Catalogne : comment les européistes cherchent à s’imiscer dans le conflit politique.

12 Oct

Vous ne l’avez peut-être pas encore remarqué mais nous assistons, depuis le référendum indépendantiste (illégal) en Catalogne et le conflit qu’il a déclenché entre les tenants de l’Etat de droit à Madrid et les apprentis-sorciers de Barcelone, à de grandes manoeuvres d’officines européistes cherchant à promouvoir une prétendue médiation entre les deux parties. Leur but est simple bien qu’inavoué : rendre incontournable l’intervention de l’Union européenne dans une crise strictement espagnole. Ce qui serait une étape essentielle vers la fédéralisation de l’Union, un projet d’origine allemande bien mis en évidence il y a une vingtaine d’années par le géopoliticien Alexandre Del Valle, très politiquement incorrect, et qui devrait être lu de tous les patriotes.

Chez nous, le chef de file médiatique de ce mouvement est l’ex-trotskiste Bernard Guetta*, devenu l’un des plus ardents activistes de l’Union européenne (après un long parcours dans divers cénacles de gauche) et à ce jour chroniqueur patenté de géopolitique sur les ondes de France Inter.

Ce militant de la cause fédérale en est déjà à cinq éditoriaux consacrés à l’absolue nécessité d’une intervention européenne dans la crise catalane en dix jours ! C’est dire combien est brûlante la situation à ses yeux.

Que nous dit donc le messager de Bruxelles ? Ceci. «  Il y aura donc, sous peu, une déclaration unilatérale d’indépendance de la Catalogne. C’est son président qui l’a annoncé au moment même où le Roi déclarait lui que c’était « la responsabilité légitime des pouvoir de l’Etat d’assurer l’ordre constitutionnel ».

La suite est ainsi claire. Dès que la Catalogne aura proclamé son indépendance, l’Espagne suspendra l’autonomie de la région et pourrait même aller jusqu’à faire arrêter ses dirigeants. On est, autrement dit, à la veille d’une crise gravissime en Espagne et en Europe dans laquelle les indépendantistes comme le pouvoir central disposent d’atouts majeurs.

A Madrid, le Premier ministre Mariano Rajoy n’a pas pour lui que la loi fondamentale. Il a également le soutien du parti socialiste, le PSOE, et des centristes de Ciudanados. Il peut surtout s’appuyer sur cette moitié des électeurs catalans qui ne veut pas rompre avec le reste de l’Espagne. Les indépendantistes n’ont pas toutes les cartes en main mais, outre que les brutalités policières de dimanche dernier leur ont attiré de nombreux ralliements, la jeunesse leur est maintenant acquise et, plus le pouvoir central mobilisera la force et la loi pour s’opposer à l’indépendance, plus les indépendantistes élargiront leurs rangsC’est un bras de fer qui s’ouvre maintenant et l’on ne sait pas qui le gagnera. »

Et notre prophète d’ajouter :

 » Cette situation est incertaine et mouvante. Elle est si dangereuse que l’Espagne et la Catalogne ont un urgent besoin d’une médiation leur permettant de débattre d’une indépendance dans l’interdépendance, d’une solution à la suisse ou à la québécoise, qui permettrait aux deux parties de sauver la face et à l’Union européenne d’éviter une crise majeure dans l’un de ses principaux pays.

L’Union doit s’entremettre. Elle doit le faire sans tarder parce qu’elle bénéficie de la confiance des deux partie qui l’une et l’autre se réclament d’elle. Elle peut le faire publiquement ou discrètement, qu’importe, mais elle se doit de le faire avant que cette crise ne devienne indémêlable.« 

Qu’en termes choisis mais fermes ces choses-là sont dites !

Manque de chance pour les activistes de l’interventionnisme, Bruxelles a brusquement senti que la fermeté du Roi don Felipe VI et de son gouvernement ne laissait pas de place à cette prétendue médiation. Alors Bernard Guetta et ses potes en remirent une petite couche supplémentaire :

 » Elle (l’UE) ne le peut pas mais elle le doit. Face à la crise catalane, l’Union européenne, c’est-à-dire ses institutions et les pays qui en sont membres, ne peut rien, c’est vrai, car elle n’a aucun titre à intervenir dans ce qui est, juridiquement parlant, une affaire intérieure à l’Espagne.

Si elle ne faisait même que proposer une médiation sans que Madrid le lui ait demandé, l’Union jouerait de fait le jeu des indépendantistes qui souhaitent internationaliser le problème afin de mettre sur pied d’égalité les gouvernements d’Espagne et de Catalogne, comme s’il s’agissait déjà de deux pays différents. Le gouvernement espagnol aurait toutes les raisons de le prendre mal et de repousser cette proposition.

Pour l’Union, il ne servirait à rien d’aller au-devant d’un échec mais elle doit pourtant trouver les moyens d’intervenir – c’est un impératif – avant que Madrid et Barcelone n’en viennent à l’affrontement.

Or c’est une question de jours.

Si rien ne bouge, là, maintenant, très vite, l’exécutif catalan sera bientôt contraint de proclamer unilatéralement l’indépendance. La loi d’organisation du référendum lui en fait obligation et c’est ainsi que lundi ou mardi prochains, Madrid pourrait se retrouver obligée de riposter à cette proclamation par la suspension de l’autonomie de la Catalogne. La Constitution en donne la possibilité au pouvoir central et il serait, dès lors, bien difficile d’éviter la violence car aucune des deux parties ne pourra plus risquer de perdre la face.

Le Roi lui-même a brûlé ses vaisseaux en sortant de sa neutralité et dénonçant de front les indépendantistes (ndcer : quel culot !). Madrid veut briser l’indépendantisme catalan en lui refusant toute concession et les indépendantistes, de leur côté, sont eux-mêmes prisonniers des espoirs qu’ils ont fait naître en sachant organiser ce référendum. Ils ne peuvent plus reculer sans commettre un suicide politique et c’est la raison pour laquelle l’Union européenne ne peut pas ne pas tout tenter pour éviter une catastrophe annoncée.« 

Si, avec ça, vous n’avez pas compris où ils veulent en venir….

Eh bien voilà : c’est simple, ces gens-là sont téléguidés par la troïka fédéraliste. Et la preuve est là :

« A eux trois, Mme Merkel, Emmanuel Macron et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, devraient y parvenir pour peu qu’ils s’y mettent. Rien n’est déjà perdu, mais le temps presse. » Où sont passés les 26 autres chefs d’Etat de l’UE ? Mystère et boule de gomme…Normal,  » ils comptent pour du beurre ! « 

Mais comme hier le président du gouvernement catalan, Carles Puygdemont, l’initiateur de cette folie, a réaffirmé le droit à l’indépendance de la Catalogne en s’appuyant sur les résultats du référendum du 1er octobre tout en proposant, c’était son mot, de « suspendre » la mise en œuvre de cette déclaration d’indépendance les cartes se sont trouvées redistribuées.

 » Ce que Carles Puigdemont vient de dire à Mariano Rajoy, c’est qu’il devait désormais accepter les discussions auxquelles il se refusait jusqu’à présent, qu’il se donnerait le mauvais rôle en ne le faisant pas et qu’il n’avait plus de raison d’en refuser l’ouverture puisqu’il n’y avait pas de déclaration d’indépendance, en tout cas pas explicite  » affirmait ce matin même ledit Bernard Guetta…

Revenant, une fois de plus, sur la nécessité supposée d’une médiation européenne au travers des arguments suivants :

 » Il (Mariano Rajoy) ne lui est pas possible de négocier ouvertement avec les indépendantistes. Même s’il le voulait, il ne le pourrait pas car sa base, la droite espagnole, ne le lui permettrait pas. Il ne pourrait pas non plus recourir à la force sans s’exposer à de grands risques car le discours d’hier ne le justifierait pas et l’on en revient ainsi à ce qui est l’évidence depuis le début de cette crise.

Entre Espagnols et Catalans ou, plus exactement, entre adversaires et partisans d’une indépendance, il faut une médiation permettant d’arriver à un compromis qui serait l’indépendance dans l’interdépendance et sur lequel les Catalans auraient ensuite à se prononcer par référendum, mais légal cette fois-ci.

Si l’on en arrivait à cela, il n’y aurait pas de fracture de l’Espagne car les électeurs la rejetteraient mais, pour y arriver, il faut que les capitales européennes offrent, fût-ce discrètement, leurs bons offices. Il n’y a pas un jour à perdre car la mèche reste allumée. « 

Ces gens sont des imposteurs voire…des criminels contre l’humanité.

Le 12 octobre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Lire :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Guetta

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Une Réponse to “Catalogne : comment les européistes cherchent à s’imiscer dans le conflit politique.”

  1. Catoneo octobre 12, 2017 à 11:14 #

    La « médiation » réclamée par Puigdemont ne visant ouvertement qu’à la capitulation du gouvernement central, tous les médiateurs se sont récusés de peur de jouer dans une espagnolade où le ridicule peut blesser. Puigdemont est tombé dans le piège de l’opéra-comique. Il a cinq jours pour se « suicider » en sautant du balcon de la Generalitat qui n’est pas bien haut !

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