Emmanuel Macron ment sur sa politique migratoire pour 2018. Alors, imaginez la suite…

27 Nov

C’est, en tout cas, l’opinion du sénateur François-Noël Buffet :  » Ni l’intégration des réfugiés ni la lutte contre l’immigration irrégulière ne seront à la hauteur des promesses  » de la nouvelle mandature, avance cet élu (Les Républicains) du Rhône, après avoir analysé le budget pour 2018. Il estime, dans un rapport de la commission des lois du Sénat présenté jeudi 23 novembre, que la somme de 1,35  milliard d’euros allouée à la mission  Immigration, asile et intégration ne peut pas donner au gouvernement les moyens de ses ambitions.

Aucune des deux lignes de force qui se dégagent des discours du président de la République, Emmanuel Macron, et de son ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, ne peuvent être vraiment mises en œuvre avec un budget migration en hausse de 10,44  %, estime la commission des lois. Et ce, même si le chef de l’Etat ne cesse de répéter qu’il va mettre en place un meilleur accueil et une meilleure intégration des réfugiés ; et si son ministre de l’intérieur rappelle régulièrement sa volonté de renvoyer dans leur pays les déboutés de l’asile. Le grand écart avec lequel ils espèrent nous berner.

Si M. Buffet s’attarde d’abord sur le fait que le gouvernement  » sera dans l’incapacité de tenir ses engagements en matière d’éloignement «  des migrants sans titre de séjour, c’est qu’il y voit  » le point le plus révélateur d’une absence de politique sur l’immigration « . Et d’ajouter que,  » si la France ne commence pas par donner un signe fort sur ce point, rien ne sera possible « . Or, selon ses calculs,  » le budget 2018 table sur 14 500 éloignements forcés. Pas mieux qu’en  2016, année où seuls 18  % des mesures d’éloignement prononcées ont été réellement exécutées « .

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Le sénateur estime que le véritable levier n’est pas l’augmentation de la durée de rétention, prévue dans le projet de loi sur les migrations qui sera présenté début 2018, mais la signature d’accords bilatéraux afin que les Etats acceptent de reprendre leurs ressortissants. C’est très exactement ce que le CER réclame depuis des années (Lire « Le dos au mur » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/11/12/bulletin-climatique-quotidien-12-novembre-2015de-le-republique-francaise/ et aussi « Quand on veut on peut… » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/09/03/bulletin-climatique-quotidien-3-septembre-2015-de-la-republique-francaise/).

Le rapport parlementaire note en effet que  » moins de la moitié des laissez-passer ont été délivrés dans des délais utiles à l’éloignement en  2016 « . M.  Buffet s’inquiète, par exemple, que le Mali ne délivre que  » 11,8 % des laissez-passer consulaires demandés, l’Algérie 48 % « 

Pour la commission des lois, l’avis budgétaire souligne aussi une distorsion entre le discours sur l’intégration de M. Macron et ce que permettra la somme allouée à ce poste dans le budget 2018. D’abord, l’élu, qui ne commente pas directement le vœu présidentiel que plus aucun migrant ne soit dehors à la fin de l’année, remarque que  » l’hébergement des demandeurs d’asile a un retard difficile à rattraper « . Dit autrement : il n’y a de la place à l’abri que pour 61  % des candidats à l’asile. Les autres continuent de s’entasser puis de disparaître des radars pour constituer des hordes incontrôlables, partout dans nos villes et même , à présent, nos villages.

Par ailleurs, et toujours sur l’intégration, M. Buffet s’émeut que l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) ne bénéficie que de 35 postes supplémentaires en  2018, alors qu’on multiplie les missions qui lui sont assignées.  » Depuis la loi de 2016, l’OFII est chargé de l’asile. Cette surcharge de travail se fait forcément aux dépens de l’intégration, une des missions pourtant essentielles, sur laquelle le chef de l’Etat insiste beaucoup (ndcer: en parole mais toujours pas en acte), mais qui ne bénéficiera pas non plus de moyens à la hauteur des besoins l’année qui vient « , rappelle-t-il.

Alors, imaginez la suite…

Le 27 novembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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