Le Monde le découvre mais le CER l’annonçait déjà en 2013.

7 Déc

Le quotidien Le Monde annonçait, hier 6 décembre, un  » discret rapprochement « diplomatique entre l’Etat d’Israël et le royaume d’Arabie saoudite (http://abonnes.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/12/06/israel-arabie-saoudite-le-discret-rapprochement_5225369_3218.html). La belle affaire ! Ou comment parer des beaux habits de la nouveauté un fait avéré (mais qui devait demeurer secret) depuis plusieurs années. Ce qui, du reste, en dit long sur l’influence des milieux diplomatiques israéliens sur nos médias officiels comme sur les collusions qui ont pu exister entre l’Etat hébreux et les pays du Golfe dans le développement du terrorisme islamique. La question à poser dans ces cas-là étant toujours la même : À QUI PROFITE LE CRIME ?

Et pourtant, comme à son habitude, le Conseil dans l’Espérance du Roi était en avance de quelques longueurs sur ces révélations puisque nous attirions l’attention de nos lecteurs dès 2013 sur le jeu trouble de notre propre ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, l’homme-lige de Tel Aviv et de Riyad à la fois, contre l’Iran (au moment des négociations de Genève sur la levée des sanctions internationales contre Téhéran)-1-. Nous avons ensuite relevé les nombreux témoignages de l’implication du même Laurent Fabius dans l’attitude favorable de François Hollande à l’égard de l’Arabie saoudite et du Qatar, pour ne citer qu’eux. Chaque fois, il ne s’agissait que de placer la politique étrangère de la France en adéquation avec celle d’Israël -2-.

Cette trouble situation mérite toute votre attention car elle en dit long sur les liens qui peuvent exister entre certains de nos dirigeants politiques et quelques puissances étrangères qui ne nous veulent pas nécessairement que du bien…Il y a longtemps, ceci portait un nom.

Alors, que nous annonce Le Monde ? Ceci :

« Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman, dit  » MBS « , a le goût de la rupture. Il l’a démontré en levant l’interdiction faite aux femmes de conduire. Il le prouve dans le domaine diplomatique aussi, en instaurant un nouveau climat vis-à-vis d’Israël, un Etat avec lequel la couronne saoudienne n’a pas de relations officielles. » Mais il avoue aussitôt, car le quotidien sait que nous savons : « En coulisses, la coopération sécuritaire et les contacts existent depuis plusieurs années. Mais depuis quelques mois, les signes de rapprochement se multiplient et deviennent publics. Même si elle se heurte toujours à la question palestinienne, la perspective d’une  » normalisation  » n’est plus taboue. » Ce qui ne signifie rien d’autre que ceci : « tant que nous n’étions pas autorisés à en parler, nous ne le faisions pas. » Donc, Le Monde mentait…par omission pour complaire à ses maîtres ! Et vous voudriez que les Français aient confiance dans les médias officiels de leur pays ?…

Aussi, pour paraître malgré tout coller aux évènements du moment et se dédouaner un peu, il ajoute ceci : 

« Dernier indice en date de cette évolution : la visite, le 21  novembre, de la Grande Synagogue de Paris par Mohamed Abdelkarim Al-Issa, le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, le bras religieux de la diplomatie saoudienne. Cet ex-ministre de la justice est l’un des oulémas sur lesquels s’appuie MBS dans son effort de réforme du wahhabisme, l’interprétation ultrarigoriste de l’islam en vigueur dans le royaume. Au mois d’octobre, autre geste inconcevable il y a quelques années, un haut représentant de la dynastie saoudienne, le prince Turki Al-Fayçal, ancien chef des services de renseignements, a participé à un débat, dans une synagogue de New York, avec Ephraïm Halévy, ex-directeur du Mossad. »

 

Aux yeux de nombreux analystes, ces initiatives sont une manière de préparer les opinions publiques dans le Golfe à une possible officialisation des liens entre les pétromonarchies et Israël. Au sein de ces sociétés, le réflexe de solidarité avec les Palestiniens enregistre d’ailleurs quelques signes de faiblesse. A la mi-novembre, un intellectuel saoudien, Abdallah Ghadhani, a lancé un hashtag au parfum provocateur :  » #Riyad est plus important que Jérusalem « .

Et si tout cela n’était pas sans rapport avec la décision de Donald Trump de reconnaître, hier mercredi 6 décembre, la ville de Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël, comme nous allons le voir plus loin ?

Sur Twitter, M. Ghadhani accusait les Palestiniens d’avoir  » trahi «  le royaume. Ce réquisitoire survenait quelques jours après le refus du Hamas, le mouvement islamiste palestinien, de considérer le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah comme une  » organisation terroriste « . Le label avait été utilisé dans une déclaration de la Ligue arabe, le 19  novembre, rédigée à l’instigation de l’Arabie saoudite, chef de file de l’axe anti-Téhéran au Moyen-Orient.  » La Palestine n’est plus la cause numéro un des Arabes depuis que les propriétaires de cette cause l’ont vendue « , a vitupéré le célèbre romancier Turki Al-Hamad, figure de la mouvance libérale saoudienne et fervent partisan de MBS.

Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien, ne manquera pas de s’engouffrer dans la brèche. Le 23  novembre, il a déjà déclaré que  » la coordination productive que nous avons avec les Etats arabes est habituellement secrète, mais je crois que nos relations avec eux vont continuer à mûrir et à donner des fruits « .  » Bibi  » – son surnom en Israël – rêve d’un renversement dialectique : d’abord, un rapprochement avec les pays sunnites, puis, éventuellement, une solution au problème palestinien. En réalité, Israël a un besoin impérieux de se protéger sur son flanc est des actions de l’Iran. Et c’est précisément ce que nous analysions dès 2013…

Mais il y a un hic. C’est que la Ligue arabe prône exactement le contraire. Son initiative de paix de 2002, conçue par le défunt roi saoudien Abdallah, conditionne toute normalisation entre Israël les pays arabes – mis à part la Jordanie et l’Egypte, qui ont signé des paix séparées – à la fin de l’occupation des territoires palestiniens.  » Les conditions arabes sont claires, deux Etats avec un Etat palestinien dont la capitale est Jérusalem-Est « , a déclaré Adel Al-Jubeir, le chef de la diplomatie saoudienne, à la fin novembreUne chatte n’y retrouverait pas ses petits !

Mais le Moyen-Orient de 2017 n’est pas celui de 2002. Dans une région chamboulée par l’effacement des Etats-Unis et la montée en puissance de l’Iran, les alliances se recomposent manifestement. Dans les palais du Golfe, l’ » expansionnisme «  chiite fait désormais beaucoup plus peur que le militarisme israélien, qui n’a jamais menacé ces pays directement. La puissance de l’Etat hébreu, son bouclier nucléaire et son expertise en matière d’espionnage, sont plutôt vus comme des alliés dans l’effort d’endiguement de la République islamique. A la mi-novembre, dans une interview exceptionnelle accordée au site saoudien Elaph, le chef d’état-major israélien, Gadi Eizenkot, a proposé un tel partenariat.  » Nous sommes prêts à échanger des renseignements avec les pays arabes modérés pour stopper le danger iranien « , a déclaré le général.

Un signe révélateur parmi d’autres : au mois de juillet, Riyad, pourtant gardien de l’orthodoxie sunnite, n’a pas réagi à l’installation par Israël de portiques de sécurité à l’entrée de l’Esplanade des mosquées de Jérusalem, une mesure qui avait suscité un vaste mouvement de protestation des Palestiniens.

Un diplomate arabe, qui il y a un an avait écarté toute possibilité que l’Arabie saoudite s’affranchisse de l’initiative de 2002,  » à cause de La  Mecque « , confie aujourd’hui sa perplexité.  » Personne n’aurait imaginé que Mohammed Ben Salman aille aussi vite et aussi loin. Il a noué une relation très forte avec Jared Kushner et nous savons tous qui se cache derrière lui « , observe-t-il, en référence au gendre de Donald Trump, un sympathisant de la droite israélienne, à qui le président américain a confié la relance du processus de paix au Proche-Orient.

Les deux hommes travaillent à un plan de règlement du conflit israélo-palestinien, censé faciliter la normalisation israélo-arabe. Selon le New York Times et plusieurs titres de la presse arabe, une ébauche de document aurait été présentée à Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, début novembre. Selon des sources convergentes citées par ces journaux, le tandem Ben Salman-Kushner envisagerait d’offrir aux Palestiniens un Etat doté d’une souveraineté limitée, sans contiguïté territoriale, sans droit au retour des réfugiés et sans Jérusalem-Est. La reconnaissance de Jérusalem-capitale d’Israël par Donald Trump n’était donc pas un hasard, comme nous l’évoquions plus haut.

Mais pourtant, une question nous vient à l’esprit : ET SI JERUSALEM ETAIT PLUS IMPORTANTE QUE LE ROI SALMAN ? Vous en imaginez les conséquences…

Le 7 décembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

-1- :

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2013/11/17/ne-vous-y-trompez-pas/

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2013/11/25/bulletin-climatique-quotidien-25-novembre-2013-de-la-republique-francaise/

-2- :

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/04/17/bulletin-climatique-quotidien-17-avril-2015de-la-republique-francaise/

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/05/05/bulletin-climatique-quotidien-5-mai-2015de-la-republique-francaise/

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