 1818 avant de disparaître, pour la loi française, en 1848. Il fut donc trois décennies où ce marché humain perdura en toute illégalité, les usages établis depuis le XVIIe  siècle résistant aux avancées législatives.

Dans ce docufiction, l’auteur donne à suivre le parcours de deux jeunes Noirs, Yanka et Toriki, nés dans le golfe de Guinée, de leur village africain aux îles d’outre-Atlantique, du comptoir littoral où, capturés PAR LES LEURS, ils vont embarquer sur un navire négrier pour les Antilles, à leurs plantations respectives auxquelles ils sont désormais attachés, privés de liberté et au service d’une prospérité économique dont ils ne profitent naturellement pas.

On suit les négociations en terre africaine entre les chefs locaux qui lancent les raids sur les populations de l’intérieur et les négriers blancs ; puis la traversée sur un navire savamment aménagé pour ce type de  » marchandise « , avec son lot de souffrances, de silences contraints et de regards anxieux, l’arrivée, clandestine désormais puisque illégale, en terre caraïbe, avec la vente aux enchères des «  perruches  » et des  » mulets « . Et, enfin, la vie nouvelle qui leur est faite, dure, voire cruelle, selon le tempérament du maître. Les règles sont rappelées par la voix des maîtres comme par celle des esclaves qui accueillent les arrivants. Mises en garde utiles sans être salutaires. Au fond, rien de bien différent de ce que nos dirigeants politiques d’aujourd’hui, encouragés par les besoins des marchés et aidés par les trafiquants de troupeaux humains déguisés en organisations humanitaires, appellent le « SAUVETAGE DES REFUGIES« . Mais, de cela, il n’est pas question dans le film dont nous parlons.

La voix off, qui livre les pensées intimes des personnages, permet certes d’intégrer des témoignages rares – lettres d’armateurs, rapports de magistrats qui risquent le rappel en métropole quand ils enquêtent sur les manquements à la loi couverts par des gouverneurs proches des colons… – mais jamais elle ne fait le parallèle avec ce à quoi nous assistons aujourd’hui en Méditerranée. Pensée conforme et obligatoire oblige, sans doute.

Comme il n’est jamais question d’une autre réalité : LA TRAITE ORIENTALE (on devrait dire ARABO-MUSULMANE). Qui, elle, commença bien avant celle de l’Atlantique, dès le VIIème siècle, et…dure encore. Ayant concerné bien plus d’indigènes que celle des colons d’Amérique.

Mais pensée conforme et obligatoire oblige, sans doute aussi.

Le 12 septembre 2017.

Du Plessis

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