Que peut-on attendre de la visite éclair d’Emmanuel Macron à Alger ?

6 Déc

RIEN sans doute s’il renouvelle ses déclarations honteuses de février dernier, pendant la campagne présidentielle, et qui avaient blessé des millions de Français avec comme seul objectif la récupération des voix d’électeurs arabo-musulmans de plus en plus nombreux. Il fut d’ailleurs leur candidat avant d’être leur élu.

Car qu’avait-il osé déclarer ? Ceci, tout simplement :

 » La colonisation fut « un crime, un crime contre l’humanité, une vraie barbarie », ajoutant pour faire bonne mesure : « Ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et de ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes.« 

Mais RIEN non plus si l’annonce de ce voyage par l’Elysée est fondée : « Le président Macron a eu des mots très forts en février, il a été très clair. Il faut maintenant tourner la page pour construire une nouvelle relation avec l’Algérie et notamment avec la jeunesse algérienne, basée sur les enjeux d’éducation, de formation, de mobilité et de diversification de l’économie ». Car elle sous-entend une ouverture plus grande encore à l’immigration algérienne, déjà pléthorique, en particulier chez les jeunes y compris les diplômés que notre pays débauche pour palier à certaines de ses défaillances (Lire « Comment cette catastrophe sanitaire a-t-elle été possible? » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/10/17/comment-cette-catastrophe-sanitaire-a-t-elle-ete-possible-2eme-partie/).

Certes, Emmanuel Macron arrive dans un pays qui ne va pas bien. Le président Bouteflika, affaibli depuis un AVC en 2013, est en grande partie absent de la vie politique, créant un sentiment de vacance du pouvoir et d’incertitude quant à l’avenir. Au niveau économique, la chute des prix du pétrole depuis 2014 prive l’Algérie de la moitié de ses revenus. L’émigration des jeunes Algériens est repartie à la hausse, soulignant le manque de perspectives ressenti par une grande partie de la jeunesse.

La délégation française sera composée d’élus (notamment les deux présidentes des groupes d’amitié France-Algérie à l’Assemblée – Fadila Khattabi – et au Sénat – Leïla Aïchi – , tout s’explique…), d’artistes (nés là-bas pour la plupart et « chargés de mission » du chef de l’Etat…), d’intellectuels (entendez quelques penseurs de l’acculturation) , mais aussi d’entrepreneurs, notamment du numérique. Parmi les chefs d’entreprise présents figurent Xavier Niel, patron de Free, et Bruno Blin, à la tête de Renault Trucks.

En réalité, la principale motivation d’Emmanuel Macron dans ce voyage a toute chance de n’être que la suite logique de son déplacement récent en Afrique sub-saharienne dans la perspective de développer les coopérations dans la lutte contre les migrations économiques au-travers du Sahara puis de la Méditerranée. Mais, sur ce sujet, l’inertie autant que la susceptibilité algérienne sont bien connues et il est loin d’être acquis qu’Alger soit prêt à coopérer dans une région qu’elle considère comme son arrière-cour.

Donner sans rien recevoir est une habitude de notre pays à laquelle nous ne souscrivons pas. Mais, il est à craindre qu’elle soit encore pour longtemps au programme de la République, même prétendument jupitérienne.

Le 6 décembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

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Une Réponse to “Que peut-on attendre de la visite éclair d’Emmanuel Macron à Alger ?”

  1. Hervé J. VOLTO décembre 6, 2017 à 7:00 #

    Des excuses aux Pieds Noirs. Un geste, en somme.

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