Catalogne : les indépendantistes auraient tort de se réjouir trop vite.

22 Déc

Après les élections législatives en Catalogne, une chose est sûre, les partis indépendantistes ne pourront plus jamais prétendre parler au nom de toute la Catalogne. C’est ce que nous annoncions dès hier (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/12/21/aujourdhui-ont-lieu-les-nouvelles-elections-legislatives-en-catalogne-espagnole/) en affirmant que  » D’abord, les indépendantistes ne feront plus la pluie et le beau temps en tyrannisant la population fidèle à l’unité du pays et, ensuite, les cartes ne vont pas manquer d’être redistribuées au sein des autres partis. »

Les trois formations indépendantistes disposent, avec 70 sièges au Parlement régional, de la majorité absolue (mais avec seulement deux voix de majorité). Par le jeu des pondérations de voix profitant aux régions rurales et que l’on nomme chez nous le « découpage électoral », les indépendantistes sont donc majoritaires au Parlement, mais, et c’est le plus important,  ils n’ont pas obtenu la majorité des voix : 47,5% des Catalans ont voté pour ces formations, mais 52,42% ont voté contre.

Seront-ils pour autant capable de former un gouvernement ? Rien n’est moins sûr, tant ils sont divisés. L’ancien président catalan, Carles Puigdemont, en exil, a formé sa propre liste Ensemble pour la Catalogne (Junts per Catalunya). Avec 34 sièges, il est bien placé pour redevenir président. Son rival Oriol Junqueras, n’est autre que son ancien vice-président, qui, en prison, n’a pu participer pleinement à la campagne. Désormais à la tête de la Gauche républicaine (ERC-CatSi), Oriol Junqueras gênera à coup sûr Puigdemont.

En outre, ces deux formations ont renoncé, dans leur programme, à désobéir à Madrid en déclarant l’indépendance unilatéralement, tandis que le parti de la gauche révolutionnaire CUP (Candidatura d’Unitat Popular), le troisième larron indépendantiste, exige lui de poursuivre dans cette voie…

Que les indépendantistes ne se réjouissent donc pas trop vite. Les électeurs catalans ont en outre désigné comme première force politique de la province le parti libéral anti-indépendance Ciudadanos, qui obtient a lui seul 37 sièges, sous la houlette de l’énergique Inés Arrimadas. Ainsi que nous l’avions également annoncé hier, avant les élections.

Inés Arrimadas, celle qui fait trembler les indépendantistes

Les opposants à l’indépendance se sont ralliés derrière le parti, qui, au niveau fédéral, forme une coalition gouvernementale avec le Parti Populaire et le Parti Socialiste. Leur chef de file en Catalogne est aussi la chef de l’opposition au Parlement catalan depuis 2015. Inés Arrimadas, 36 ans, a su incarner la réconciliation dans une région qui se déchire depuis plusieurs mois. « Je veux être la présidente de tous les Catalans, indépendantistes et non indépendantistes », répète-t-elle lors de ses meetings.

Née en Andalousie, elle s’est présentée comme la vraie représentante des centaines de milliers d’Espagnols ayant émigré en Catalogne depuis d’autres régions, et qui contribuent à la richesse de la région. Un discours qui a trouvé de l’échos auprès de 25,36% des électeurs, ce qui lui permet de passer de 25 sièges à 37 au Parlement catalan.

Alors, certes, le PP (Partido popular) de Mariano Rajoy, Premier ministre d’Espagne, a perdu plusieurs sièges par rapport à 2015 et ne représente plus qu’une force accessoire au sein du Parlement catalan. Mais pouvait-il en être autrement dans le contexte local et après les évènements que l’on sait ? Bien sûr que non et personne à Madrid n’en a été surpris. Seuls les médias français peuvent bêtement se permettre de gloser sur ce détail, tant ils détestent (et ignorent tout de) la monarchie espagnole (cet éditorial de géopolitique sur France Inter vous le confirmera : https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopolitique-20-decembre-2017).

En tout cas ce ne sont pas les fanfaronnades de Carles Puigdemont, à Bruxelles, qui vont permettre d’améliorer la situation à Barcelone ni aux Catalans d’être correctement gouvernés.

Le 22 décembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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2 Réponses to “Catalogne : les indépendantistes auraient tort de se réjouir trop vite.”

  1. Hervé J. VOLTO décembre 22, 2017 à 5:30 #

    L’Espagne s’est créée sur la Reconsquista. sans la continuité Royale, la Reconquista n’aarait pas été possible. Royaumes Chrétiens du Léon, d’Aragon, de Castille et de Grenade se sont unis contre l’envahisseur Mauresque et l’on repoussé, Les Rois d’Espagne actuel descendent de ces Rois et Reines Chrétiens unis ensemble pour l Reconquista.

    Si la Catalogne, un temps principauté du Royaume de Valance, lui-même issu du Royaume d’Aragon, désire se détacher de l’Espagne, c’est une insulte aux autres espagnols et à leurs Rois qui ensemble ont permi la Reconquista.

    La Catalogne : la région la plus riche d’Espagne (on comprend l’appat du gain des catalans), où l’on trouve aussi le plus grand npombre d’immigrés non-Chrétiens, à un tel point que la charia a été introduite dans les lois régionales de la Catalogne !

    C’est non coment.

    Comme Royaliste Français d’origine Pied Noird ayant, comme beaucoups de Pieds Noirs des ascendants hispaniques, laissez moi le crier haut et fort :

    -Arriba Espana, por Dios !

  2. Hervé J. VOLTO décembre 22, 2017 à 5:33 #

    Isabelle la Catholique, Reine de Castille, fut l’une des grandes Reines de la Reconquista : son mariage avec Ferdinand II d’Aragon permit l’unité de l’Espagne et le début de la fin de la Reconquista…

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