En Allemagne, c’est désormais comme en France : la droite se droitise. « Merci qui ? »

9 Jan

 » Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu´on enchaîne ? « 

Sont les deux premières phrases du Chant des Partisans. Mais Angela Merkel, la chancelière d’Allemagne, ne les connait pas ou n’a pas voulu les entendre. Elle leur préféra son calamiteux

« Wir schaffen das !» (Nous y arriverons)

lorsqu’elle décida d’imposer à ses compatriotes mais aussi à l’Europe entière la venue et l’installation de millions de migrants sur notre continent. Aujourd’hui, elle est en passe de perdre son pari et, souhaitons-le, la chancellerie d’Allemagne.


Merci à tous ceux qui, partout en Europe, n’ont eu de cesse de dénoncer ce crime contre la civilisation européenne. Ceux que l’on a coutume d’appeler, avec mépris mais aussi beaucoup de crainte, des POPULISTES. Du Front national en France au Parti pour la Liberté aux Pays-Bas, du Mouvement 5 Etoiles italien au Parti de la Liberté d’Autriche (FPÖ), de Viktor Orban en Hongrie à Jaroslav Kaczynski en Pologne. Merci !

C’est ce que laisse envisager un sondage publié jeudi 4 janvier dernier, trois jours avant le début des pourparlers entre les conservateurs et les sociaux-démocrates en vue de la formation d’une de ces nouvelles  » grande coalition  » dont l’Allemagne a le secret. Cette étude Infratest dimap pour la chaîne ARD est encourageante pour les prétendants à la succession de Mme  Merkel car 60  % des sympathisants de son propre parti, la CDU, estiment que le temps est venu de renouveler la direction du parti.

Cette situation donne au climat qui règne à l’intérieur de la CDU des allures de veillée d’armes. Après le résultat décevant des conservateurs aux élections législatives du 24  septembre 2017 (33  % des voix, leur plus mauvais score depuis 1949), quelques responsables locaux ont ainsi réclamé publiquement le départ de Mme Merkel. Certes, ils ne sont qu’une poignée, mais en raison de leur concomitance, leurs récents coups de colère sont le signe d’une impatience qui ne craint plus de s’exprimer au grand jour.

Parmi les élus et au sein de la direction du parti, personne n’a encore osé formuler une telle revendication. Mais, chez certains, l’évocation d’un après-Merkel ne semble plus être un sujet tabou. En témoignent les propos rapportés par le quotidien Bild, le 20  décembre 2017, selon lequel l’ancien président du Bundestag, Norbert Lammert, aurait expliqué à des proches que Mme Merkel ne saurait être à nouveau candidate à la chancellerie en cas d’échec des négociations avec le SPD et d’organisation de nouvelles élections. Ou encore l’entretien croisé accordé par Daniel Günther et Jens Spahn à la Rheinische Post, le 14  août 2017, dans lequel le ministre-président du Schleswig-Holstein et le secrétaire d’Etat aux finances déclaraient :  » Il y aura un après-Merkel. «  Publiée le jour même où la chancelière se lançait dans la campagne des législatives, la déclaration n’est pas passée inaperçue.

Agés de 44 et 37 ans, MM. Günther et Spahn sont régulièrement cités parmi les successeurs possibles de Mme Merkel. Deux autres noms reviennent également. Le premier est celui d’Annegret Kramp-Karrenbauer, 55 ans, huit de moins que la chancelière. Celle que la presse a baptisé  » AKK  » a obtenu une victoire éclatante aux élections régionales de mars  2017 dans la Sarre, le Land dont elle est ministre-présidente depuis 2011 et que certains sondages voyaient basculer aux mains du Parti social-démocrate (SPD). Le second nom est celui de Julia Klöckner. Agée de 45 ans, cette ancienne journaliste a été repérée avant les trois autres comme une candidate potentielle à la chancellerie. Mais sa défaite inattendue face au SPD, lors des régionales de mars  2016 en Rhénanie-Palatinat, a quelque peu réduit son influence. Selon un sondage réalisé par l’institut Forsa, fin novembre  2017, auprès d’un millier d’adhérents de la CDU, les trois favoris pour succéder à Mme Merkel à la tête du parti seraient, dans l’ordre, Mme Kramp-Karrenbauer, Mme Klöckner et M. Spahn.

Ce classement montre qu’une génération est en train d’en remplacer une autre. Il y a encore deux ou trois ans, les prétendants les plus sérieux au poste de chancelier au sein de la CDU étaient les principaux membres du gouvernement fédéral, tels Ursula von der Leyen (défense), Thomas de Maizière (intérieur), Wolfgang Schäuble (finances) ou Peter Altmaier, le ministre de la chancellerie, le plus proche collaborateur de Mme Merkel. Depuis, ils ont été éclipsés par des personnalités à la fois plus jeunes, moins directement associées au bilan de la chancelière mais aussi plus critiques vis-à-vis de certains aspects de sa politique.

Or, comme toute génération, celle-ci se définit autant par l’âge de ses membres que par le fait de partager un même destin. En l’occurrence, le point commun de cette jeune génération de dirigeants conservateurs est de devoir conquérir le pouvoir au moment où, pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, s’est installé, à la droite de la CDU-CSU, un nouveau parti populiste, Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui, quatre ans après sa création, est désormais la troisième force politique au Bundestag.  » La nouvelle génération estime que Mme Merkel a trop “social-démocratisé” la CDU et qu’en déplaçant vers la gauche le centre de gravité du parti, notamment par sa politique d’ouverture à l’égard des réfugiés, elle a favorisé la montée de l’AfD « , analyse Emanuel Richter, professeur de science politique à l’université RWTH d’Aix-la-Chapelle.

S’ils se sont précocement montrés critiques vis-à-vis de la politique d’accueil de Mme Merkel pendant la crise des réfugiés de 2015, prônant en la matière une fermeté qui les a rapprochés des positions de la CSU bavaroise, les membres de cette génération montante sont, selon M.  Richter,  » globalement plus conservateurs  » que leurs aînés, comme le nouveau chancelier autrichien, Sebastian Kurz. Jeune députée au Bundestag dans les années 2000, Mme  Klöckner s’y est distinguée par ses prises de position contre l’avortement. Plus récemment, elle a fait de l’interdiction du voile intégral un de ses principaux combats.

Au sein de la CDU, M.  Günther fait partie de ceux qui veulent interdire la double nationalité aux enfants d’immigrés en Allemagne, ce à quoi Mme Merkel s’est refusée. Sur le mariage pour tous, en revanche, leurs positions divergent. Mmes Klöckner et Kramp-Karrenbauer étaient contre la loi adoptée en juin  2017, alors que MM. Günther et Spahn étaient pour, ce dernier ayant d’ailleurs épousé depuis son compagnon…Ou  » gays de tous les pays, unissez-vous !« 

S’ils cherchent chacun à sa façon à étendre leur influence à l’intérieur du parti, comme M.  Spahn, qui cultive ses liens avec la Junge Union, l’organisation de jeunesse de la CDU, ainsi qu’avec les réseaux d’entrepreneurs proches du parti, aucun n’affiche pour l’instant ses ambitions à visage découvert.  » Pour l’instant, ils sont prudents car ils connaissent assez l’histoire de leur parti pour savoir que ceux qui ont trop clairement voulu détrôner Mme Merkel l’ont payé cher « , explique Werner Patzelt, professeur de science politique à l’université technique de Dresde. Reste à savoir quand la guerre de succession sera déclarée.  » Soit Mme  Merkel n’arrive pas à faire sa coalition, et ça peut aller très vite. Soit elle réussit, ce qui lui donne un sursis jusqu’aux prochaines élections régionales en Bavière et dans la Hesse à l’automne, lors desquelles la question pourrait être relancée si le résultat est mauvais pour les conservateurs « , estime M. Patzelt.

Ainsi, comme nous l’annonçons depuis la mise en oeuvre du suicide de l’Allemagne par sa chancelière, en 2015, ça va tanguer à Berlin.

Le 9 janvier 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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2 Réponses to “En Allemagne, c’est désormais comme en France : la droite se droitise. « Merci qui ? »”

  1. JeanAndré janvier 9, 2018 à 8:33 #

    Je pense qu’il faudrait cesser de se focaliser sur Madame Merkel, qui (secret de polichinelle !) n’est au fond qu’un pantin au service du patronat allemand (cf. article ci-joint du Monde, datant de 2014). Aussi, celui ou celle qui tôt ou tard va être désigné(e) pour lui succéder poursuivra exactement la même politique, notamment sur ce sujet. Le problème pour qui voudrait infléchir cette politique est que la masse des retraités allemands actuels mais aussi futurs sait très bien que si elle veut pouvoir toucher sa retraite, mais aussi de bénéficier de soins médicaux et hospitaliers, de garde-malades, etc., etc., elle devra accepter de cohabiter avec des gens dont la culture est absolument incompatible avec la sienne, et qui finalement la remplacera… Aucune civilisation ne s’est éteinte à cause d’invasions barbares: celles-ci ne deviennent possibles – et même inévitables – que quand un peuple préfère conserver ses petits avantages matériels individuels et par définition éphémères, au détriment de la survie de la collectivité nationale et de la culture à laquelle il appartient. « Le mal qui est dans le fruit », c’est, je crois, d’abord et surtout cela.

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/12/23/le-patronat-allemand-appelle-a-accueillir-plus-de-refugies_4545460_3214.html

    • Conseil dans l'Espérance du Roi janvier 9, 2018 à 8:39 #

      Oh combien nous partageons votre point de vue. C’est d’ailleurs et pour ne pas vous le cacher…notre raison d’être. Néanmoins, combattre lesdites invasions barbares ne peut que réduire le risque de disparition prématurée lié à la culture de mort des uns et à la lâcheté des autres. Combattre Madame Merkel s’inscrit dans cette urgence.

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