Autriche : barre à droite.

15 Oct

 » S’il devient chancelier, il va faire souffler un vent d’air frais sur tout le pays « , c’est ce que l’on entend partout aujourd’hui en Autriche à propos de Sebastian Kurz, le jeune, très jeune (31 ans) ministre des Affaires étrangères du pays, devenu récemment président du parti conservateur qu’il a relevé de ses cendres et candidat aux élections législatives de dimanche 15 octobre 2017 (Lisez à son sujet « Savez-vous qui est Sebastian Kurz ? » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/07/14/savez-vous-qui-est-sebastian-kurz/).

Les sondages donnent tous Sebastian Kurz gagnant avec plus de cinq points d’écart sur Heinz-Christian Strache, du FPÖ (droite populiste) et Christian Kern, le chancelier social-démocrate sortant (SPÖ). M.  Kurz s’était emparé du vieux parti conservateur-chrétien au printemps, après six ans de gouvernement de coalition avec les sociaux-démocrates. Au plus haut de sa popularité, il avait alors immédiatement provoqué des élections anticipées, quelques mois seulement après une présidentielle qui avait vu, en décembre  2016, l’écologiste Alexander Van der Bellen l’emporter face à Norbert Hofer, le représentant du FPÖ.

Sa popularité, le candidat conservateur la doit en grande partie à ses petites phrases hostiles à l’immigration, ce qui fait grincer quelques dents, car l’opulente Autriche a  » besoin de main-d’œuvre pour maintenir sa bonne santé économique « , selon Cornelius Klimt, un militant représentant le petit parti libéral NEOS. Ce négrier cosmopolite, arrière-arrière-petit-neveu du célèbre peintre Gustav Klimt, trouve que le favori en fait même  » un peu trop sur l’islam « . Pas nous.

 » Le discours de Kurz, qui rappelle celui de Nicolas Sarkozy en  2007, est adouci par un marketing politique plutôt habile « , commente Thibault Muzergues, directeur européen de l’ONG américaine International Republican Institute.  » La politique ennuyait les gens en Autriche depuis des années, en particulier les jeunes, car il n’y a pas d’offre contestataire à la Podemos. Heinz-Christian Strache, le chef du FPÖ, est dans le paysage depuis onze ans et ne peut plus jouer sans arrêt la carte de la provocation. Sebastian Kurz en profite. Il a réussi à introduire une dose de transgression dans les débats publics sans déraper et à incarner le désir de changement. «  Un peu à la façon de Marion Maréchal-Le Pen…

La  » Kurzmania  » a transformé du jour au lendemain la vénérable institution conservatrice en un  » parti de groupies, ouvert à la société civile «  sur le modèle de La République en marche, le mouvement d’Emmanuel Macron, selon Patrick Moreau, chercheur au CNRS. Mais la comparaison s’arrêterait là.  » Car Kurz a des positions très différentes de celles du président français sur l’avenir de l’Europe. Il est opposé à un élargissement automatique de la zone euro, à la création d’un ministre européen des finances et au projet de répartition équitable des demandeurs d’asile grâce à des quotas. Il souhaite aussi réduire les pouvoirs de la Commission européenne. « 

Des points de vue très souverainistes alors que l’Autriche assurera la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne l’année prochaine.  » Sebastian Kurz est très dangereux « , prétend d’ailleurs l’écrivain Robert Menasse (au nom prédestiné). Je suis étonné que, pendant la campagne, il ait pu ouvertement dire qu’il fallait privilégier les Autrichiens face au droit européen sans qu’il y ait eu de véritable protestation dans l’autre camp, celui des sociaux-démocrates.  » Ne trouvez-vous pas curieux  que l’on puisse s’étonner d’une telle évidence ?

De fait, la résignation a gagné la gauche autrichienne.  » On aurait pu faire une meilleure campagne « , reconnaît Elke Hanel-Torsch, candidate sur la liste SPÖ.  » On est resté sur des arguments rationnels : droit au logement, salaire minimum… On a fait le job sur le terrain, toutefois je ne sais pas si notre message est passé. « 

Par ailleurs, les habituels articles de presse rappelant aux électeurs le passé sulfureux de l’extrême droite autrichienne se sont, cette fois, fait plutôt discrets. Après un premier passage au pouvoir en  2000, le parti FPÖ espère revenir au gouvernement en coalition, soit avec Sebastian Kurz, soit avec les sociaux-démocrates, car le système électoral autrichien est entièrement proportionnel. Et les nationalistes ne provoquent plus aucun tollé dans la classe politique autrichienne. On les envie.

 » Je l’admets, nous avons succombé à quelques provocations par le passé pour attirer l’attention et nous faire une place chez les grands « , concède Elmar Podgorschek, l’un des plus anciens membres du FPÖ.  » Mais nous avons réussi notre mue : d’un parti d’opposition, nous sommes désormais devenus une formation de gouvernement.  » M.  Strache, leur président, espère bien devenir vice-chancelier. Et offrir un virage très à droite à son pays.

Pour notre prochaine émigration nous hésitons entre la Hongrie, la Pologne et, maintenant, l’Autriche* !

Le 15 octobre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* D’autant que le bruit court que Sebastian Kurz serait un peu nostalgique de l’empire austro-hongrois…

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Une Réponse to “Autriche : barre à droite.”

  1. hathoriti octobre 16, 2017 à 8:32 #

    Oh ! Intervenants de CER, il n’y a pas à hésiter, même si nous admirons, la Pologne, la Hongrie, la Russie, et maintenant l’Autriche ! Nous restons en France et nous attendons LE ROI ! Le Fils Aîné de l’Eglise et du Sacré Coeur, le Lieutenant de Dieu, l’Oint du Seigneur, le Très Chrétien…Le temps nous dure, c’est très long, la situation urge… Quand verrons-nous le Sacre et quand sera renoué le Pacte de Reims ? Quand ?

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