La longue chaîne de la traite négrière, des pays exportateurs jusque dans nos territoires les plus reculés.

3 Jan

Nous allons vous conter une histoire…vraie. Connue de nous par nos liens avec le département de la Creuse (province de la Marche).

Au début, il y a les pistes du Kurdistan sur lesquelles les jettent leurs familles pléthoriques et impécunieuses ou par lesquelles certains tentent d’échapper lâchement à la lutte courageuse de leurs frères d’arme pour donner une identité à leur nation.

Carte du Kurdistan irakien

Ils quittèrent ainsi, en catimini, la région d’Erbil pour la Turquie puis la Grèce (grâce à la complicité des sbires de Recep Tayipp Erdogan et l’aide de quelques passeurs subventionnés par le grand capital européen) d’où, par la route des Balkans, de triste et douloureuse mémoire, et grâce aux manigances de la chancelière allemande, Angela Merkel, ils réussirent à atteindre la « jungle » de Calais en 2015 avec, pour objectif, d’atteindre la Grande-Bretagne.

Mais, en octobre 2016, le gouvernement français décida le démantèlement de ce bidonville de la côte d’Opale avec le secret espoir de détourner ces migrants illégaux de leur rêve britannique et, en les dispersant dans les coins les plus reculés de notre territoire, en décider certains…à préférer s’installer en France plutôt que de devenir des sujets de Sa Gracieuse Majesté ! Nos autorités inventèrent alors le mythe du RÉFUGIÉ DEMANDEUR D’ASILE et installèrent des milliers de clandestins dans les nombreux « Centres d’accueil et d’orientation » (CAO) de nos villes et villages construits à la hâte pour ces artisans involontaires du « Grand Remplacement » imaginé par l’oligarchie au pouvoir.

Migrants de la « jungle » de Calais

À sa grande surprise, la Creuse vit ainsi débarquer plusieurs convois de migrants déportés qui furent confiés à quelques organisations immigrationnistes locales. Au total, 95 migrants illégaux, déguisés en « demandeurs d’asile« , furent confiés au Secours populaire de Guéret (http://www.lamontagne.fr/gueret/armee-conflit/social/2016/10/27/gueret-accueille-actuellement-48-refugies_12131071.html). Beaucoup, heureusement, s’échappèrent pour retenter leur chance vers la Grande-Bretagne…Mais quelques-uns furent fermement invités à rester sur place.

Mines réjouies de quelques migrants au Secours populaire de Guéret

Et c’est ainsi que quatre Kurdes furent pris sous l’aile protectrice d’une brave institutrice retraitée et pleine de douces illusions sur l’oeuvre humanitaire qu’elle allait accomplir. Elle alla jusqu’à leur offrir le gite, le couvert et, bien sûr, quelques cours de langue française, en attendant la décision de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) sur leur droit d’asile.

Làs ! Comble d’ironie, ses protégés furent déboutés…Cela vous étonne ? Nous, pas. Car le Kurdistan Irakien n’est en aucune façon un territoire à très haut risque, siège d’une guerre civile meurtrière ou tombé sous la tyrannie de quelque satrape assoiffé de sang (https://fr.wikipedia.org/wiki/Kurdistan_irakien). Les autorités françaises le savent fort bien mais tentent toujours de conserver le plus possible d’immigrés dont ils espèrent faire une docile main d’oeuvre à bas coût pour les négriers de l’industrie. Même chez nous, les champs de coton ne sont jamais bien loin…

Esclaves noirs dans les champs de coton au XIXe siècle

La preuve ? La voici. Nous avons tous entendu Emmanuel Macron et quelques-uns de ses amis nous annoncer à grand renfort de fifres et de tambourins que les conditions d’obtention du droit d’asile allaient être réorganisées pour davantage d’accueil et de générosité. MAIS QUE LES DÉBOUTÉS DE CE DROIT (entendez ceux qui ont vocation à retourner chez eux) SERONT IRRÉMÉDIABLEMENT RECONDUITS AUX FRONTIÈRES (Lire « Quand le ‘porte-flingue’ d’Emmanuel Macron nous parle des réfugiés » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/01/02/quand-le-porte-flingue-demmanuel-macron-nous-parle-des-refugies/). Croyez-vous que ces quatre lascars furent aussitôt saisis par la maréchaussée, ligotés et renvoyés illico au Kurdistan ? Que nenni !…ils sont toujours là. Et même protégés, comme une espèce qui pourrait être en voie de disparition.

Et voici Pasha, Abbas, Zana et Khalid, les quatre protégés de notre brave institutrice du Secours populaire, embringués dans quelques chantiers associatifs locaux où le bénévolat tient lieu de passeport ou de permis de séjour… » Une chose en appelant une autre « , explique-t-elle, ces demandeurs d’asile redevenus ce qu’ils n’ont jamais cessé d’être c’est-à-dire des migrants économiques clandestins, se virent ainsi chargés de la préparation matérielle des journées des plantes d’un arboretum local, du transport du mobilier urbain d’une fête communale en passant même par le rude jardinage de la fête médiévale locale ou…le bénévolat au sein de la Banque alimentaire de Guéret. En somme, un nouvel esclavage pétri de bonnes intentions. Ce qui est effectivement plus présentable qu’un champ de coton !

Et l’on nous dit même que ce qu’ils nomment une  » chaîne de solidarité  » a largement dépassé les limites de la commune : des associations et des commerçants à une dizaine de kilomètres sont entrés dans la boucle, ainsi que des artistes et aussi une mairie qui a décidé d’aider l’intrépide enseignante « pour les photocopies ». Sauf que. Toutes ces bonnes personnes se demandent encore comment parvenir à faire assurer en responsabilité civile et autres dégâts possibles leurs valets  » sans papiers  » afin de faire endosser leurs risques…par la collectivité !

L’ancienne institutrice est pourtant consciente que les liens noués avec ce groupe de jeunes Kurdes ne sont pas reproductibles à l’infini. « Comme n’importe quelle relation humaine, c’est une rencontre », explique-t-elle. D’autres profs recrutés dans l’urgence par le Secours populaire de la Creuse pour apprendre le français aux jeunes « Calaisiens » venus d’ailleurs, se sont laissés aussi déborder par l’affectif mais n’en ont été que davantage blessés par le rapide oubli dont ces étrangers les gratifièrent dès que la route de Douvre leur est de nouveau apparue ouverte.

Alors notre gentille institutrice fait contre mauvaise fortune bon coeur et affirme qu’elle espère découvrir un jour le Kurdistan : « J’aimerais qu’Abbas, Pacha, Zana  et Kalid puissent retourner dans un pays en paix, uni, libre, et y apporter l’expérience qu’ils auront acquise en France ». Ben voyons !

Ne pensez-vous pas qu’un bon dessin lui en dirait davantage qu’un long discours ? Bonne année…

Le 3 janvier 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

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