Le pape François a de la suite dans les idées.

17 Déc

Souvenez-vous qu’il avait refusé en 2015 le choix de François Hollande de nommer Laurent Stéfanini ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, considérant qu’il s’agissait d’une provocation eu égard au militantisme homosexuel de son candidat (Lire « Mais quand le lobby gay est à la manoeuvre… » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/04/10/bulletin-climatique-quotidien-10-avril-2015de-la-republique-francaise/). L’insistance de François Hollande et du gouvernement français, qui en faisaient une question de principe après la tempête du pseudo-mariage pour tous, n’avaient évidemment pas arrangé les choses…

C’est sans doute la raison pour laquelle le Saint-Père, en bon berger, vient de répondre à la bergère républicaine que Mgr Michel Aupetit, actuel évêque de Nanterre (Hauts-de-Seine), ferait un excellent archevêque de Paris et sans doute futur cardinal !

Cet ancien médecin généraliste à Colombes (Hauts-de-Seine) avant d’opter pour le séminaire à l’âge de 39 ans, vient en effet d’être nommé à ce poste par le pape François en remplacement du cardinal André Vingt-Trois, et prendra ses nouvelles fonctions le 6 janvier 2018. Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de la capitale depuis 2005 a remis au pape sa démission après avoir été atteint par la limite d’âge (75 ans). A la tête de ce diocèse le plus important de France, Mgr Aupetit sera membre de droit du conseil permanent de la Conférence des évêques de France et l’un des interlocuteurs de l’Etat dans le cadre de ses relations avec l’Eglise catholique.

Pour Mgr Aupetit, qui était évêque de Nanterre depuis 2014, c’est un retour sur un terrain connu. Il est certes né, le 23  mars 1951, à Versailles, d’un père cheminot et d’une mère qui était la seule pratiquante de cette famille  » un peu éloignée de l’Eglise « . Mais c’est à Paris qu’il a commencé son chemin dans le sacerdoce, au séminaire d’abord, puis en étant ordonné prêtre en  1995 par Jean-Marie Lustiger, et nommé évêque auxiliaire par Benoît  XVI, juste avant sa renonciation, en  2013. Il était alors l’un des principaux collaborateurs de Mgr Vingt-Trois, au titre de vicaire général.

Cette entrée dans les ordres, a-t-il confié à la chaîne catholique KTO, est intervenue au terme d’un  » combat «  personnel. Après des études de médecine à Necker et à Bichat à Paris, Michel Aupetit était  » très heureux comme médecin «  et pensait à fonder une famille lorsqu’il a ressenti  » l’appel de Dieu « .  » C’est un combat qui a duré un certain temps « , a-t-il confié, avant de, finalement, entrer au séminaire. Il exercera par la suite dans plusieurs paroisses parisiennes et auprès de lycéens et de collégiens.

Ce passé professionnel, selon plusieurs de ses collaborateurs dans les Hauts-de-Seine, imprègne fortement sa pratique pastorale.  » Il est très façonné par son expérience de médecin. Il y fait souvent référence. C’est intéressant car il a une expérience de la pâte humaine « , témoigne ainsi Nathalie Becquart, une religieuse membre de son conseil épiscopal – très paritaire, relève-t-elle – et directrice du service national pour l’évangélisation des jeunes et pour les vocations à la Conférence des évêques de France.  » Il est soucieux de poser un diagnostic avant de se lancer dans l’action, ajoute Yves Doubliez, un diacre qui travaille à ses côtés.Il n’est pas arrivé dans le diocèse avec une vision a priori de ce qu’il fallait faire. Il a commencé par une étude approfondie sur les dynamiques territoriales du département. «  » Il ne se précipite pas pour faire les choses, il accepte de prendre du temps, ajoute le père Franck Javary, du diocèse de Nanterre. Il est très calme et progressif. Ce n’est pas un idéologue. C’est un pragmatique et un méthodique. «  

Mgr Michel Aupetit

Son passé de médecin a donné à Mgr Aupetit une sensibilité particulière pour les questions de bioéthique. Il a pris comme devise épiscopale  » Je suis venu pour qu’ils aient la vie en abondance « , une phrase tirée de l’Evangile de Jean. En  2012-2013, il s’était mobilisé contre le mariage des couples homosexuels.  » Il ne convient pas qu’au nom d’un individualisme exacerbé, on crée une loi pour chaque catégorie de personnes, avait-il dit. Sinon, pourquoi pas la polygamie ? L’inceste ? L’adoption d’un enfant par un frère et une sœur ?  » C’est bien là la réponse du berger à la bergère…

Mgr Aupetit pourrait bien se sentir à nouveau mobilisé en  2018 en cas de projets d’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes. Interrogé en juin par l’hebdomadaire Famille chrétienne sur ce que devrait être l’attitude de l’Eglise, dans ce cas, il avait répondu :  » Nous allons nous exprimer ! Il est important que l’on puisse dire en quoi cela nous paraît profondément injuste vis-à-vis de l’enfant. Le mariage pour tous a jeté des centaines de milliers de personnes dans la rue en  2013 et a divisé profondément la France. Si le nouveau gouvernement, qui se propose justement de l’unifier, au-delà de la gauche et de la droite, faisait passer un tel message en avalisant la PMA, cela créera nécessairement un nouveau clivage. « 

À bon entendeur, salut !

Le 17 décembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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