La Commission européenne s’avère incapable de faire face au flux migratoire.

29 Sep

Selon un calendrier ne devant rien au hasard, trois jours après les élections allemandes et au lendemain du discours d’Emmanuel Macron à la Sorbonne, la Commission européenne a rendu public, mercredi 27  septembre, un nouveau volet de sa politique de migration et d’asile : DU VENT ! Alors que la Commission tentait aussi de gommer l’échec des précédents plans d’action qu’elle avait présentés.

 » Il faut redoubler d’efforts « , avait indiqué, à Strasbourg, dans son  » discours sur l’état de l’Union « , le 13  septembre, le président Jean-Claude Juncker. Les «  efforts  » évoqués mercredi visaient à accélérer les retours et à afficher plus de  » solidarité «  avec l’Afrique – pour y favoriser le maintien des candidats au départ. Des mesures contrebalancées par de nouvelles promesses en matière d’accueil : l’ouverture de nouvelles voies légales de migration et un nouveau schéma pour la réinstallation d’ » au moins «  50 000 réfugiés d’ici à octobre  2019. Autrement dit une plus grande ouverture des vannes de l’accueil !

A la mi-septembre, le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) estimait que quelque 277 000 prétendus réfugiés, au total, séjournent actuellement dans les pays traversés par la route de la Méditerranée centrale. Ce qui est en contradiction avec l’Office international des migrations qui chiffre lui à quelque 135 000 le nombre de migrants qui ont gagné l’Europe depuis le 1er  janvier. En réalité ils sont donc plusieurs millions si l’on tient compte de l’ancienneté du phénomène et de l’ampleur des hordes qui se sont ruées sur notre continent, parfois encouragées par des responsables politiques tels Angela Merkel.

Dans le plan qu’elle a élaboré en  2015, au plus fort de la crise, la Commission avait « espéré » que quelque 120 000 personnes au total pourraient être accueillies en Europe avant septembre  2017. Finalement, 29 000 seulement ont été officiellement admises et 8 000 autres sont encore en attente d’un possible départ vers un Etat membre. Le reste est arrivé dans la clandestinité et le demeure…Dans le cadre de ce plan de relocalisation, l’Allemagne a accueilli quelque 8 500 réfugiés, la France 4 500, les Pays-Bas 2 400, la Suède 2 300, loin des objectifs annoncés. La Hongrie et la Pologne ont refusé à juste titre ces contraintes, l’Autriche et la République tchèque ont admis 1  % du quota qui leur était imposé, la Slovaquie moins de 2  %. Il faut les en féliciter.

Au lieu de cela, au début septembre, la Cour de justice de l’UE a donné tort à la Hongrie et à la Slovaquie, qui s’opposaient à ce système temporaire de quotas. Pour l’Allemagne, cet arrêt a cependant ouvert la voie à l’adoption d’un mécanisme, permanent cette fois, de relocalisation des réfugiés proposé par la Commission en juillet  2016. La Pologne et d’autres pays de l’Est refusent toutefois encore obstinément de prendre part à cette tragédie, alors que 11 autres membres ont, eux, capitulé devant Bruxelles et ses Gauleiters allemands et offert 14 000 places d’accueil dans ce nouveau cadre.

Alors, est-il encore envisageable, alors que le fossé se creuse entre les Etats membres, de créer  » l’espace commun d’asile et d’immigration « , proposé mardi par Emmanuel Macron ? Le président français prône la solidarité et un partage équitable mais sans évoquer la possibilité de sanctions éventuelles contre les récalcitrants. La Commission en appelle pour sa part à «  des progrès urgents  » dans les discussions sur la mise au point de ce système commun d’asile qui fixerait des règles uniformes et allégerait la charge, tant pour les pays d’arrivée que pour les principaux pays de destination des demandeurs d’asile.

Bruxelles, dans l’immédiat, entend débloquer 500  millions d’euros supplémentaires pour aider les pays procédant à des réinstallations (ou comment acheter l’introduction des vers dans les fruits…). Et accélérer le retour de 1,5  million de migrants présents sur son territoire et qui ne peuvent prétendre à l’asile.  » Les procédures de retour sont lourdes et disparates « , indique M. Macron, qui évoque la nécessité d’une  » police européenne des frontières « . La Commission parle, quant à elle, de renforcer le département  » retour  » au sein de l’Agence de gardes-frontières et de gardes-côtes, qui a succédé à Frontex en  2016. Mais si elle en était capable, ça se saurait !

La Commission évoque, enfin, la nécessité de renforcer la  » gestion des flux migratoires  » avec les pays d’origine et de transit. Les accords déjà conclus avec la Libye et d’autres pays devraient être renforcés. Problème : le fonds financier créé à cette fin manque cruellement de moyens et un appel aux dons des Etats est réitéré. Or vous pensez bien que, sans moyens, il n’y aura pas de réadmission dans les pays de départ. Ce qui nous permet d’affirmer qu’en dehors de la contrainte, il n’y aura pas de salut : de la mise en oeuvre d’une force navale digne de ce nom interdisant tout franchissement maritime jusqu’à l’organisation, acceptée ou contrainte, de centres de rétention avant expulsion de l’autre côté de la Méditerranée en passant par la chasse aux passeurs de tout poil locaux et autres collabos immigrationnistes chez nous. Est-ce suffisamment clair ?

Si elle entend sauver ce qui reste de sa politique migratoire, la Commission européenne doit aussi totalement réorganiser l’espace sans passeport de Schengen, mis à mal par la crise migratoire, qui, conjuguée à la menace terroriste, a entraîné, en France, en Allemagne ou en Autriche, le rétablissement des contrôles aux frontières. Les Etats concernés, entendant  » rendre légale l’illégalité dans laquelle ils se trouvent « , comme le dit un expert européen, réclament aujourd’hui une extension des délais pour la poursuite de tels contrôles. La Commission de Bruxelles n’avait pas d’autre issue que de dire oui. Quitte à admettre une autre entorse à ses principes.

Ce qui ne lui arriverait pas si elle refusait de rester sous l’emprise des lobbys immigrationnistes, parmi lesquels les acteurs du grand capital ne sont pas les moins actifs. Ce sont les négriers dont nous parlons si souvent.

Le 29 septembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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2 Réponses to “La Commission européenne s’avère incapable de faire face au flux migratoire.”

  1. Hervé J. VOLTO septembre 29, 2017 à 11:52 #

    C’est faux de dire que la CE est incapable de faire face aux fluxs migratoires : c’est elle qui en fait ORGANISE l’invasion des pays européens !

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