Peut-être que vous en doutiez encore.

5 Jan

Hippocrate

Malgré nos avertissements, certains d’entre vous sont peut-être encore sceptiques. Alors il faut d’urgence commencer par relire ceci :

Et passez maintenant à cela : un article paru dans le Journal international de médecine, en date du 28 décembre 2017, et qui nous rappelle la tragédie que vit la médecine algérienne et que l’on impose désormais à la France. En voici la teneur.

C’est une véritable hémorragie à laquelle l’Algérie est confrontée depuis plusieurs années. Selon l’Atlas 2017 de la démographie médicale publié par l’Ordre des médecins français, 4 776 médecins algériens exercent aujourd’hui en France, soit 38 % du total des praticiens titulaires d’un diplôme obtenu en dehors de l’Union européenne. Un chiffre auquel s’ajoutent tous ceux qui ne sont pas inscrits à l’Ordre, « mais qui sont tout de même employés sous des statuts divers (faisant fonction d’interne, praticien associé, etc.) ; ceux là sont entre 10 et 15 000, selon les associations qui les représentent », explique le docteur Mohamed Bekkat Berkani, le président du Conseil national de l’Ordre des médecins en Algérie, au magazine en ligne What’s Up Doc ?

« L’Algérie a perdu des milliers de médecins hautement qualifiés et expérimentés (ndcer : en vérité, la qualification en question est très loin des prétentions du président du Conseil de l’ordre des médecins algériens !) ces dernières années qui sont partis en France. Sans compter ceux qui ont choisi d’autres destinations comme le Canada, la Grande-Bretagne ou encore le Moyen-Orient », déplorait début octobre M. Bekkat Berkani au quotidien algérien L’Expression. Selon lui, ces praticiens sont devenus des « harragas de luxe » en référence au terme qui désigne les migrants clandestins qui prennent la mer depuis les pays du Maghreb pour rejoindre l’Europe (Lire « Les plages et les ports algériens ne sont qu’à 750 km des côtes françaises » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/12/23/nous-vous-lavions-dit-les-plages-et-les-ports-algeriens-ne-sont-qua-750-km-des-cotes-francaises-et-moins-encore-de-lespagne/). 

D’après le quotidien national algérien Réflexion, cet exode massif ne date d’ailleurs pas d’hier puisqu’il aurait coûté au pays environ 40 milliards de dollars entre 1996 et 2006. Une situation qui met gravement en péril le système sanitaire national, mais auquel les autorités algériennes n’entendent visiblement pas remédier. Pour preuve, les déclarations du ministre de la Santé, Mokhtar Hazbellaoui, au site d’information ALG24, qui constate juste ne pas pouvoir « demander à un médecin de ne pas aller découvrir de nouveaux horizons ». Mais qui feint de ne pas connaître la conséquence inéluctable de cette situation : l’exode des médecins algériens entraine ipso facto une dégradation de la qualité des soins en Algérie et la venue en France d’un nombre sans cesse croissant de malades, pour la plupart insolvables qui sont alors pris en charge par les services de santé de notre pays.

Conscient qu’il est inutile d’essayer de vouloir ramener ceux qui sont déjà partis (ndcer : sauf à les y contraindre du côté français. Ce qui n’est pas si difficile que cela), le président de l’Ordre des médecins algériens espère toutefois que les pouvoirs publics prendront les mesures qui s’imposent pour arrêter cette saignée, en offrant de meilleures conditions de travail à ceux qui ne rêvent que de quitter le pays. Car c’est bien sur le plan de l’exercice professionnel que se situe l’origine du mal, bien plus que sur celui de la rémunération comme tend à le laisser penser le gouvernement. Le manque de moyens matériels et pédagogiques ajoutés à une absence manifeste de reconnaissance et une hostilité croissante de la part de l’administration, et même des citoyens, ont plongé les médecins algériens dans une sorte de désespérance qui explique en grande partie leur volonté d’aller voir ailleurs.

Pour M. Bekkat Berkani, l’un des problèmes se situe au niveau de la formation initiale, qui ne serait pas adaptée aux exigences de la médecine moderne (et c’est bien ce que nous évoquions en parlant de leur qualification), et continuer de former des cardiologues généralistes ou des gynécologues généralistes n’est pas une solution pérenne à l’heure où prédomine les sur-spécialités. De fait, « ceux qui partent sont de jeunes médecins qui cherchent […] à suivre l’évolution de la médecine. Ils estiment qu’ils peuvent s’épanouir en étant à l’étranger plutôt qu’en Algérie », explique-t-il.

D’autre part, « l’incertain devenir » de ses collègues dans le système de santé publique ainsi que les « facteurs de vie en général », qu’il s’agisse de la progression de carrière, des salaires ou de la position du médecin au sein de la société, sont autant d’obstacles qui achèvent de convaincre les jeunes diplômés qu’ils n’ont aucun avenir professionnel dans leur pays.

Soit. Mais encore faut-il que ces migrants médicaux n’entrainent pas la population algérienne à la semelle de leurs babouches !

Le 5 janvier 2018.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la Santé publique.

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