Quand l’Espagne redevient une destination de choix pour le tourisme…migratoire.

29 Déc

Nous évoquions, il y a quelques jours, le nouvel assaut de migrants transméditerranéens à partir de l’Algérie, principalement des côtes oranaises qui ne se trouvent qu’à moins de deux cents kilomètres de l’Andalousie (Lire « Les plages et les ports algériens ne sont qu’à 750 km des côtes françaises et moins encore de l’Espagne » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/?s=Almeria&submit=Recherche).

L’Espagne redevient ainsi la troisième porte d’entrée des migrants en Europe, derrière l’Italie et la Grèce. Elle a vu plus que doubler, depuis le début de l’année, le nombre d’arrivées de clandestins cherchant d’autres routes d’accès en Méditerranée, en évitant notamment la Libye. Ils sont 26 467 à  avoir tenté de trouver refuge en Espagne en  2017, d’après les derniers chiffres du ministère de l’intérieur, soit plus de deux fois le chiffre de 2016 (12 923), et proche du record de 2006 (39 180). La plupart sont venus par la mer.

Les rafiots des migrants s’échouent sur les plages du sud de l’Andalousie proches du détroit de Gibraltar mais, ces derniers mois, ils ont aussi atteint la côte d’Almeria et le port de Carthagène. De nombreux migrants ont aussi été secourus par des unités de la marine, de la garde civile et des services de sauvetage de Salvamento Maritimo, en mer d’Alboran, entre le Maroc et les côtes andalouses. Un changement dû en partie à l’utilisation croissante, par les trafiquants, de bateaux à grande vitesse permettant de couvrir de plus grandes distances, explique Frontex, l’agence européenne de gardes-frontières et de gardes-côtes.

Ce n’est pas le Club Med, ce sont des migrants algériens en route pour l’Espagne

Ces migrants Algériens représentaient 25  % des arrivées du mois de septembre, selon les chiffres du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), presque autant que les ressortissants marocains, qui sont généralement les plus nombreux, suivis des clandestins originaires de la Côte d’Ivoire et de la Guinée, quatre pays dont tout le monde sait qu’ils ne vivent ni guerres atroces ni persécutions insoutenables ! Démontrant ainsi que l’amalgame habituel entre « réfugiés » (au sens précis du terme) et migrants économiques ou parasitaires est intolérable.

Mais les autorités espagnoles, à la différence des nôtres, ont réagi avec une particulière efficacité et immédiatement demandé au gouvernement algérien de prendre des mesures. Ainsi, le 20  novembre, le ministre de l’intérieur, Juan Ignacio Zoido, s’est entretenu avec l’ambassadrice algérienne à Madrid, Taous Ferroukhi, afin de  » renforcer l’excellente coopération «  entre les deux pays, et de  » prévenir la sortie massive d’émigrants  » (Lire « Quand on veut…on peut » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/09/03/bulletin-climatique-quotidien-3-septembre-2015-de-la-republique-francaise/).

Les autorités espagnoles ont néanmoins pris des mesures d’urgence. Depuis fin novembre, environ 500 migrants, en grande majorité algériens, arrivés sur les côtes de Murcie, ont déjà été internés dans un établissement pénitentiaire de la petite localité d’Archidona (Malaga), construit récemment mais non encore inauguré.

Le gouvernement espagnol a justifié sa décision en expliquant qu’il était  » mieux que les immigrés soient dans un centre (…) avec des moyens sanitaires, des douches, du chauffage, des lits, des salles de sport, que de les mettre dans des campements comme nous en avons vu dans d’autres pays « , a déclaré M. Zoido. Suivez son regard…

Selon le ministère de l’intérieur, le recours à la prison d’Archidona est provisoire.  L’ » expulsion d’urgence  » des migrants algériens arrivés à la mi-novembre a d’ailleurs déjà commencé, explique Carles  Arce :  » Tout s’est fait très vite. Ils ont été mis dans des bus à destination des ports de Valence, de Murcie et d’Alicante d’où partent les ferries pour l’Algérie.  » Une belle leçon de volonté politique pour le gouvernement d’Emmanuel MAcron !

Un rapport du HCR du 23  novembre constate des changements dans les routes empruntées par les clandestins en Méditerranée, le flanc occidental prenant une nouvelle importance  » alors que les arrivées en Italie ont diminué « . Durant le troisième trimestre de 2017, plus de 7 700  personnes sont arrivées clandestinement en Espagne, soit 90  % de plus que le même trimestre de 2016. Les migrants, souligne le rapport,  » cherchent des voies de plus en plus diverses  » vers l’Europe.

Les autorités espagnoles estiment, elles, que les évolutions de l’année 2017 sont liées à  plusieurs causes : la quasi-fermeture des frontières entre la Turquie et la Grèce, et la dangerosité croissante des passages par les côtes libyennes. Les manifestations ayant eu lieu dans la ville d’Al-Hoceima (Maroc), dans le Rif, en juillet, ont, de leur côté, modifié les préoccupations des forces de sécurité marocaines, mises davantage à contribution dans des opérations de  » rétablissement de l’ordre  » plutôt que de protection des frontières.

Mais est-ce si grave lorsqu’on sait que le gouvernement de Madrid saura chaque fois que nécessaire répondre avec la volonté politique et les moyens nécessaires ?

Le 29 décembre 2017.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :