L’usine Lactalis de Craon en Mayenne est arrêtée depuis le 8 décembre.
© (Photo AFP)

Une enquête a été diligentée dès vendredi par le parquet de Paris, notamment pour « blessures involontaires et mise en danger de la vie d’autrui », dans l’affaire des laits infantiles contaminés par des salmonelles qui a contraint Lactalis à rappeler des milliers de tonnes de produits laitiers transformés.

Cette enquête a été ouverte également pour « tromperie aggravée par le danger pour la santé humaine et inexécution d’une procédure de retrait ou de rappel d’un produit » préjudiciable à la santé. Elle a été confiée aux gendarmes de la section de recherches d’Angers et de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp), spécialisé dans ce type de dossier.

Le groupe laitier français avait déjà procédé à deux rappels de produits avant d’annoncer le 21 décembre le rappel de toute sa production de laits infantiles de l’usine de Craon (Mayenne) depuis février. Le volume des produits concernés par ce rappel se chiffre en milliers de tonnes. Mais le groupe, connu pour son mutisme, n’a pas voulu le préciser.

Au 20 décembre, l’autorité de surveillance Santé publique France avait recensé 35 nourrissons (dont 20 filles) atteints de salmonellose en France depuis la mi-août. Ce nombre inhabituel l’a amenée à parler d’« épidémie », mais la santé de tous ces enfants est bonne, y compris pour les 16 qui ont été hospitalisés. Pour 31 enfants malades, il a été prouvé qu’ils avaient consommé un lait infantile de l’usine Lactalis de Craon.

Le retrait concerne des produits de marque Picot (poudres et céréales infantiles), Milumel (poudres et céréales infantiles) et Taranis (mélange d’acides aminés en poudre destinés au traitement de pathologies), selon Lactalis.

Une partie des 350 employés de l’usine vont nécessairement subir des mesures de chômage technique, qui doivent être annoncées dans les prochains jours, selon le groupe. La production de l’usine, qui appartient depuis 2006 à Lactalis, a été arrêtée le 8 décembre pour un grand nettoyage des installations.

Notons que l’usine de Craon, en Mayenne, aujourd’hui sous les couleurs de Lactalis, avait déjà subi une attaque de salmonelles en 2005. Au total 146 cas de salmonellose de type Agona avaient été identifiés sur le territoire français, en deux épisodes, entre le 4 janvier et le 3 juin.

À l’étranger, et notamment en Chine, cette affaire a été abondamment commentée. En 2008, dans ce pays, un scandale retentissant de lait en poudre infantile contaminé à la mélanine a durablement marqué les consommateurs et discrédité la filière lait locale.

 Attendons donc les résultats de l’enquête pour juger des responsabilités de l’entreprise mais une chose apparaît déjà clairement : l’absence de responsabilité des producteurs de lait et de leurs vaches dans ce scandale !

Voilà qui va réjouir les mânes de Monsieur de Sully…

Le 27 décembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.